Les «barrages écrêteurs» envisagés il y a un quart de siècle ont-ils été trop vite enterrés?


Les inondations catastrophiques qui ont ravagé les vallées de la Vesdre, de la Hoegne, et de l’Ourthe ont dépassé par leur ampleur toutes celles qu’on avait connues auparavant. Alors que les régions sinistrées pansent encore leurs plaies, des politiciens locaux avides de publicité (et jaloux de celles que se sont attirées à titres divers les bourgmestres de Limbourg, Olne et Trooz?) ont déjà lancé une polémique visant le ministre wallon du Climat, Philippe Henry, en attribuant les dégâts considérables causés par ces inondations à la seule gestion du barrage d’Eupen.

Le propos, ici, n’est pas de défendre le vice-ministre-président écolo du gouvernement wallon, mais avant de lancer cette polémique, les politiciens locaux concernés auraient peut-être dû se rappeler les quantités inédites d’eau que les cieux en colère ont déversées simultanément sur tous les bassins hydrographiques de la région, et opérer un calcul, sur base de ces précipitations au mètres carré et dè nombre de mètres carrés considérés, pour avoir une idée des millions de litres qui se sont ainsi déversés dans les rivières en furie! Là se trouve sans doute la première cause des ravages qu’elles ont provoqués.

Il n’empêche qu’il faudra revenir sur la gestion des barrages; et qu’il conviendra de redéfinir diverses normes en matière de constructions. Tout en se souvenant que si on interdit de reconstruire aux abords des rivières, et qu’on oblige les habitants concernés à aller s’établir ailleurs, on bétonnera par définition de nouvelles zones, dans lesquelles l’eau ne pourra plus s’infiltrer, et dévalera d’autant plus vite les pentes des vallées pour se déverser dans la Vesdre, la Hoegne, le Wayai, l’Ourthe ou l’Amblève.

Il faudra donc penser à une batterie de mesures… comme c’était déjà le cas, il y a plus d’un quart de siècle, quand des inondations à répétition se produisaient dans la vallée de l’Ourthe, sans causer des dommages du niveau inédit que nous avons connus ces dernières semaines.

Le ministre wallon des Travaux de l’époque, feu Jean-Pierre Grafé, avait sorti l’idée de créer des « barrages écrêteurs» sur l’Ourthe. Ces ouvrages, dont il avait vu des exemplaires dans la vallée de la Lippe en Allemagne, laissent passer la rivière en période d’étiage normal, mais dès que le niveau des eaux monte de manière anormale, ils les retiennent et inondent des zones définies par avance.

Lancée en 1993, et examinée par la commission de l’Ourthe, l’idée avait progressé dès l’année suivante, avec des crues, qui avaient suscité la réalisation de travaux classiques comme des rehaussements de murs de quais; le redressement de coudes de rivières; ou l’enlèvement d’un dos rocheux contrariant l’écoulement des eaux.

Des projets précis de «barrages écrêteurs» étaient également évoqués: une digue de 27 mètres, susceptible de retenir 10 millions de m3 sur l’Ourthe Occidentale, était envisagée en amont du confluent d’Engreux; et une autre de 13,5 mètres devait pouvoir en retenir 11,8 millions en amont de Durbuy. Un autre barrage écrêteur était également en projet sur l’Amblève, et le site de Stoumont, à l’aval du complexe de Coo, semblait tenir la corde.

En voyant les millions de mètres cubes d’eau qui auraient ainsi pu être «stockés» la semaine dernière, on se prend à penser que bien des tourments auraient ainsi pu être évités…

Déjà à l’époque, toutefois, des voix s’élevaient contre le projet. En suggérant des mesures alternatives comme la plantation de feuillus; la revalorisation de zones humides; ou l’aménagement de certains méandres. Ce qui, a priori, n’était pas contradictoire en soi…

Ce qu’on peut imaginer, par contre, c’est qu’aucune Commune ne souhaitait se voir attribuer des zones inondables pour retenir les eaux de l’Ourthe en cas de crue grave de la rivière. Le phénomène NIMBY («Not in my backyard») était déjà bien connu à l’époque; il se manifeste toujours aujourd’hui, par exemple sur les projets d’implantations d’éoliennes.

L’astuce, là, passera par le changement de titulaire du ministère wallon des Travaux. Michel Lebrun, en charge de l’Aménagement du territoire, était du même parti que feu Jean-Pierre Grafé, et s’il s’est chargé d’enterrer le projet de son prédécesseur, il y a mis les formes. En invoquant la nécessité, d’abord, d’une unanimité de tous les spécialistes appelés à se prononcer sur le sujet. C’était déjà une manière de refermer discrètement la porte. Puis en invoquant des arguments techniques sans trop y rechercher de solutions. Et en estimant le coût des travaux du premier barrage planifié, à Grandhan, en province de Luxembourg, absolument trop élevé.

Les barrages écrêteurs n’ont donc jamais vu le jour sur l’Ourthe et l’Amblève. En Brabant Wallon, à l’inverse, des projets de «zones d’immersion temporaire» sont à l’étude ou en cours de réalisation. En Allemagne, ils ont fait leur preuve depuis de nombreuses années.

Le moment est peut-être venu de les ressortir du placard où on les avait enfermés. En résolvant les questions techniques présentées comme fondamentales, il y a vingt-cinq ans. Et en réévaluant la question du coût de leurs réalisations, à l’aune des dégâts actuellement constatés dans les différentes vallées concernées, dont le coût sera sans commune mesure avec celui de création de retenues d’eau dans des zones inondables préalablement définies…

Le flop passéiste de Bart De Wever


Alors qu’en ce jour de Fête nationale, les secouristes, notamment venus de Flandre et plus spécialement d’Anvers, se sont encore activés pour venir en aide aux victimes des inondations catastrophiques de la semaine dernière en Wallonie, le bourgmestre de la ville portuaire, et président de la N-VA, Bart De Wever, s’est signalé par une interview dont il espérait sans doute qu’elle ferait le buzz, et où il explique qu’il préférerait mourir, le jour le plus lointain on le suppose, en citoyen du sud des Pays-Bas qu’en citoyen belge. En fait de buzz,il a surtout fait un flop, en tentant de ressusciter une tendance politique passéiste, qui remonte… aux origines mêmes de la Belgique, qui se sont réincarnées dans un mouvement pro-fasciste dans les années 30, et qui est en contradiction avec les statuts mêmes de la Nieuwe Vlaamse Alliantie.

Orangisme

L’enseignement de l’Histoire de Belgique étant devenu quasi-confidentiel, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les territoires qui composent les Pays-Bas et la Belgique actuels ont été réunis à plusieurs reprises dans le passé.

Comme l’a rappelé Bart van Loo, dans son récent phénoménal succès de librairie Les Téméraires, c’est aux… ducs de Bourgogne qu’on doit, au début du XVe siècle, la première organisation des futures Dix-sept provinces, qui se déchireront au milieu du XVIe siècle, avec la sécession des provinces du nord, devenues protestantes, sous la direction de Guillaume d’Orange -un autre titre issu du Sud de la France!- tandis qu’elle les provinces du sud, restées catholiques, étaient maintenues sous la férule espagnole.

À la chute de Napoléon, après Waterloo, le 18 juin 1815, c’est cet ensemble que les puissances de l’époque, tenteront de ressusciter, pour créer un solide État-tampon au nord de la France.

Quinze ans plus tard, la révolution belge fait sauter cette chimère en éclats. Des facteurs religieux ont joué -toujours l’opposition entre le sud catholique et le nord protestant- mais aussi des facteurs linguistiques déjà, avec la prépondérance accordée au néerlandais alors que la bourgeoisie du sud parle le français et les Wallons, le wallon. Et aussi les restrictions aux libertés publiques qui provoqueront l’alliance des libéraux et des catholiques.

La gestion bornée du roi Guillaume Ier a pourtant favorisé l’essor économique du sud. Le développement de l’industrie lainière à Verviers, la création d’une sidérurgie moderne en région liégeoise, doivent tout à John Cockerill, venu y implanter à la demande du roi les outils qui ont lancé la révolution industrielle au Royaume-Uni,

Les milieux économiques ne sont pas tous heureux de la scission entre Belgique et Pays-Bas. Pendant une quinzaine d’années, notamment à Gand qui avait aussi bénéficié d’un bel essor à cette époque,les « orangistes » appellent toujours une réunification de leurs vœux. Avant d’accepter le fait belge, où la Wallonie connaît une expansion rapide.

Verdinaso

La domination de la bourgeoisie francophone en Flandre, puis le bouleversement de la Première Guerre mondiale, avec notamment la Flamenpolitik, mise en place par l’occupant pour diviser cet État minuscule qui avait osé s’opposer au puissant empire allemand, bouleverseront le paysage politique et donneront naissance à un mouvement politique néo -fasciste et antisémite, qui remettra à l’honneur l’idée d’une fusion entre les Pays-Bas et la Belgique, ou à tout le moins entre les Pays-Bas et la Flandre.

Créé par Joris Van Severen, qui connaîtra une mort tragique à Abbeville dans le chaos de l’invasion nazie en mai 1940, le Verdinaso (Verbond van dietsche nationaal solidaristen ) puise son inspiration dans le fascisme mussolinien et les idées d’extrême-droite de l’Action française. Ce « groupement des nationaux-solidaristes » propose la création d’un État autoritaire, qui rassemblerait les Pays-Bas, la Flandre, et la Flandre française.

Joris Van Severen qualifiera ainsi la révolution belge de 1830 de « petite émeute brabançonne » et de « regrettable incident dans notre histoire séculaire », suscitée selon lui par… des Français présents à Bruxelles.

La mort de Van Severen et l’occupation nazie auront raison du Verdinaso qui se divisera et finira par être absorbé par le VNV (Vlaamsch Nationaal Verbond) dont l’objectif de départ est l’indépendance de la Flandre et qui se se discréditera dans une collaboration de plus en plus poussée avec l’occupant nazi.

Contradiction

Avec sa sortie incongrue de ce jour de Fête nationale belge, le président de la N-VA, rompt avec l’héritage politique lointain de son parti qui, par le truchement de la défunte Volksunie, se rattache à la thèse indépendantiste du VNV et non à la philosophie rattachiste du Verdinaso.

En s’exprimant de la sorte, Bart De Wever est d’ailleurs en contradiction avec les statuts du parti qu’il préside et qui affirment toujours que son objectif est l’indépendance de la Flandre. Ce qui pose nécessairement problème à toute formation politique francophone qui entre en négociation avec la N-VA.

S’il persiste, il lui faudrait proposer une modification statutaire qui provoquerait sans nul doute un vif débat, voire une scission dans ses rangs.

Sans compter qu’il lui faudrait aussi convaincre les Néerlandais convoler avec les Flamands, ce qui n’est pas gagné d’avance.

Football-panique

Mais Bart De Wever veut-il vraiment franchir ce pas?

Son interview semble plutôt trahir le « football-panique » qui saisit la N-VA devant le triomphe électoral annoncé pour les fachos du Vlaams Belang, partisans eux aussi de l’indépendance flamande, et avec lesquels le mayeur anversois a exclu récemment toute hypothèse d’alliance après l’échéance électorale de 2024.

Ces derniers jours, c’est l’idée d’un accord à négocier avec le PS francophone qu’il avait ressortie de sa boîte, pour donner à l’État belge la forme confédérale qu’il appelait alors de ses vœux.

La vague de solidarité nationale qui déferle depuis plusieurs jours sur le pays, à l’approche de la Fête nationale, l’a sans doute poussé à une nouvelle sortie, pour attirer l’attention sur lui. Quitte à donner l’impression de naviguer au jugé, au fil des événements.

Un peu comme un poulet qui court sans tête. Et ne va par définition plus très loin.

Et on voudrait que la politique intéresse quelqu’un?


Édifiante histoire que celle racontée, ce jour, dans «L’Avenir Verviers» par mes anciens collègues: un agriculteur, à qui, à la suite de travaux routiers, s’est vu exproprier une bande de 13 mètres de long sur 1,3 de large, pour conduire les eaux de pluie à un bassin d’orage de quelque 3000 mètres carrés, attend depuis neuf ans d’être indemnisé! (https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210712_01596950/neuf-ans-qu-il-attend-d-etre-indemnise)

Retard normal de l’administration? Le délai paraît fort long, et pour cause, à l’intéressé, qui s’est adressé à l’ancien bourgmestre de sa commune. Lequel, à l’en croire lui a d’abord expliqué qu’il fallait attendre le versement de subsides, puis a incriminé une notaire, qui n’aurait pas fait mesurer précisément ce fameux bassin d’orage. N’étant pas tombé de la dernière… pluie, l’agriculture a contacté cette notaire, qui lui a expliqué que pour faire mesurer ce bassin, il fallait que la commune lui fasse parvenir de l’argent pour payer le géomètre, et que cette somme devait donc être provisionnée. Ce qui n’a jamais été fait.

Le temps passant, l’agriculteur, qui n’est pas seul dans le cas, s’est à nouveau inquiété. Il s’est alors entendu dire qu’il ne toucherait… rien. Ce qui reviendrait à dire qu’un pouvoir public peut s’approprier gratuitement un bien privé?

Un changement de titulaire au fauteuil mayoral aidant, l’homme est revenu à la charge. Et la nouvelle détentrice de l’écharpe mayorale lui a expliqué… n’être au courant de rien.

Être bourgmestre ne se limite pas à ceindre une écharpe lors de cérémonies…

On veut bien la croire sur parole. Mais dans sa fonction, n’aurait-on pu attendre d’elle qu’elle consulte le dossier, ou interroge le service concerné, pour donner une réponse plus précise au contribuable qui l’avait interpellée? Car entre-temps, comme il le précise, l’agriculteur reçoit chaque année de l’administration fiscale une taxe foncière sur un bien dont il a perdu une partie de la jouissance…

Les politiques se plaignent régulièrement du désintérêt des citoyen(ne)s et notamment des jeunes pour la politique et pour la chose publique. Ce qui n’empêche pas nombre d’entre eux de s’accrocher à des mandats, dont l’augmentation sérieuse des rémunérations, il y a quelques années, était censée leur permettre de s’attacher à la chose publique. Elle semble au contraire, pour un certain nombre d’entre elles et eux, s’apparenter à une rente de situation.

Le vote obligatoire en Belgique évite de connaître la désaffection catastrophique dans les urnes qu’a encore connue la France à l’occasion du dernier scrutin régional. Avec pour résultat que les décisions prises par des mandataires aussi mal élu(e)s sont de plus en plus contestées par des citoyen(ne)s qui n’ont plus envie d’exprimer leur suffrage. Mais le taux d’abstention va croissant chez nous aussi. Et même s’il faudra bien se traîner jusqu’aux isoloirs, pour les moins concerné(e)s d’entre eux, comment voudrait-on que les électrices et les électeurs s’intéressent encore à la chose politique, quand les élu(e)s manifestent pareille indifférence à leur endroit?

Un Euro mitigé… qui s’annonce pire encore


Le rideau est tombé ce dimanche sur l’Euro et le sacre tardif de l’Italie, à la loterie des tirs au but, a suscité des commentaires dithyrambiques des pseudo-spécialistes, qui auraient adressé… les mêmes compliments à l’équipe anglaise, si d’aventure la pièce était tombée de l’autre côté.

Il convient de rendre hommage au travail de reconstruction de la Squadra Azzura entamé il y a trois ans par son entraîneur, Roberto Mancini, et constater qu’au cours de la phase éliminatoire, l’Italie a proposé le football le plus attractif, aux antipodes, disait-on alors, de la manière traditionnelle de jouer des Azzuri.

Mais il faut se souvenir aussi qu’elle a sué ensuite sang et eau pour émerger face à l’Autriche; qu’elle a éliminé méritoirement la Belgique privée de son meilleur joueur et où deux de ses trois médians étaient boiteux; qu’elle a été balayée par une équipe espagnole où Oyarzabal doit toujours voir dans ses cauchemars le coup de tête inratable qu’il a loupé à un moment décisif, et qu’en finale, elle n’a pratiquement pas franchi le milieu de terrain avant la pause, atteinte après avoir échappé à un coup de réparation évident qui aurait pu lui donner le coup de grâce.

L’instant décisif: l’Angleterre va louper son troisième tir au but!

En face, l’Angleterre a séduit également lors de son parcours vers la finale, mais, comme face à la Croatie en 2018 et devant l’Italie ce dimanche, elle a loupé la dernière marche. Et, après le repos, quoique menant au score, elle a été incapable de répliquer au changement tactique opéré par son adversaire, et elle a à son tour été effacée du terrain. On relèvera aussi qu’elle a pratiquement joué tous ses matches à Wembley, ce qui lui a conféré un avantage incontestable sur ses adversaires, dont elle a été incapable de profiter jusqu’au bout.

On ne peut donc parler de grande finale en l’occurrence, et on doit remarquer que les attaquants ou joueurs offensifs alignés des deux côtés ont été incapables de marquer le moindre but. Que le défenseur italien Leonardo Bonucci ait été proclamé homme du match est d’ailleurs plus qu’éloquent…

Cet Euro a été aussi marqué par l’usage intensif de la vidéo-assistance. Avec succès, quand les décisions arbitrales ont été rapidement confirmées ou infirmées. De manière moins heureuse quand des buts ont été annulés pour des hors-jeux de quelques millimètres : pour le Mondial au Qatar, il sera urgent de revoir les directives, afin de rendre une priorité aux attaquants, et en revenir à l’esprit de cette règle du hors-jeu.

La demi-finale entre l’Angleterre et le Danemark et la finale entre l’Angleterre et l’Italie a toutefois consacré la faillite de ce système, avec le coup de réparation indûment accordé à Sterling contre le Danemark, et celui, bien plus clair, qui lui a été dénié ce dimanche.

Si une forme de sanction de l’attaquant anglais a été ainsi pratiquée, elle est détestable. Sinon, il faudra tout de même une explication publique à ces fiascos.

Le bilan belge est décevant : écrasés par le Danemark en première période, malmenés par les Portugais en seconde mi-temps, largement dominés par les Italiens, les Diables Rouges peuvent bien sûr invoquer les blessures d’Eden Hazard et de De Bruyne, ou le manque de rythme de Witsel pour masquer leur échec.

Mais les lacunes défensives observées chez des joueurs sur le déclin; l’absence de jeunes, hors Doku, dans le noyau, là où l’Angleterre, l’Italie, ou l’Espagne n’ont pas hésité à titulariser de tout jeunes joueurs; un jeu par trop prévisible pour l’adversaire, et un esprit d’équipe qui a paru faire défaut face au mental collectif sans faille des Azzuri ont pavé la voie vers l’élimination.

Cette génération dorée nous offrira sans doute encore des moments de grâce. Mais pour un grand succès international, la chance, manifestement, est passée…

Se rassurer en se remémorant l’élimination précoce de la France ou de l’Allemagne n’aurait aucun sens: au Qatar, l’an prochain, elles reviendront plus fortes.

Se réfugier derrière le fait que la Belgique n’a été vaincue que par le futur champion d’Europe est puéril : c’est pourtant ce qu’on a entendu sur la Une ce dimanche..

L’art est difficile et la critique aisée. Mais avoir entendu au cours du parcours des Diables que les frères Hazard jouaient pour la seizième fois ensemble lors d’une rencontre et pour la dix-septième lors du match suivant où qu’ils combinaient « comme à Tubize » était assez vain. Entendre différents joueurs qualifiés d’ « aspirateur à ballons » au cours de rencontres successives est devenu lassant. Considérer que les joueurs anglais allaient « donner leur corps pour l’Angleterre » avait des relents impériaux surannés. Quant aux considérations sur l’avantage qu’aurait eu l’équipe de Graeme Southgate sur celle de Roberto Mancini parce que cette dernière avait déjà dû disputer deux rencontres avec prolongations pour une seule à son adversaire, on a fait la charité à leur auteur de les oublier au moment du dernier coup de réparation loupé par les Anglais.

On espère que d’ici au Mondial du Qatar, la vision de rencontres retransmises par la BBC ou par la télé allemande aidera les commentateurs attitrés à trouver une forme de sobriété. Ou alors qu’un «vieux de la vieille» liégeois qui, lui, commente toujours avec un regard décalé qui accroche, se verra donner plus d’espace

Retour à la compétition : après deux Euro à 24 équipes, l’UEFA songe à un Euro à… 32 équipes, soit le double du nombre de participants entre 1992 et 2016.

Le but de la manœuvre est clair: multiplier les rencontres télévisées et générer encore plus de fric.

En pratique, cela va surcharger encore un peu plus un calendrier international déjà saturé : les déchirures de tendons d’Achille ou de ligaments, croisés ou non, vont devenir légions.

Quant à l’intérêt d’une compétition qui qualifiera 32 équipes sur 55, il se rapproche du pourcentage de risques pour une formation moyenne de se faire éliminer.

Après un Mondial qatari qui fleure la corruption et l’exploitation des êtres humains et qui désorganisera les championnats nationaux jusqu’au niveau le plus modeste dans le monde entier, le football européen se tirera une nouvelle balle dans le pied. Tant va la cruche à l’eau…

Verviers de retour à la case-départ… ou à peu près


Alléluia, la ville de Verviers a retrouvé une stabilité politique: ce vendredi, une motion de défiance collective a renversé le collège communal mis en place au lendemain des élections communales de 2018, et qui associait le PS, le MR, et le Nouveau-Verviers, ce parti né d’une dissidence du MR de l’ex-Cité lainière, et il l’a remplacé par un nouveau collège associant un PS amoindri; les Indignés Verviétois qui réunissent des exclus ou démissionnaires du PS, le MR, le Nouveau-Verviers et le cdH, associé avec ces deux derniers dans un cartel improbable et promis à disparaître au plus tard en 2024.

Gai, gai, folle ville, embrassons-nous, l’avenir devient radieux ? Pas sûr, car il faudra d’abord rabibocher des partenaires qu’un an de combats acharnés, marqué de reniements en série, ne s’effacera pas en trois coups de cuiller à pot. Voire plus, car au cdH, certain(e)s ne doivent pas avoir oublié les coups bas du MR, et notamment de l’échevin Freddy Breuwer, sous la législature précédente.

Le PS, lui, est sorti laminé de cette année d’épreuve. Il a exclu la bourgmestre qu’il avait hissée sur le pavois, s’est aliéné son ancien président fédéral qui reste échevin pour vingt mois encore, a perdu une jeune conseillère dégoûtée des manœuvres qui se sont déroulées en interne, et le voilà maintenant privé du soutien de celui qui est devenu l’ancien président du CPAS et de trois élu(e)s socialistes qui lui sont resté(e)s fidèles.

Le président du CPAS est finalement écarté… comme la bourgmestre et le collège communal voulaient le faire l’an dernier

Cette issue laisse un goût amer à ces derniers, ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui ont vécu, de près ou de loin, depuis un an, les soubresauts d’une crise politique dont la seule issue honorable aurait été un retour aux urnes… dont personne parmi les élu(e)s ne voulait, sans doute notamment par crainte d’un progrès marquant de l’extrême-droite qui n’aurait pas eu besoin de faire campagne pour capitaliser le mécontentement populaire.

Ce qu’il faut bien constater aujourd’hui, c’est que le PS a écarté lui-même le président du CPAS de son poste… comme voulaient le faire, l’an dernier, la bourgmestre et tou(te)s les autres membres du collège communal.

D’où les questions qu’on peut poser: pourquoi la bourgmestre a-t-elle été exclue de son propre parti à l’instigation notamment de son président national, pourquoi des membres du collège communal ont-ils subi des pressions intolérables pour revenir sur leur signature, pourquoi un bourgmestre éphémère a-t-il été mis en place de manière irrégulière, et pourquoi les politiques verviétois ont-ils consacré l’essentiel de leur temps, depuis un an, à sortir de ce foutoir plutôt que de gérer la ville… si c’est pour en revenir ainsi au point de départ ?

Il reste à la « nouvelle » majorité moins d’une demi-mandature pour tenter d’enrayer la paupérisation et la désertification commerciale de Verviers: c’est fort peu, si on s’en réfère aux tensions internes qui la traversent. Les optimistes rétorqueront que les mariages de raison durent parfois plus longtemps que les mariages d’amour. Parfois…

Le lobby électrique impose sa politique de mobilité au gouvernement bruxellois


Ainsi donc, après avoir émis les idées de l’instauration d’une redevance de circulation sur le territoire de la région-capitale, puis de l’achat de terres agricoles en Wallonie pour nourrir sa population urbaine, le gouvernement bruxellois a sorti un nouveau lapin de son chapeau en décidant, tout seul comme un grand, que les véhicules à moteur thermique ne pourraient plus circuler dans ses rues est avenues, à partir de 2030 pour ceux qui sont alimentés au moteur diesel, et dès 2035 pour ceux qui fonctionnent à l’essence.

L’objectif déclaré est d’améliorer la qualité de l’air dans la capitale, ce qui est un objectif louable en soi. Où la démarche devient cependant plus dérangeante, c’est par l’option exclusivement électrique qui est affichée par les excellences bruxelloises. Aucun véhicule hybride n’échappera ainsi au couperet. Pas plus que les véhicules circulant au CNG. Et encore moins ceux qui rouleront à l’hydrogène, puisque l’a priori adopté par le gouvernement Vervoort est celui que seuls les véhicules lourds type bus, pourront être mus par des moteurs à hydrogène. C’est exactement la thèse du lobby électrique, qui n’a jamais démontré pourquoi des moteurs faisant mouvoir des véhicules lourds ne pourraient pas être doublés de versions plus légères pour des véhicules moins pondéreux. D’habitude, on part pourtant du principe que qui peut le plus peut aussi le moins.

Déjà les réactions se multiplient, face à pareille politique punitive, dont tous les spécialistes s’accordent à dire qu’elle est la moins appropriée pour convaincre le bon peuple d’adopter des comportements plus compatibles avec les objectifs de réduction des gaz à effets de serre et par voie de conséquence du réchauffement climatique.

Ce qui est étrange, c’est que personne au gouvernement bruxellois, et notamment parmi les ministres écologistes, ne soulève, à cette occasion, les conditions inhumaines dans lesquelles les minerais rares nécessaires aux batterie électriques sont extraits, notamment en République Démocratique du Congo. Comme écrit récemment dans ce blog, les véhicules électriques ne sont pas verts, mais rouges du sang des travailleurs, et notamment des enfants, qui meurent chaque jour dans cette extraction.

Au risque de me répéter, la filière automobile électrique ne serait acceptable que si sa production passait par l’imposition de conditions de travail décentes et sécuritaires et surtout de salaires décents, à tous ces mineurs artisanaux. Le problème est que cela multiplierait par trois ou par quatre le prix de ces batteries électriques, et entraînerait encore à la hausse les prix déjà prohibitifs de ces véhicules prétendument écologiques. Il est beaucoup plus facile de protester, à juste titre, contre les atteintes aux droits des personnes LGBTI en Hongrie: cela ne demande aucun effort, même si la protestation restera largement vaine.

On passe bien entendu sous silence le fait que ces batteries sont impossibles à recycler, et que les minerais rares nécessaires à leur production seront rapidement éliminés: le lobby électrique ne s’embarrasse évidemment pas de telles considérations, pourvu que ses bénéfices soient maximisés à court et à moyen terme.

Autres problèmes soulevés par le bon peuple mais ignorés par celles et ceux qui le gouvernent: l’absence de bornes électriques pour le rechargement, et les problèmes inextricables que cela suscitera non seulement dans la capitale, mais, par exemple, sur les autoroutes des vacances, lorsque des vacanciers devront s’arrêter aux mêmes endroits pendant une, deux, ou trois heures, pour recharger les batteries épuisées de leur véhicule.

Et puis on n’évoque que pour mémoire le problème de l’approvisionnement en électricité, une fois que les centrales nucléaires auront fermé leurs portes et que la demande en électricité explosera massivement. La solution passera-t-elle par la multiplication de centrales au gaz? Il faudrait, il est vrai, les implanter en Flandre ou en Wallonie, et sans doute dira-t-on à Bruxelles que la purification de l’air dans la capitale exige bien une solidarité régionale. Mais l’effet sur le réchauffement climatique en sera d’autant réduit…

Un gisement d’emplois pour la Wallonie?

Les inquiétudes des nombreux navetteurs qui se rendent chaque jour dans la capitale sont également largement ignorées. Leur restera-t-il à s’adapter ou à renoncer à leur emploi? Le ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry, évoque à l’horizon 2035 un changement des modes de transport, et notamment un développement mirifique de l’offre ferroviaire et de transport en commun vers Bruxelles. Mais Philippe Henry a déjà un long passé de ministre écologistes derrière lui. Et on sait que certaines de ses promesses ne se sont jamais réalisées, voire se sont muées en fiasco, comme celles relatives aux certificats verts.

À l’inverse, les excellences bruxelloises, dont les initiatives impétueuses, prises sans concertation avec leurs homologues flamands, wallons, et germanophones, commencent à susciter l’agacement, pour ne pas dire plus, pourraient ainsi se tirer une balle dans le pied. Car nombre d’emplois de toutes ces navetteuses, et tous ces navetteurs qui partent chaque jour pour la capitale pourraient tout simplement être… rapatriés vers la Wallonie. Tant il est vrai que l’administration centralisée a fait son temps. Et que le télétravail imposé par la pandémie a démontré, si besoin en était, qu’une administration ou une entreprise établie à Verviers, La Louvière, Bastogne, ou Ciney, peut être tout aussi efficace qu’une entreprise ou une administration établie à Bruxelles.

Dans le cavalier seul adopté par Bruxelles, la Wallonie pourrait retrouver largement son compte. En réduisant drastiquement les déplacements quotidiens de dizaines de navetteurs. Et contribuant ainsi largement, sans leur imposer des dépenses pharamineuses, à la lutte contre le réchauffement climatique.

Les divisions au sein du PS verviétois prolongent encore la crise politique


La mise sur pied d’une nouvelle coalition pour gérer, du moins on l’espère, la ville de Verviers jusqu’aux élections communales de 2024 est apparue encore plus aléatoire cette semaine, après la énième manifestation des profondes divisions au sein du PS local, où une majorité en faveur d’une motion de défiance semble impossible à trouver.

Pour rappel, c’est un conflit entre la bourgmestre alors socialiste de Verviers, Muriel Targnion, et ses collègues du collège communal et le président toujours socialiste du CPAS, Hasan Aydin, qui a été à l’origine de la crise, il y a tout juste un an.

L’imboglio politique se prolonge au PS verviétois et par voie de conséquence à l’Hôtel de ville de Verviers

L’affaire aurait pu être assez rapidement pliée, n’eussent été les pressions du PS francophone et notamment de son président Paul Magnette, dont on ne pense pas qu’il ait jamais mis les pieds à Verviers pour tenter d’y voir clair, qui ont conduit des échevines socialistes à trahir leur signature en faveur d’une motion de défiance ciblant Hasan Aydin et à se rallier à une solution juridiquement bancale pour installer à la place de Muriel Targnion, rapidement exclue du parti, un autre bourgmestre socialiste, Jean-François Istasse, qui passera à l’histoire politique verviétoise comme le mayeur le plus éphémère de l’ex-Cité lainière.

Des divisions qui s’amplifient

La suite est connue: le PS se trouve un nouveau candidat-bourgmestre, le député fédéral Malik Ben Achour, mais pour permettre à ce troisième score en voix de préférence derrière Muriel Targnion et de Hasan Aydin de ceindre à son tour et à contrecœur l’écharpe mayorale, la manœuvre suppose que le président du CPAS y renonce à nouveau. Et c’est là qu’est l’os: il s’y refuse, soutenu par ses fidèles au sein du PS verviétois.

Depuis lors, chaque camp a creusé ses tranchées au point qu’en réalité, on ne peut plus parler d’un groupe socialiste au conseil,communal de Verviers, déjà amputé de Muriel Targnion, de l’échevin Alexandre Loffet, suspendu par le PS, et par la courageuse jeune conseillère Laurie Marichal qui, dégoûtée par ces pratiques, en a claqué la porte.

Les divisions se sont en même temps amplifiées au plan régional : on se souvient des différends entre les anciens bourgmestres de Verviers, Dison et Welkenraedt, à propos de l’exclusion de Muriel Targnion, soutenue aussi par feu Marc Goblet qui, comme tout défunt, vient d’avoir droit aux hommages peu sincères de certains qui lui en avaient beaucoup voulu pour cette prise de position

Entre-temps, la fédération verviétoise du PS s’est donné une nouvelle présidente : la bourgmestre de Dolhain, Valérie Dejardin, qui succède à… Alexandre Loffet, s’est aussitôt attelée à résoudre l’imbroglio socialiste à Verviers, avec le concours de son homologue liégeois, Frédéric Daerden, dont le suppléant à la Chambre est… Malik Ben Achour. Les Verviétois restent au centre du débat.

Tout cela n’a pas fait avancer le schmilblick. On vous passe les détails, mais cette semaine, la réunion du comité de l’USC (union socialiste communale) verviétoise s’est à nouveau conclue sur un fiasco, alors même que ses responsables se sont résignés à conserver à la « renégate » Muriel Targnion son fauteuil mayoral.

Cela n’a pas suffi, car Hasan Aydin et ses partisans rêvent apparemment toujours de la remplacer par le président du CPAS. Raison pour laquelle il ne s’est pas porté candidat à la moindre fonction, pas plus d’ailleurs que ses affidés.

Le plus piquant est que, pour expliquer leur attitude, ils ont exigé que les statuts de l’USC soient respectés à savoir que le comité de l’USC se prononce sur le choix des échevins, alors même que le comité était convoqué à cet effet.

Des conclusions à tirer

À supposer même que le PS verviétois parvienne enfin à résoudre ses problèmes internes, tout ne serait pas résolu pour autant: resterait notamment à faire admettre sa mise à l’écart à l’échevin Alexandre Loffet… qui devrait en principe réintègreriez rangs socialistes, une fois sa suspension purgée.

Tout cela risque de durer un certain temps encore, tandis que la ville continue à se paupériser, que les commerces y disparaissent et que des projets importants, type City Mall auquel plus personne ne peut croire, restent en rade.

Le moment n’est-il pas venu enfin de tirer les conclusions de pareil fiasco.

Le plus démocratique aurait été une nouvelle élection, mais on sait que pour cela il aurait fallu que tous les membres du collège communal démissionnent : l’héroïsme, même politique, ne se commande pas.

Il faut donc en revenir au parti qui est à l’origine de la crise. Depuis un an, le parti-pris de Paul Magnette en faveur de Hasan Aydin er de Malik Ben Achour -on peut s’étonner de la rapidité de l’exclusion de Muriel Targnion, alors que, par exemple, son homologue de Sambreville, Jean-Charles Luperto, définitivement condamné pour exhibitionnisme, est non seulement resté en place mais fait toujours partie du PS!- a conduit à une impasse approfondie qui est loin de se résoudre.

La logique voudrait donc que, pour sortir de la crise, le PS soit renvoyé dans l’opposition.

L’hypothèse est possible, ne serait-ce l’obstination des écologistes verviétois à se cramponner à un hypothétique remplacement de Muriel Targnion par… Hasan Aydin.

Comme l’aurait dit Churchill à la fin mai 1940, quand la pression en faveur d’une paix négociée avec l’Allemagne hitlérienne s’intensifiait sur lui « ceux qui ne changent jamais d’avis, ne changent jamais rien »

Un an plus tard, l’imbroglio politique se prolonge à Verviers


Selon un vieil adage wallon, un nouveau balai balaie toujours mieux qu’un ancien. Et la nouvelle présidente de la fédération verviétoise du PS, Valérie Dejardin, espérait bien, avec le puissant appui de son homologue liégeois, le ministre communautaire Frédéric Daerden, sortir le PS verviétois du marasme dans lequel il est plongé depuis près d’un an, et, par vie de conséquence, du marasme dans lequel les déchirements au sein d’un parti qu’un slogan, jadis, affirmait « fort et uni » a plongé la ville de Verviers.

On se demande néanmoins quelle mouche avait piqué Valérie Dejardin quand elle a tenté (sur ordre du boulevard de l’Empereur?) de relancer l’idée d’un remplacement de la « bourgmestre renégate », Muriel Targnion, par Malik Ben Achour, député fédéral à la suite de la nomination de Frédéric Daerden au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qu’on dit par ailleurs peu intéressé par l’écharpe mayorale de l’ancienne Cité lainière. Bourgmestre elle-même de Limbourg, la présidente de la Fédération verviétoise du PS aurait dû pressentir qu’elle courait droit au fiasco.

A moins qu’elle ait voulu procéder par une démonstration par l’absurde?

Elle n’a en tout cas pas trouvé une majorité d’élu(e)s de ce qui reste du PS au conseil communal de Verviers pour appuyer sa proposition. Et on s’oriente donc vers une nouvelle proposition qui prévoirait le maintien de Muriel Targnion. exclue du PS, au mayorat de Verviers jusqu’à la fin de la mandature.

Statu quo ante? Pas vraiment!

On efface donc tout et on en revient à la situation qui prévalait il y a un an, avant que Muriel Targnion, avec le soutien d’une majorité du groupe socialiste au conseil communal de Verviers et de ses partenaires de majorité, ne tente d’éjecter le président du CPAS, Hasan Aydin, de son poste?

Euh, pas vraiment car dans l’aventure, Alexandre Loffet. président débarqué de la Fédération verviétoise du PS, perdrait son mandat d’échevin.

Et pour le reste, on peut cibler:

• Hasan Aydin devrait rester en place. Certes, les relations du président du CPAS avec ses collègues du collège communal de Verviers se sont détendues, mais il nourrit peut-être toujours un espoir d’accéder au fauteuil mayoral. Et le CPAS continue à réclamer à la ville des suppléments de moyens qu’elle ne peut lui concéder

• Des échevins(e)s, notamment socialistes, doivent continuer à travailler avec une bourgmestre qu’elles ont allègrement trahie avant de se rendre solidaires de son exclusion du PS, forcée dans des conditions à tout le moins discutables.

• La ville de Verviers garde une bourgmestre dont on disait, à l’époque où elle présidait le conseil d’administration d’Enodia (où elle a défendu mordicus la gestion calamiteuse de l’administrateur-délégué de Nethys, Stéphane Moreau, ce qui l’a placée dans le viseur du président du PS, Paul Magnette) que la gestion de sa ville ne semblait plus être sa priorité première.

C’est donc un attelage de bric et de broc qui risque donc rester en place à Verviers jusqu’en 2024. Une ville qui, pour rappel, se paupérise chaque jour un peu plus et dont les commerces ferment en série.

Pour en sortir par le haut, deux solutions auraient été envisageables. Une nouvelle élection d’abord, qui aurait permis de rebattre les cartes, mais pour cela, les échevin(e)s auraient dû avoir le courage de démissionner en bloc. Ou alors, puisque les déchirures au sein du PS ont fini par paralyser la ville, la mise sur pied d’une coalition renvoyant le PS dans l’opposition. Là aussi, il aurait fallu du courage politique. Du côté des « verts » verviétois notamment….

Des voitures de société plus vertes? Plus rouges, plutôt!


Ainsi donc, à partir de 2026, seuls les véhicules de société entièrement électriques bénéficieront d’un avantage fiscal dégressif au fil du temps, ce qui, par voie de conséquence, obligera les détenteurs de ce type de véhicule à modifier leur installation électrique afin de pouvoir installer une borne de rechargement à leur domicile, aménagement pour lequel le gouvernement prévoit une déductibilité fiscale de 45% (ce qui laisse donc, mathématiquement 55% à charge de l’utilisateur) pourvu que cette borne soit couplée à un logiciel: bonjour la simplicité!

La puissance du lobby électrique jouant à plein, les commentaires saluent en général le futur «verdissement» du parc automobile des sociétés et, à plus long terme, le «verdissement» du parc automobile dans son ensemble. Et comme à l’habitude, on se prévaut d’une future réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre, mais on élude soigneusement la question de l’approvisionnement en électricité de ces véhicules de société, qui ne pourront pas être hybrides, ni celle de leur recyclage, et principalement du recyclage de leur batterie, qui reste pour l’heure tout à fait insoluble.

Une autre question largement ignorée à ce propos est celle de l’impôt éludé grâce à ce mécanisme, et par corollaire celle des charges sur le travail, largement supérieures aux charges sur le capital, ainsi que l’encouragement à la voiture qui est ainsi pratiqué, de quoi amplifier les phénomènes d’embouteillage, notamment autour de Bruxelles, comme le soulignait ce matin sur La Première Dave Sinardet, le politologue flamand préféré de certains médias francophones.

Mais ce qui reste le plus choquant, dans toute cette propagande en faveur du véhicule électrique, c’est ce refus obstiné d’aborder les conditions de travail inhumaines rencontrées en Afrique, et notamment au Katanga, en République Démocratique du Congo, par les «creuseurs», ces mineurs artisanaux de tous âges, notamment d’enfants, qui extraient dans des conditions de sécurité absolument nulles, et pour des salaires de misères, les métaux rares nécessaires tant à la production de batteries électriques que de smartphones.

Ils sont nombreux à payer de leur vie pareil travail, qui parvient à peine à les nourrir, eux et leurs familles. Et aussi longtemps que l’industrie automobile n’assurera pas un travail décent et des conditions de rémunération correctes à tous ces malheureux, des vies continueront à se perdre ainsi. Alors soyons cohérents: les voitures électriques ne sont pas vertes, elles sont rouges du sang de ces mineurs artisanaux!

Et les Wallons qui sont des cochons ou du caca, c’est sans doute aussi du folklore…


Que le Club Brugeois ait mérité son titre de champion de Belgique de football ne se discute guère, même si les Blauw en Zwart n’ont guère été fringants au cours de ces «play offs» un peu particuliers cette année particulièrement chahutée.

Si, sur le plan sportif, l’équipe dirigée par Philippe Clément, a dominé la compétition de la tête et des épaules, en coulisses, il n’en a pas vraiment été de même, si on en juge par l’entrée en Bourse avortée d’il y a quelques semaines. Et, depuis ce jeudi, il y a l’affaire Noa Lang, avec le chant de victoire entonné par le jeune prodige néerlandais du stade Jan Breydel, qui a chambré devant des fans brugeois en folie les «supporters juifs d’Anderlecht».

Réprobation immédiate du monde du football, avec la Pro League qui «déplore» cet excès de langage, puis le parquet de l’Union belge qui déclare «se pencher» sur les faits, et enfin le scandale qui enfle, avec la presse étrangère qui commente abondamment l’incident.

Panique du Club Brugeois qui, dans un communiqué, précise que «Paysans pour les supporters de Bruges, Schtroumpfs pour ceux de Genk, cafards pour ceux de Malines, Juifs pour ceux d’Anderlecht: ce sont des surnoms souvent adoptés (…) Il n’y a pas de sous-entendu antisémite là derrière».

Pour un peu, on croirait entendre la réaction des autorités communales alostoises, après le défilé dans un cortège carnavalesque d’un char où trônaient des Juifs au nez crochu, assis sur des sacs d’or, et vêtus de manière traditionnelle.

On veut bien accorder aux dirigeants brugeois que Noa Lang n’est pas antisémite (avec un tel prénom, ce serait un comble!), mais on ne le suivra pas dans leur raisonnement. Pour eux, parce qu’on le dit souvent, il est normal, donc, de qualifier des supporters de clubs adverses de «Juifs» ou de «cafards»?

Dans une Flandre où la première place du Vlaams Belang dans les intentions de vote se confirme, l’affirmation fait frémir. D’autant que le terme «cafards» renvoie à un autre contexte, celui du génocide des Tutsis au Rwanda, préparé par une campagne de propagande relayée par la sinistre radio Mille Collines, où les futures victimes étaient quotidiennement qualifiées de «cafards».

Pour autant, la réaction du monde du football belge apparaît singulièrement hypocrite. Car on ne l’a pas connu aussi intransigeant, dans le passé, pour réprimer des chants racistes qui ciblaient des joueurs d’origine étrangère et notamment africaine. En témoigne la campagne menée actuellement par certains joueurs ou anciens joueurs, au premier rang desquels Romelu Lukaku, que la Belgique footballistique adule, mais qui a dû faire face à ses débuts d’attaques particulièrement méchantes. On se souvient aussi de la carte jaune adressée au joueur carolo Marco Ilaimaharitra, qui avait eu l’audace de faire remarquer à l’arbitre Jonathan Lardot que le public du Club Malinois -les «cafards», donc, à en croire la direction du Club Brugeois- lui adressait des cris racistes. Plus loin dans le temps, on a eu les bananes jetées sur le terrain en direction de joueurs d’origine africaine, parmi lesquels l’attaquant nigérian d’Anderlecht, Nii Lamptey…

De la même manière, jamais n’ont été sanctionnés les chants flamingants qualifiant les joueurs wallons de «cochons», ou les Wallons en général d’être «du caca»: encore du folklore, sans doute, pour la direction du Club Brugeois, qui a montré, là, que si son équipe est championne de Belgique, elle, elle est sans aucun doute championne de Belgique du mauvais goût et de la stupidité.

On savait qu’on trouve peu de prix Nobel parmi les membres des «kops» et autres clubs de supporters «enragés»; il faut bien constater qu’au niveau de ses dirigeants, le football belge a décidément aussi bien du mal à trouver des gens censés, qui s’efforceront d’éradiquer le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie des tribunes de leurs stades. On leur souhaite de connaître au plus vite des résultats sportifs à l’aune de la bassesse de ces sentiments.