Replongée dans le marasme politique, Verviers attendra encore un peu (?) sa relance


En suspendant le mécanisme de contournement du code wallon de la démocratie locale, mis en place à Verviers pour défenestrer la bourgmestre Muriel Targnion et installer Jean-François Istasse à sa place, tout en permettant par un jeu de motions de défiance-votes de confiance à Hasan Aydin et Sophie Lambert de conserver leurs mandats respectifs de président du CPAS et d’échevine, le Conseil d’État a relancé la saga politique dans l’ex-cité lainière. On en revient donc à la configuration du début août, avec un collège communal et une majorité différents de la constellation mise en place grâce précisément à ce mécanisme de contournement.

La bourgmestre réintégrée n’a pas tardé à convoquer un collège communal pour récupérer les attributions qui étaient siennes et rendre à Alexandre Loffet celles dont il avait la responsabilité.

Les échevin(e)s socialistes ont obéi à une injonction de l’ancien mayeur Jean-François Istasse qui espérait empêcher le collège communal de siéger en le privant de quorum, mais comme les échevins libéraux et Nouveau Verviers ont répondu à la convocation, la manœuvre a fait pschitt comme aurait dit feu Jacques Chirac qui s’y connaissait, lui, en entourloupes.

La discussion désormais tourne autour de la portée de l’arrêté de suspension pris par le Conseil d’État, sur les possibilités juridiques d’y répondre et sur les conclusions politiques à en tirer à la fois sur le plan local et au niveau wallon.

Quelle portée?

La décision de la plus haute instance juridique et administrative du pays ne remet la construction mise en place à Verviers que « sur un petit point de détail » a plastronné Jean-François Istasse.

L’observation est pertinente : comme souvent dans ses avis, le Conseil d’État indique en creux dans ses arrêtés le moyen de corriger le tir.

Il suffirait donc que la motion de défiance à l’égard de Sophie Lambert ne vise que son incapacité à occuper la fonction mayorale et, emballez c’est pesé, le bourgmestre dégommé Istasse retrouverait son écharpe et la majorité constituée autour de lui rentrerait en piste. L’affaire de quelques jours en somme, et le retrait de la motion précédente rendrait sans objet le recours en annulation de cette motion et de ses compléments toujours pendant au Conseil d’État.

Quelle réponse ?

Une nouvelle motion, autrement motivée, suffirait donc à remettre les choses en l’état? Pas aussi simple, apparemment.

Il faut d’abord vérifier s’il est légalement possible d’introduite immédiatement une nouvelle motion de défiance, à l’égard de la majorité conduite par Muriel Targnion, quelques semaines seulement après avoir fait voter la première.

Selon certains juristes, un délai d’un an s’impose. Il ne m’appartient pas de trancher, mais si Jean-Francois Istasse a raison, le code wallon de la démocratie locale permettrait dès lors, passé le délai requis après la mise en place des majorités communales, de rendre toutes les communes wallonnes ingouvernables: il suffirait au gré des vents ou des humeurs de déposer à l’envi des motion de défiance à l’égard des majorités en place, quelles qu’elles soient.

Ensuite, à supposer que le recours en annulation du stratagème de contournement mis en place par les Machiavels verviétois soit effectivement abandonné du fait de l’adoption d’une nouvelle motion de défiance collective et de deux motions de défiance individuelles, corrigées sur un point, rien n’empêcherait l’introduction de demandes de suspension en extrême urgence et d’annulation de ce nouveau mécanisme. Avec autant de chances de réussite ou de risque d’insuccès.

Le Conseil d’État a en effet des habitudes de… cancre: saisi de requêtes qui invoquent généralement une série de moyens (d’arguments), dès qu’il en rencontre un qui lui permet de fonder ou de rejeter une d’entre elles, il n’examine pas les moyens suivants. D’hypothétiques recours contre cette possible nouvelle motion ne devraient donc reprendre que les arguments invoqués dans les recours actuels sauf celui relatif à l’échevine, et en y ajoutant éventuellement d’autres. Le carrousel verviétois pourrait ainsi éclipser le célèbre carrousel fouronnais des années 1980

Quelles conclusions politiques?

En attendant le résultat de toutes ces intrigues de coulisse, qui démentent la maxime « Publicité sauvegarde du peuple » figurant au frontispice de l’Hôtel de ville de Verviers, le déclin de l’ancienne cité lainière, victime à la fois d’une paupérisation et d’une désertification commerciale croissantes, s’accentue. Et ce n’est pas l’immobilisme d’un projet de centre commercial auquel plus personne ne croit qui l’aidera à en sortir.

La réponse politique doit venir de Verviers d’abord et renvoie tous les politiques locaux à leurs engagements ou à leurs reniements. Sont-ils toutes et tous prêts à relancer une mécanique juridique qui conduira inévitablement à des recours, et à des risques de pannes répétées dans la gestion de la ville?

Le PS, dont les dissensions sont à l’origine du marasme politique à Verviers est à nouveau interpellé : le président du parti, Paul Magnette, débarrassé de ses travaux et ambitions au niveau fédéral, se repenchera-t-il sur l’imbroglio verviétois ? Et s’expliquera-t-il sur les accusations de capitulation devant une pression communautariste en bord de Vesdre?

La question vaut également pour Muriel Targnion qui avait clamé que les recours en suspension et en annulation du montage juridique mis en place pour l’écarter étaient introduits pour le principe et pas pour lui permettre d’exercer une fonction mayorale dont elle ne voulait plus, parce qu’il ne lui était plus possible de « travailler avec ces gens-là ».

L’est-elle aujourd’hui? Et « ces gens-là » sont-ils disposés à reprendre leur collaboration avec elle? Il est un peu court, comme elle le pose, qu’« il y a des collègues qu’on aime mieux ou moins mais chacun bosse ensemble dans l’intérêt de la boîte ». Même dans le monde de l’entreprise, cette atmosphère de bisounours est une fiction.

La situation verviétoise interpelle aussi le pouvoir wallon. En octroyant le mayorat à la candidate ou au candidat credité(e) du plus grand nombre de voix sur la liste principale de la majorité communale, le code wallon voulait instaurer une forme de démocratie directe, au risque de favoriser une forme de démagogie. Si elle est maintenue et in fine validée, la mécanique verviétoise vide cette disposition de sens puisqu’il suffira aux partis d’introduire dès la mise en place des majorités une motion de confiance assortie de motions de défiance individuelles pour leur permettre d’ignorer le vote populaire.

Pour les parlementaires wallons, il y a urgence à préciser les dispositions du code wallon de la démocratie locale.

Pour les élu(e)s verviétois(e)s, la chance se présente une nouvelle fois de faire primer l’intérêt collectif sur l’intérêt partisan et les ambitions carriéristes.

La noblesse ne se décrète ni ne se transmet: elle s’acquiert


Interview en direct sur la Première, ce lundi matin; double page dans un grand quotidien bruxellois; conférence de presse l’après-midi; longue interview en direct dans le journal télévisé d’hier: la dame qui faisait ainsi l’objet de toutes les attentions méritait-elle tant d’honneur, après avoir subi tant d’indignité? Nombre de téléspectateurs ont eu l’impression qu’on les distrayait de problèmes bien plus importants: la pandémie de coronavirus qui reprend, notamment. Ou les remous à la tête du MR où la gestion «despotique», favorisant «le népotisme», et aux pratiques digne d’un «clan mafieux» du président, pour reprendre les mots d’une de ses principales opposantes, jetait déjà une ombre sur le tout nouveau gouvernement fédéral.

On ignore par ailleurs si, au fond de son tombeau, Ernst Ier a apprécié de voir ainsi la justice belge ajouter une descendante de plus à un arbre généalogique fort fourni, dont les branches s’étendent, outre la Belgique et le Royaume-Uni, jusqu’au Portugal, en Bulgarie, en Roumanie et ailleurs. Mais son surnom, «le Pieux», laisse entendre qu’il n’en aurait pas forcément été heureux. Évidemment, depuis 1675, année de son décès à l’âge d’un peu plus de 73 ans, le monde a bien changé…

Pour en revenir à la «pauvre petite fille riche» qui faisait ainsi l’objet de toutes les attentions, on est partagé entre deux sentiments: la satisfaction de voir une femme obtenir de la justice sa filiation exacte; et l’agacement devant certaines de ses affirmations. Celle, par exemple, de n’avoir jamais voulu se voir consacrer princesse de Belgique: tout qui a eu un dossier à plaider en justice sait qu’il suffit de détailler à son avocat ce qu’on souhaite et ce dont on ne veut pas, et que son mandat lui impose de suivre les desiderata de son client. Et l'(onéreux) avocat de cette personne connaît suffisamment son métier pour s’y conformer. Il n’aura d’ailleurs pas manqué d’informer sa cliente des tenants et aboutissants de pareille démarche.

Autre attitude désagréable de la plaignante: le mépris qu’elle témoigne à présent à l’égard d’une famille qui lui a offert son nom, et au sein de laquelle elle a vécu quand même pendant de longues années. Faut-il y voir le signe qu’elle n’y a jamais été acceptée, voire simplement tolérée? Si tel est le cas, il faut bien en conclure qu’être «bien plus riche que la famille royale belge», comme elle l’a dit, ne suffit pas à avoir une richesse de cœur.

Pour la première fois, au cours de cette conférence de presse, elle a parlé de sa mère. Pour dire que, maintenant que l’affaire est close, elle a renoué avec elle, après une fâcherie qui, manifestement, a duré des années. Ce silence prolongé était tout de même assez étrange, car entre les deux hommes dont elle voulait, l’un renier sa paternité, l’autre imposer sa reconnaissance, il y avait tout de même une femme, dont on ne m’empêchera pas de penser qu’à travers toute cette procédure, elle a cherché vengeance. Vengeance de quoi? De ne pas être devenue princesse elle-même, après un divorce qu’i n’est jamais venu? Ou de femme flouée qui avait nourri les plus grands espoirs après avoir donné naissance à la fille d’un authentique prince de sang?

De l’autre côté du prétoire, l’attitude n’a pas été plus brillante. Bien sûr, on peut comprendre que le caractère public donné à l’affaire, avec l’emballement médiatique que cela a provoqué, a suscité de l’amertume. Car il doit avoir été d’autant plus humiliant, pour un ancien chef de l’État, de se soumettre à un test ADN, comme un vulgaire quidam, qu’il en connaissait d’avance le résultat.

Son attitude s’explique peut-être, mais ne s’excuse pas pour autant, par le fait qu’il a pu croire que cette «affaire privée» se résoudrait d’elle-même, comme l’ont été les incartades de son père, Léopold III, dont certain arbre généalogique familial d’une vieille famille noble de Belgique porte une trace dont les historiens n’ont jamais parlé voire n’ont jamais eu connaissance; ou de son arrière-grand-oncle Léopold II, que la presse de l’époque a largement brocardé lorsqu’il a anobli sa dernière maîtresse et les deux enfants qu’elle lui avait donnés.

Manifestement, une démarche personnelle, il y a bien des années, aurait pu, aurait dû, régler la question de manière élégante. On ne peut s’empêcher, en l’espèce, de penser à la manière dont feu François Mitterrand, souverain non couronné de la Ve République, a reconnu la fille qu’il avait eue hors mariage, pouvant compter alors, évidemment, sur le silence complice d’une presse qui savait faire la distinction entre vie privée et vie publique, même d’un personnage aussi public. L’image de sa double vie s’est révélée au monde lors de ses funérailles, mais dans un climat qui n’avait rien à voir avec la rancœur et l’hostilité qui ont entouré toute cette affaire chez nous.

Ernst le Pieux peut bien se retourner dans son tombeau, la morale de cette histoire est claire: la noblesse ne peut se décréter en justice; elle ne se transmet pas non plus par l’hérédité, quand bien même cette transmission est la règle et donne accès à un almanach suranné.

La vraie noblesse, j’ai déjà eu l’occasion de le signaler sur ce blog, on la trouve à d’autres endroits, bien plus inattendus, et largement ignorés du monde. Chez ce couple, où le père des deux derniers enfants de son épouse adopte ses trois premiers, afin que tous soient sur pied d’égalité. Chez ces bénévoles qui apprennent à lire et à écrire à des adultes illettrés et honteux de l’être. Chez ces volontaires qui se mobilisent pour donner un avenir à une petit gamine handicapée physique depuis sa naissance. Tous ces gens à qui la radio, la télévision, ou un grand quotidien bruxellois ne donneront jamais la parole. Parce qu’ils ne les connaissent pas.

Les politiques que l’on mérite ?


La triste saga politique verviétoise de l’été est sur le point de s’achever de la manière dont elle s’est déroulée : dans le non-respect des paroles données et en « sollicitant » les textes légaux, en l’occurrence, le code wallon de démocratie locale.

PS, MR, Nouveau Verviers et cdH se sont donc accordés sur un scénario qui passe par le renversement de la bourgmestre ex-socialiste, Muriel Targnion, et l’installation de Jean-François Istasse au fauteuil mayoral.

L’ancien président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été plébiscité pour construire un consensus autour de sa personne. D’une urbanité extrême, sinon caricaturale, il peut rendre en effet tout conflit personnel impossible avec lui. À 67 ans, il n’imaginait pas assumer un mandat qu’il avait refusé il y a bien longtemps déjà. Il semble avoir voulu convaincre les sceptiques en postant depuis quelques jours des photos sur Facebook qui rappellent les multiples fonctions qu’il a effectuées et les nombreux contacts qu’il y a noués. Mais s’il semble bien seul à pouvoir espérer combler les tranchées creusées ces dernières semaines entre tous les politiques verviétois, il n’apparaît pas comme la figure mobilisatrice susceptible, au-delà de cet objectif, de débloquer les dossiers en rade depuis plusieurs années dans l’ancienne cité lainière. À charge pour lui de nous apporter le démenti. Faute de quoi, il apparaîtra comme le bourgmestre de transition, chargé de chauffer la place pour celui qui est réputé avoir habilement instrumentalisé tout ce dossier depuis quelques semaines

Le hic, pour Jean-François Istasse et un certain nombre de ces colistières et de ses colistiers, c’est qu’ils ont allègrement trahi l’engagement formel pris, au début de l’été, pour soutenir la bourgmestre dans sa volonté d’écarter le président du CPAS, en guerre ouverte avec la ville, au comportement agressif et sexiste qui l’avait rendu infréquentable pour l’ensemble du collège communal, et qui a enfreint les règles en mobilisant du personnel du CPAS pour la prise de rendez-vous aux permanences politiques qu’il entendait organiser en compagnie d’un néo-échevin. L’accord prévoit le maintien de ce président de CPAS et de cet échevin. Tant pis pour le respect de la parole donnée; tant pis pour la tolérance et l’égalité des genres, et tant pis pour la moralisation de la vie politique…

L’autre hic, pour le futur bourgmestre Istasse, c’est que pour le ceindre de l’écharpe mayorale, il faudra d’abord que deux prétendant(e)s légaux (légales) à la fonction, le-dit président du CPAS et une échevine, renoncent formellement à ce mandat. Et que pour les autoriser à conserver leur fonction, qu’ils ne pourraient dès lors conserver, en application du code wallon de démocratie locale, on passe par des scénarios qui vont d’une démission du conseil communal à une motion individuelle de défiance, prévue par ce code, pour sanctionner une incompatibilité politique grave voire un comportement indigne, puis par la réélection de la-dite échevine au même poste et du président du CPAS au sien, ce qui lui assure une présence prolongée au collège communal . Tout cela dans le cadre d’un maquignonnage de dernière minute, qui rééquilibre à mi-parcours le nouveau rapport de forces au sein de la future majorité verviétoise en transférant au cartel MR-NV-cdH ce mandat scabinal conservé en dépit de toute logique mathématique par le PS. Et tant pis pour la crédibilité du code wallon de démocratie locale, tant pis pour le contrôle de l’exercice des mandats communaux, et tant pis pour la compétence (ou non) avec laquelle des échevin(e)s exercent leurs responsabilités…

Tout va ainsi rentrer dans l’ordre, pour un certain temps en tout cas. Pas forcément jusqu’à la fin de la mandature, où certains espèrent cyniquement que les électeurs verviétois auront tout oublié. Ce qui témoigne d’un solide mépris pour les citoyen(ne)s dont on sollicite périodiquement les suffrages. Le retour de bâton est parfois douloureux. Car si, selon l’adage, on a les politiques qu’on mérite, il arrive que des électeurs estiment que les politiques ne les méritent pas. Et tant pis pour l’avenir de Verviers…

La défaite de la suffisance et de l’insuffisance


Caramba, encore raté pour le PSG: miraculés en quart de finale de la Ligue des champions face à l’Atalanta Bergame, tandis que le Bayern de Munich faisait exploser la baudruche barcelonaise, les stars de Thomas Tuchel n’ont pu venir à bout de l’efficacité, de l’organisation et du talent bavarois. Et comble de l’humiliation, c’est un de leurs anciens joueurs qui les a privés d’un sacre que Kylian Mbappé avait pourtant annoncé à la veille de cette finale inédite et insolite en fonction des circonstances.

La défaite des Parisiens a été fêtée à Marseille, et a donné lieu, dans la capitale française, à des scènes d’émeute qui font à la fois tache sur le club, sur la capitale française, et sur un pays où la violence semble désormais faire partie d’un mode normal d’expression sociale. À titre de comparaison, on rappellera l’énorme fiesta qui avait marqué le retour des Diables rouges après leur troisième place au Mondial de 2018, où ils n’avaient été battus que par les Coqs, futurs champions du monde, au sein desquels le même Kylian Mbappé s’etait déjà signalé à la fois par son immense talent et son incommensurable suffisance

Tout à été dit, avant cette finale, de la différence entre la gestion sportive du PSG, à coups de centaines de millions d’euros, et celle du Bayern de Munich, dont le grand public ignorait sans doute la plupart des noms des joueurs avant le match, hors ceux de Neuer, Lewandoski, ou Thomas Müller.

C’est sans doute une raison pour laquelle, hors Hexagone, le succès des Bavarois a été si largement plébiscité. Car il s’est bâti sur les vertus d’abnégation et d’engagement, qui, tout autant qu’un talent indéniable, leur ont permis d’émerger très logiquement de cette finale. C’est cela qui explique leur victoire, et pas seulement la valeur de leur gardien de but, quoi qu’en aient dit certains commentateurs sportifs français. Car au bout du compte, si Neuer a fait preuve d’une grande vigilance, il n’a dû effectuer aucun arrêt du type de celui que Courtois avait réussi sur un tir de Neymar lors du succès historique des Belges face aux Brésil lors du Mondial russe.

La victoire du Bayern: le succès d’une démarche autant que celui du « football -pognon »

C’est donc bien une approche qui a fait la différence entre le PSG et le Bayern, ou peut-être la faillite d’une démarche qui suppose qu’accumuler les vedettes suffit à s’assurer des succès. C’est oublier que les joueurs sont aussi des hommes. Et que quand un clan fait la loi dans un vestiaire, et impose à un entraîneur, quel qu’il soit, des choix au détriment d’éléments comme Kingsley Coman, Adrien Rabiot, ou, ces deux dernières années Thomas Meunier, selon des critères non sportifs, l’échec est inévitable.

Le succès du Bayern ne peut pourtant occulter qu’avec lui, c’est aussi le foot-fric qui l’a emporté. Car il y a plusieurs années déjà que le club munichois étouffe la concurrence Outre-Rhin et y suscite une répulsion traduite par le surnom donné à son stade: l’ « Allianz Arena » -significatif, le nom du stade célèbre un commanditaire et plus une figure du club- est rebaptisée l’« Arroganz Aréna ». Traduction superflue…

Il n’en reste pas moins que le même Bayern doit respecter des règles qui empêchent par exemple la prise de contrôle des formations allemandes par des financiers étrangers : on constate chez nous les dérives de pareille pratique. Et si le club a été condamné naguère pour fraude fiscale dans le chef de son président de l’époque, Uli Hoeness, qui ne s’est pas dérobé à la peine de prison ferme qui lui a été infligée, c’est un autre ancien Karl-Heinz « Kalle » Rumenigge, ancienne gloire du club dans les années 1990, qui tient aujourd’hui la barre. Au-delà des personnes, c’est ainsi une mentalité, un esprit de club qui est préservé. Et les joueurs qui y sont engagés le sont notamment en raison de leur compatibilité avec cet esprit. On voit mal le PSG, qui va devoir se reconstruire en partie, s’inspirer de la démarche, mais plutôt ressortir la planche à billets. Barcelone, confronté à un chantier bien plus vaste, s’inscrit plus dans cet esprit. Bavière et Catalogne sont, est-ce u. Hasard, toutes deux marquées par un particularisme exacerbé.

Si les intérêts du football-pognon n’ont pas été compromis par le succès final du Bayern, la formule d’élimination directe, imposé at les circonstances, a néanmoins permis à des acteurs inattendus à ce stade, comme l’Atalanta Bergame où l’Olympique lyonnais de faire la nique aux abonnés habituels du dernier carré comme le Real Madrid ou la Juventus de Turin. Au point que le président de l’UEFA envisagerait, di-on, de la pérenniser. L’idée n’atterrira sûrement pas: vous imaginez la catastrophe pour le football européen, si un (relatif) sans-grade en profitait pour s’adjuger la coupe aux grandes oreilles?

Permis de diffamer?


Les mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19 suscitent, à juste titre, de nombreuses questions. Celles qui ont été mises en place récemment sont d’autant plus difficiles à supporter qu’elles sont survenues en pleine période de canicule, et qu’elles ont succédé à une période où le retour à une vie normale semblait s’amorcer. Le rejet de la visière, beaucoup plus supportable en période de grandes chaleurs, m’est notamment apparu assez absurde, dès lors que j’avais pu en mesurer l’efficacité depuis le début de la pandémie.

La manière dont les chiffres sont présentés dans notre pays a particulièrement suscité de nombreuses interrogations. Utiliser des pourcentages pour décrire l’augmentation du nombre de cas, d’hospitalisations, de patients en réanimation, ou de décès est apparu singulièrement incongru, dès lors qu’on reste très loin des données constatées il y a quelques mois.

Parmi ces critiques, il est en est de fondées, qui ont été suivies d’effets: c’est le cas de la remarque de l’ancien recteur de l’université de Liège, Bernard Rentier, qui a requis, et obtenu, que l’augmentation du nombre de cas constatés soit mise en relation avec le nombre de tests pratiqués. Et la statistique, là, est nettement moins anxiogène.

À titre personnel, je pense qu’il serait de l’intérêt général d’étendre la démarche. En se rappelant que crier au loup en permanence n’est pas productif, puisque dès que le loup se présente, plus personne ne prend garde.

Mais à l’inverse, les plaidoyers contre le port du masque obligatoire au nom de la liberté individuelle ne peuvent être reçus. Une contamination n’est pas définition pas uniquement individuelle: l’individu porteur devient vecteur de transmission dans son entourage, éventuellement vers des personnes plus vulnérables. S’opposerait-on, dans la même logique, à l’obligation de rouler à droite, au nom de la liberté individuelle?

Le débat pourrait, ou devrait se dérouler de manière courtoise. Argument contre argument. L’exemple du Pr Bernard Rentier, cité plus haut, en est un exemple. On peut aussi citer l’astrophysicien Aurélien Barreau, dont la mise au point (https://www.facebook.com/trentemillejours/posts/584597305588737) est solidement argumentée.

Par contre, les théories complotistes ne trouvent aucune grâce à mes yeux. Et à ce titre, une séquence du JT de la RTBF, ce dimanche à 13 heures, me pose grave question. Elle était consacrée à la manifestation de quelques centaines de personnes opposées au port obligatoire du masque, devant la Bourse de Bruxelles.

Cette manifestation, aussi peu représentative soit-elle, devait être couverte. Malgré le nombre très restreints de participant(e)s. Parce qu’elle faisait écho à d’autres manifestations, dans d’autres pays d’Europe, dont la plus importante a eu lieu à Berlin, il y a peu.

Donner la parole aux manifestant(e)s était une chose, leur laisser raconter n’importe quoi, et notamment diffamer publiquement des personnes en est une autre. Une intervenante ( voir son intervention entre 2’33 » et 2’50 » sur https://www.rtbf.be/auvio/detail_jt-13h?id=2669225) a ainsi développé une thèse ubuesque mettant en cause les grandes firmes pharmaceutiques, qui orchestreraient toute la campagne sur la pandémie afin de réaliser de plantureux bénéfices au moment où un vaccin sera prêt. Et qui stipendieraient entre-temps des experts pour porter le message en télévision. Et cette dame d’accuser publiquement les Prs Marc Van Ranst et Yves Van Laethem de percevoir «des petites enveloppes des lobbies pharmaceutiques». Avant de conclure d’un ton péremptoire «ça, tout le monde l’a vérifié, ici en tout cas. On est au courant!».

Ah bon, des virologue véreux? Et l’intervenante en avait la preuve? On s’attendait à une relance sur le sujet, à l’administration de cette preuve. Rien n’est venu: le reportage a glissé comme si rien n’était. Un peu mal à l’aise, sans doute, le présentateur du JT, Laurent Mathie, a conclu (3’50 ») «On laissera à chacun la responsabilité de ses propos»

C’est un peu court. La reproduction de pareilles accusations dans un média écrit vaudrait à l’auteur(e) de l’article une plainte en diffamation, en même temps que celle visant les personnes qui profèrent des accusations aussi graves.

Les règles diffèrent-elles en télévision? Je n’en suis pas sûr. La RTBF a en tout cas réagi en supprimant ces propos diffamatoires de la séquence, reprise au JT de 19h30, consacrée à cette manifestation. Au risque de se faire accuser de censure, comme les médias «mainstream» qui se rendraient complice de cette mystification: le phénomène s’était déjà manifesté lors de la récente crise des «gilets jaunes»…

Peut-être cela nécessiterait-il un recadrage des jeunes et des futur(e)s journalistes? Pour leur rappeler que le métier n’est pas simplement de tendre le micro, mais de mettre en perspective. De réagir à ce qui est dit. Et donc de ne pas publier des pseudo-informations… impubliables.

La cassure s’élargit au sein du PS de l’arrondissement de Verviers


La (mauvaise) «telenovela» politique verviétoise se poursuit, et s’est amplifiée, ces derniers jours, au gré d’interviewes de Marc Goblet, député PS de l’arrondissement de Verviers et ancien président de la FGTB, d’Yvan Ylieff, ancien bourgmestre de Dison, ancien ministre de l’Enseignement, puis, ce mercredi, de Didier Nyssen, conseiller communal de Verviers, dont les retournements de veste feraient pâlir d’envie Jacques Dutronc, inoubliable chanteur de «L’opportuniste». Et ce qu’on constate au travers de ces différents propos, c’est que la gestion du «problème verviétois» par les instances nationales du PS transposent la profonde division du parti de la ville, à la région. Et que la fracture s’amplifie de jour en jour.

Marc GobletPremière salve tirée par Marc Goblet: le député fédéral hervien faisait partie de la «tutelle» imposée à la section verviétoise du PS, avec le député wallon-bourgmestre de Huy, Christophe Collignon, avec le député wallon et conseiller communal theutois André Frédéric, qui présidait cette «tutelle», et avec la conseillère communale liégeoise, et ancienne députée fédérale Marie-Claire Lambert.

Cette «tutelle» était censée ramener la paix au sein du PS de Verviers, déchiré par ce que d’aucuns ont baptisé le conflit entre la bourgmestre, Muriel Targnion, et le président du CPAS, Hasan Aydin, mais ce qui se décrit plus justement par le problème posé par le comportement individuel du président du CPAS, devenu insupportable non seulement à la bourgmestre, mais à l’ensemble des membres du collège communal de l’ancienne cité lainière.

On ne reviendra pas ici sur les péripéties qui ont conduit à l’exclusion du PS de la bourgmestre verviétoise, et qui vont sans doute bientôt conduire à la même sanction pour l’échevin des Finances, Alexandre Loffet, toujours président de la fédération verviétoise du Parti socialiste, en violation même des statuts du PS, puisque l’intéressée a été directement jugée par la commission de vigilance nationale, l’instance d’appel, dont les décisions sont… sans appel. Ni sur le scénario mis en place pour installer (provisoirement) Jean-François Istassse au fauteuil mayoral, au prix de liberté très larges prises avec le Code wallon de démocratie locale, sur lesquelles, le cas échéant, on sera intéressé de connaître l’avis du ministre wallon et PS de tutelle, Pierre-Yves Dermagne.

C’est précisément parce qu’il n’était pas d’accord avec cette manière de procéder que Marc Goblet, sans aucun doute le seul membre de  la «tutelle», avec André Frédéric, a bien connaître le contexte verviétois, a décidé de s’en retirer. Sans que cela émeuve le moins du monde le boulevard de l’Empereur, apparemment, où on s’en tient mordicus à l’option prise, aussi invraisemblable qu’elle paraisse, tant il est évident que les partenaires de majorité du PS à Verviers n’accepteront pas le maintien de Hasan Aydin à la présidence du CPaS. Sauf s’ils mangent leur chapeau avec un bel appétit.

Yvan YlieffDeuxième acte, une autre interview de l’ancien bourgmestre de Dison, Yvan Ylieff, toujours accordée à mes consœurs et confrères de l’édition verviétoise d’un journal qui (air connu) m’emploie et ne me rémunère pas assez à mon goût.

Fidèle à sa réputation, «Yvan le terrible» y dézingue à tout va.

«Ma vie, c’était le PS et aujourd’hui y règne la panique, l’improvisation, le grand n’importe quoi. Je suis à cet égard à 100% sur la même la même longueur d’ondes que le député fédéral Marc Goblet (PS) qui d’ailleurs, en tant que dernier sur la liste PS a conquis son siège avec ses voix personnelles donc jouit d’une légitimité démocratique incontestable» lance-t-il. Et une pierre dans le jardin d’un autre député fédéral PS de l’arrondissement de Verviers, «suite au désistement de deux élus qui ont préféré rester échevins», une!

Claude DesamaLe «grand n’importe quoi», c’est notamment, pour Yvan Ylieff, le choix de la «mouvance communautariste» prise par le PS verviétois, à l’instigation de l’ancien bourgmestre de la Cité lanière, accuse-t-il. Et pan, une deuxième pierre, dans le jardin de Claude Desama, dont l’épouse fut jadis l’inamovible première échevine d’Yvan Ylieff.

Ce qui, évidemment, lui vaut dès ce mercredi, une réplique de l’ancien professeur de l’université de Liège, qui avait récemment démoli celle qui lui a succédé à l’Hôtel de ville de Verviers, en rappelant l’adage latin «Ius dementat quos vult perdere» («Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre») et qui s’affiche en «incarnation de la laïcité». La controverse entre les deux anciennes figures de proue de la fédération verviétoise du PS prend, du coup, des allures de conflit de bac à sable…

Le ralliement le plus spectaculaire à l’ancien mayeur disonais est venu, le même jour, du conseiller socialiste verviétois Didier Nyssen, dont le parcours donne quelque peu le tournis: soutien de Muriel Targnion, il a cédé à la pression du parti pour se ranger du côté des «orthodoxes» mais se déclare d’accord avec l’ancien ministre qui condamne la dérive prise par cette tendance «officielle» du parti. D’ici à son retrait, annoncé pour le 1er octobre prochain, l’élu nous réservera-t-il d’autres volte-face?

Yvan Ylieff doit aussi être un spécialiste du billard à trois bandes. Car sans la citer, c’est aussi celle qui occupe le fauteuil mayoral à Dison qu’il égratigne en s’affichant parmi les «socialistes qui restent fidèles aux valeurs de la démocratie, des droits de la femme, des valeurs d’égalité, de la démocratie et ceux qui sont soumis à des mouvances et des dérives communautaristes».

Véronique BonniOn n’a en effet entendu que le silence assourdissant de Véronique Bonni sur l’exclusion frappant la bourgmestre de Verviers: la solidarité féminine, dit-on se serait brisée sur une solide inimitié entre les deux bourgmestres.

Et si rien ne filtre en public, il est notoire que le PS de Dison subit, lui aussi, des «vents contraires». Les reproches faits au cinquième échevin, Jean-Michel Delaval, d’avoir mené une « campagne personnelle» pour forcer une élection que sa relégation, loin sur la liste -pour le punir d’avoir eu l’outrecuidance de contester la tête de liste à la future bourgmestre, et de n’échouer finalement que d’une courte tête?- rendait fort aléatoire, ont laissé des traces.

Faute d’avoir réglé un problème au départ fort circonscrit (comment ramener dans le droit chemin un président de CPAS qui ne supportait pas le moindre contrôle?), le PS a ainsi étendu l’incendie au sein de sa fédération d’arrondissement. Car on imagine bien qu’André Frédéric ne doit pas apprécier les critiques que lui ont adressées Marc Goblet et Yvan Ylieff. Mais qu’au PS de Theux, certains trouvent peut-être aussi que les libertés prises avec les statuts du parti, et avec le Code wallon de la démocratie locale, cela commence à faire beaucoup…

Si, d’aventure, les efforts du président national du parti, Paul Magnette, pour nouer une alliance a priori contre nature avec la N-VA échouaient, et si des élections anticipées devaient avoir lieu, la confection de la liste socialiste pour l’arrondissement de Verviers évoquerait sans doute un célèbre dessin de Caran d’Ache consacré à l’affaire Dreyfus. La première case montre des convives prêts à passer à table et qui s’invitent «Surtout, ne parlons pas de l’affaire Dreyfus». La deuxième montre la table renversée, les convives échevelés, des yeux au beurre noir et elle est légendée «Ils en ont parlé»!

Il fut un temps lointain où le PS qui était encore PSB et le sp.a, toujours BSP, se présentaient ensemble à l’électeur  sous le slogan «Forts et unis. Sterk en eensgezind». L’étiquette belge («B») est depuis longtemps tombée aux oubliettes. Quant à la force et l’unité elles n’ont plus guère cours au sien de la fédération verviétoise du parti socialiste…

Entre-temps, le PS « orthodoxe» a passé alliance avec Ecolo, dans l’ancienne cité lainière, ce qui interroge sur la volonté de faire de la politique autrement qui était jadis affichée par les Verts. Deux blocs antagonistes s’y font désormais face: les 14 élus du cartel PS «orthodoxe»-Ecolo font face aux 15 alignés par l’alliance entre le MR, la liste Nouveau Verviers et le cdH. Pour rappel, la majorité communale exige 19 sièges. Et pendant que ces excellences s’affrontent, le déclin commercial et la paupérisation de la ville se poursuivent…

 

Tripatouillages et chantage en coulisses verviétoises


«Je suis entrée en politique en 2018, en devenant échevine de l’Instruction publique, de la Population, de la Jeunesse, des Plaines et des Écoles de devoirs (…) Le Parti socialiste m’a permis de vivre cette expérience. Je me dois de poursuivre à ses côtés dans un objectif d’apaisement et de mise en place d’une équipe soudée »

« Le Parti Socialiste est ma maison, le Parti Socialiste reste ma famille politique. J’ai choisi de me mettre à disposition de mon parti et de la tutelle afin de participer à toute solution qui permettra de mettre en place rapidement la majorité dont les Veviétoises et les Verviétois ont besoin dans le respect du code de la démocratie locale »

Les déclarations de deux échevines, dont la seconde est potentiellement bourgmestre si les manœuvres de coulisses en cours à Verviers -la ville dont le fronton s’orne de la maxime « Publicité sauvegarde du peuple » (!)- pour éjecter Muriel Targnion du mayorat peuvent, selon l’angle où on se place, susciter des larmes d’émotion devant un processus de réconciliation en cours de réalisation, soit donner la nausée devant les pressions subies par les intéressées afin de les forcer à revenir sur le soutien qu’elles avaient apporté à une bourgmestre toujours en place, et dont toutes ces basses œuvres visent à permettre sa mise à l’écart. Pour la remplacer, à terme, par un conseiller communal et député fédéral protégé par le président du parti, et que les scrupules ne semblent pas étouffer, dès lors qu’il s’agit de défendre « l’intérêt supérieur du parti » comme il l’avait dit récemment, tout en y ajoutant «l’intérêt suprême de Verviers ». Manière de pouvoir souligner avec un jésuitisme parfait que « suprême » l’emportant sur «supérieur » c’est bien le développement de la ville de Verviers qu’il poursuit.

« Publicité sauvegarde du peuple » proclame l’Hôtel de ville de Verviers. C’est pourtant dans le plus grand secret que de basses manœuvres s’y déroulent

Comment dès lors y voir malice si l’intérêt supérieur de la ville et son propre intérêt carriériste se rejoignent? Car l’idée est bien, comme l’écrit mon excellente collègue Sarah Rentmeister ce vendredi dans l’édition verviétoise du journal qui (air connu) m’emploie et ne me rémunère pas assez à mon goût, de confier l’écharpe mayorale au de cujus, même si une période de transition verrait un bourgmestre de transition lui chauffer la place en justifiant ainsi la volte-face qu’il a déjà opérée, revenant sans sourciller sur ses engagements publics.

Le problème, c’est qu’il faut,pour ce faire, piétiner le code wallon de démocratie locale. Au prix de trésors d’imagination: démission d’un conseiller communal, bourgmestre potentiel, pour le réinstaller à la présidence du CPAS, où ses agissements ont été sanctionnés plus d’une fois par la tutelle. Motion de méfiance à l’égard d’une échevine, troisième en lice pour devenir bourgmestre, puis réinstallation immédiate de l’intéressée dans son propre échevinat. D’où sans doute la subtile référence au « respect du code de la démocratie locale » (cf. ci-dessus) qui figure dans le communiqué qui conclut son périple à Canossa

À la différence des purges opérées dans la Russie stalinienne, les personnes obligées d’avouer publiquement leurs fautes et de reconnaître la suprématie du parti (le mot comporte une majuscule dans les deux citations, l’adjectif en est également doté d’une dans la seconde), un tout petit espace de liberté a ainsi semble-t-il été concédé aux deux ex-ex-camarades.

Cela ne veut pas dire que les méthodes utilisées ont été honorables: comme le signale mon estimée collègue, une des deux échevines qui a abandonné un poste de direction dans l’enseignement pour recevoir un échevinat en rapport avec son vécu professionnel a été menacée par le grand défenseur de « l’interêt suprême de Verviers » de perdre tout et «d’aller au chômage » si elle ne rentrait pas immédiatement dans le rang…

À part cela, on imagine que le même élu, au sein du groupe socialiste au sein du Parlement fédéral, a fait chorus à plus d’une remise pour dénoncer les atteintes au droit des travailleur portées par le gouvernement néo-libéral toujours en place…

« Fais ce que je dis et pas ce que je fais » est un aphorisme réputé jésuitique. Ce bourgmestre putatif de Verviers a étudié la philosophie. C’était, dit-on, un étudiant doué. Suffisamment pour s’affranchir du respect des codes wallons. Et du respect des personnes aussi? En attendant, c’est la politique qui se décrédibilise encore un peu plus: vous confieriez, vous, votre montre à de tels élus?

Pour se maintenir ou obtenir une promotion dans le football belge, il ne faut pas briller sur le terrain


Ainsi donc, le club le plus mauvais de la saison dernière, qui avait réclamé l’arrêt de la saison pour motifs sanitaires avant de sombrer sportivement, a fait plier tout le football belge: contre toute logique sportive, Waasland-Beveren jouera toujours en première division l’an prochain, au motif que la dernière journée du défunt championnat n’avait pu être jouée, où la probabilité de le voir assurer son maintien devait être à peu près de l’ordre de un sur un million.

Cette pantalonnade n’est pas étonnante : l’an dernier, le football belge avait accepté que le KV Mechelen continue à jouer au plus haut niveau, alors que le club avait été convaincu d’avoir acheté une rencontre… face à Waasland Beveren. La tradition restait ainsi sauve: si, en Italie, la Juventus de Turin elle-même a été reléguée en deuxième division, il y a quelques années, pour des faits de corruption antérieurs -elle n’y est restée qu’une saison pour revenir régner sur le calcio- chez nous, on n’a jamais osé ne fût-ce qu’un instant imaginer le retrait au Standard de Liège de son titre de 1983, acquis après un fait de corruption avéré.

Le Beerschot-Wilrijk, qui ne doit sa survie qu’à l’abandon de son matricule et l’absorption par un club voisin, on l’oublie trop souvent, et l’OHL sont du coup exemptés de se départager pour la montée: tous deux sont promus parmi l’élite sur le tapis vert et non sur le terrain. Sauf réaction judiciaire de Westerlo, qui a eu le tort d’être la meilleure équipe de D1B l’an dernier, mais qui au départ de la saison a accepté ce règlement imbécile, où la meilleure équipe n’est pas forcément récompensée.

Ce maintien et ces promotions iniques ont des conséquences en cascade: pour compléter cette division IB croupion, le Lierse Kempenzonen, quatorzième de division I amateurs s’y retrouve sans autre forme de procès, au bénéfice d’une licence obtenue grâce à un financement étranger que les clubs flamands ne contestent pas, comme ils le font chaque année en vain pour Mouscron. Sans que la commission des licences ait jamais trouvé à redire au rôle trouble qu’y jouaient des agents de joueurs. D’où le passe-droit offert à Malines?

Ce tour de passe-passe ne suffisant pas l’équipe des moins de 23 ans du Club Brugeois est imposée dans une division dont elle… faussera le championnat. Car pour les jeunes Brugeois, il ne pourra bien sûr être question ni de montée, ni de relégation. Au fait, au passage pourquoi les jeunes du Club Brugeois? Un favoritisme de plus?

En attendant, l’Excelsior Virton qui aurait pu ou dû se trouver en lice pour atteindre la division IA, au risque de provoquer l’ire des clubs de l’élite peut-être peu alléchés par le déplacement en Gaume, a, lui, été dégradé, alors que, sur le terrain, l’équipe avait particulièrement performé. Logique?

Il y a trois-quarts de siècle, au sortir d’années bien plus éprouvantes que les mois de pandémie que nous traversons, une solution élégante avait été trouvée pour les cinq saisons et demie jouées en période de guerre: les montées étaient entérinées, et les relégations annulées. Et la saison 1945-1946 permettait de remettre les séries en ordre en augmentant le nombre de formations reléguées.

Personne, à l’époque, n’a remis le mécanisme en cause: le temps n’était pas à la judiciarisation systématique des questions sportives. Le pognon ne régnait pas non plus en maître sur notre football: ce n’est que deux ans plus tard que le transfert de Willy Saeren de Tongres au FC Liégeois qui n’était pas encore « Royal » pour un million de francs de l’époque, suscitera des cris d’orfraie.

Surtout, le football belge était sain à l’époque. Aujourd’hui, comme l’a écrit mon collègue Frédéric Bleus dans le quotidien (air connu) qui nous emploie et ne nous rémunère pas assez à notre gré, il est bien malade. Les grandes révélations sur les affaires de corruption et de commissions occultes n’ont abouti qu’à la suspension de lampistes, et puis le manteau de Noé à été jeté sur ces turpitudes.

Les performances exceptionnelles des Diables Rouges ne cacheront plus très longtemps cette décrépitude que le projet fumeux de Beneligue ne pourra guérir. Comme on sait aujourd’hui que l’hexachloroquine n’est pas la pilule Titus (celle qui guérit de tout) du Covid-19

La désunion règne à Verviers


Le couperet est tombé sur la bourgmestre de Verviers: Muriel Targnion a été exclue du PS. Décision pertinente ou non? Selon le point de vue où on se place, la réponse sera bien différente. Mais ce qu’on peut remarquer, c’est que la procédure utilisée témoigne d’un certain machiavélisme : c’est en effet la commission de vigilance, l’instance déontologique suprême du parti socialiste, qui a prononcé la sentence. L’instance d’appel, en principe: Muriel Targnion aurait dû être entendue d’abord au plan local, où la division des ex-camarades rendait peut-être tout examen serein des faits impossible, ou au niveau de la fédération verviétoise du PS.

Là, c’est sans doute celles et ceux qui ne voulaient pas manquer l’éjection du parti de la bourgmestre verviétoise qui n’en auront pas voulu: la fédération est en effet toujours présidée par l’échevin verviétois des Finances, qui est dans le camp de Muriel Targnion.

En Justice, l’affaire aurait été « déportée » vers un autre arrondissement judiciaire: la fédération liégeoise ou celle de Huy-Waremme auraient pu être chargées d’examiner le dossier. Mais le résultat aurait été aléatoire. Alors, c’est l’instance suprême, celle dont les décisions sont sans appel, qui est entrée en jeu. Et elle a pris la sanction la plus lourde, plus sans doute pour sanctionner la dérive affairiste de Muriel Targnion dans le dossier Nethys, où sa défense de la gestion calamiteuse de Stéphane Moreau et consorts à l’époque où elle présidait le conseil d’administration d’Enodia, son intercommunale faîtière, en a choqué plus d’un, que ses tentatives d’éjecter de son poste le président du CPAS, Hasan Aydin, dont la gestion rétive à toute tutelle et les comportements personnels, sexiste, communautariste et hostile à tout contrôle, de la presse notamment, sont étrangement ignorés.

Cette sévérité, qui n’a pas frappé aussi vite les acteurs du dossier Nethys, aurait-elle sanctionné les tentatives de Muriel Targnion de créer une majorité alternative à Verviers, pendant que l’USC locale était sous tutelle? C’est d’autant moins crédible qu’il semble manifestement y avoir eu d’autres tentatives de mettre sur pied des majorités alternatives dans la cité lainière. Ce qui me conforte dans la conviction qu’on assiste à une espèce de partie de billard à trois bandes dont le résultat aboutira peut-être à mettre et Muriel Targnion et Hasan Aydin à l’écart, ce qui pouvait apparaître au départ comme l’issue la plus logique au conflit qui se muait en guerre de tranchées. Pour confier l’écharpe mayorale à celui qui, proche de Paul Magnette, le président du PS, est peut-être l’éminence grise de toute cette opération …

Faudra-t-il d’abord éjecter Muriel Targnion de son fauteuil mayoral, car rappelons-le, son exclusion du parti ne remet pas son mandat en jeu. À Saint-Josse, Émir Kir est toujours bien en place, malgré une exclusion du parti qui a pris bien plus longtemps à se dessiner que celle de Muriel Targnion. Il faut dire que l’homme tient les troupes socialistes d’une main de fer dans sa commune. Et que son exclusion a sans doute pesé sur le conflit à Verviers: Paul Magnette, dit-on, aurait peur de braquer encore une fois la communauté turque en sacrifiant un de ses élus. Cette communauté avait d’ailleurs été mobilisée pour sauver le soldat Aydin lors d’un conseil communal avorté. Le communautarisme est pourtant une voie politique sans issue.

Muriel Targnion compte sur la parole donnée. Elle a pourtant déjà éprouvé la fiabilité de certains de ses interlocuteurs qui s’étaient rangés résolument à ses côtés avant de tourner casaque à une vitesse surprenante.

Et puis, si on élargit la perspective, on doit bien constater qu’au-delà du PS, la mésentente et la division ont aussi fait de sérieux ravages à Verviers.

Bien avant les élections communales de 2018, les dissensions au sein du MR avaient suscité une intervention énergique du président de la fédération verviétoise du parti. Et ce dernier avait annoncé de manière péremptoire qu’un élu ne pourrait plus figurer sur la liste libérale communale. Cette décision a été suivie d’effets: le-dit candidat a apporté à la liste bleue un capital de voix dont elle ne pouvait se passer, et il a récupéré au passage un mandat d’échevin. Et voilà maintenant que le déménagement à Verviers du président de la fédération d’arrondissement du MR, est évoqué. Pour le plus grand plaisir, on l’imagine du premier échevin, tête de liste en 2018. Et les mauvaises langues déjà de rappeler la manière dont le-dit président fédéral s’est fait déposséder de son écharpe mayorale à Herve, qui témoigne peut-être d’un manque de sens stratégique…

L’épisode a laissé des traces avec une liste libérale dissidente qui s’est présentée et a transformé l’essai en s’imposant à la majorité. Avant de voir partir son créateur. Pour raison de déménagement certes, mais qui laisse supposer que son engagement pour la ville était relatif.

Au cdH aussi , la bisbille a débuté avant l’élection communale, avec le bourgmestre du début de législature précédente et qui semblait bien avoir fait son temps après le renversement d’alliance qui l’avait privé de son écharpe, qui a fait barrage au premier échevin sortant, dont le leadership semblait s’imposer. Le-dit ancien échevin s’est alors exilé et le parti, dont l’aile démocrate-chrétienne avait été sérieusement écornée, a subi une déculottée qui l’a renvoyé dans l’opposition. Tandis qu’un élu, à peine installé, prenait ses distances.

Et puis les récents événements au sein du PS ont rendu l’accord du cdH indispensable pour écarter le président du CPAS, et sa cheffe de groupe a signé la motion qui lui permettait de rentrer en piste et de faire passer certaines de ses priorités. Et qui n’a pas accepté cet engagement? Coucou le revoilou, l’ancien mayeur, accompagné d’un ex-échevin. Il est décidément difficile de se départir d’anciennes attitudes…

Les autres partis semblent épargnés par ces bagarres internes . Même si on sait que le chef de file Ecolo n’est arrivé chez les « Verts » qu’après avoir rompu… avec le cdH qui l’avait lancé

Ces épisodes navrants ont pour toile de fond le déclin inexorable d’une ville en cours de paupérisation où des initiatives sociétales s’efforcent de compenser une action publique défaillante.

Bien sûr, le politique n’a pas toutes les clés en mains, et la population ne peut leur jeter la pierre sans s’interroger. Puisque selon l’adage, on a les politiques qu’on mérite. Mais force est de constater que l’Histoire se répète dans la Cité lainière.

Parmi les premières à avoir suscité un projet d’outlet-mall, Verviers a tellement tergiversé que d’autres villes l’ont précédée avec, à la clé, des projets de « villages » qui rendaient ringard le concept de quai de gare prôné à Verviers. Résultat des courses, Maasmechelen attire les visiteurs, dont de nombreux Verviétois.

Et puis miracle, l’arrivée d’une locomotive permet de sauver le site, rebaptisé Crescend’eau et le centre nerveux du commerce verviétois migre vers la périphérie. L’urgence se présentait alors, à Verviers comme dans d’autres villes, pour les commerces du centre. C’est alors que sort un projet de centre commercial en centre-ville, avec au départ une couverture de la Vesdre qui suscite une opposition musclée. Près de quinze ans ont passé depuis lors, et la première pierre de centre commercial se fait toujours attendre.

Les récentes péripéties politiques à Verviers ne sont évidemment pas de nature à donner confiance à des investisseurs par ailleurs paralysés par la pandémie. Mais au-delà, le temps n’est-il pas venu de réfléchir à de nouvelles pistes pour le centre-ville de Verviers? Ce qui implique l’apport d’idées neuves. La plus jeune élue du PS à Verviers vient de quitter le parti qu’elle qualifie de « parti de has been ».

Le constat est peut-être plus inquiétant: comme déjà écrit sur ce blog, le rejet de tels comportements politiques présente le risque de favoriser le vote d’extreme-droite.

Grâce à Paul Magnette, une extrême -droite inexistante peut rêver à Verviers


 

Hôtel_de_ville_de_Verviers_12C’était le 15 octobre 2012, et la toute jeune élue au conseil communal de Verviers ne tournait pas autour du pot. «Cette élection à un goût amer. Loin d’une victoire personnelle, c’est sur un sentiment de défaite que je me suis endormie hier soir» écrivait Dugyu Çelik sur sa page Facebook. «Le résultat des urnes montre en termes de voix de préférence que le vote ethnique a joué de manière importante. Et pas n’importe quel vote ethnique!» ajoutait-elle. «Il s’est cristallisé autour des mosquées, encouragé et prôné par un électorat souvent de droite, appartenant à la nouvelle bourgeoisie musulmane, celle qui roule en 4×4, et qui fait porter le voile à ses femmes, celle qui n’a que faire des idées et des valeurs du PS, et qui a mobilisé en masse pour soutenir son/ses candidats, pendant que nos électeurs laïques se détournaient de nous, et ce sont les mosquées qui ont triomphé au Parti socialiste à Verviers».

La lucidité de Dugyu Çelik confirmait son brillant trajet d’étudiante en sciences politiques à l’université de Liège.

1292857201paul-magnettePaul Magnette, président actuel du PS, ancien professeur à l’Université Libre de Bruxelles, aurait peut-être dû lire cette analyse écrite par une jeune femme fraîche élue au conseil communal de Verviers, avant de prendre la décision de mettre le PS de Verviers et sa fédération régionale sous tutelle pour une durée indéterminée afin de sauver le mandat de Hasan Aydin, président du CPAS de Verviers, menacé par une procédure de destitution prévue dans le Code wallon de démocratie locale. Car c’est de Hasan Aydin que Dugyu Çelik parlait il y a huit ans. Depuis lors, elle a quitté Verviers. Mais les événements des dernières semaines ne sont que la dernière conséquence de la situation qu’elle décrivait.

Des actes illégaux couverts

La bourgmestre de Verviers, Muriel Targnion, et celles et ceux qui l’ont propulsée à l’Hôtel de ville de Verviers portent une responsabilité évidente dans la dégradation de la situation. Manifestement, elle n’était pas taillée pour le rôle. Et la présidence de Publifin, d’Enodia ensuite, qu’elle a occupée trop longtemps pour défendre envers et contre tout les pratiques mafieuses de Stéphane Moreau et consorts ne l’a que trop distraite d’une tâche qui la dépassait peut-être.

Il n’empêche, elle a été réélue au mayorat de manière incontestable. Et par surcroît, le collège communal et elle sont confrontés depuis des mois à un président de CPAS qui se comporte en grand vizir n’ayant de comptes à rendre à personne, et qui a multiplié les actes illégaux, annulés par le ministre wallon des Pouvoirs locaux. Paul Magnette va-t-il par extension étendre la tutelle à Pierre-Yves Dermagne, ministre socialiste? L’homme, par ailleurs, s’est signalé d par la violence de ses paroles, dont certaines d’un sexisme primaire, a l’égard de ses collègues du collège communal.

En choisissant de geler la motion prise à l’égard de Hasan Aydin, le PS wallon, à l’initiative de son président, couvre donc les actes illégaux que celui-ci a commis, comprenne qui pourra! Les pressions exercées sur les élus PS qui sont revenus sur la signature qu’ils avaient apposée sur la motion de destitution du président du CPAS ne plaident pas pour la moralisation de la vie politique.

En plaçant l’union socialiste communale de Verviers et la fédération verviétoise du PS sous tutelle pour une durée indéterminée, il risquait aussi de paralyser pour des mois une ville de Verviers en pleine déliquescence, dont le délabrement aurait dû lui parler à lui, bourgmestre de Charleroi.

En décidant d’exclure la bourgmestre de Verviers et celles et ceux qui la soutiennent au sein du PS, parmi lesquels un ancien président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles tout de même, le président du PS apporte son appui à un mandataire qui s’est appuyé sur le vote ethnique décrit par Dugyu Çelik en 2012, et qui joue toujours la carte turquissime. En témoigne la récente manifestation de soutien organisée en sa faveur, au sein de laquelle des cris antisémites ont retenti. Pour la séance finalement annulée du conseil communal de ce soir où sa destitution aurait dû être décidée, une mobilisation aurait été déclenché sur des médias turcophones dans toute la Wallonie et à Bruxelles. Comme si son origine était à la base de sa mise à l’écart!

«Ce sont les mosquées qui ont triomphé au Parti socialiste de Verviers» écrivait Dugyu Çelik en 2012. Paul Magnette leur assure aujourd’hui une victoire plus grande encore, et met leur candidat sur orbite pour octobre 2024. Mais le risque est grand, alors, de voir une liste d’extrême-droite, aussi médiocre soit-elle, surgir du néant et tailler des croupières au PS verviétois divisé ou rabiboché. Alors le président du PS dira-t-il tel l’empereur allemand Guillaume II après la Première guerre mondiale «Das habe ich nicht gewollt». «Ce n’est pas cela que j’ai voulu»?

Divide ut imperes

La nuit aurait-elle porté conseil au Boulevard de l’Empereur? Y aurait-on considéré qu’effectivement, exclure une majorité du groupe socialiste, dont un ancien président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, était aller un pas trop loin? Ou tenterait-on de manière insidieuse de désolidariser les élus qui ont signé une motion pour écarter le président du CPAS de sa fonction d’abord, une motion de défiance constructive ensuite, de la bourgmestre, en application du vieux principe latin « Divide ut imperes », diviser pour régner?

Muriel Targnion n’est plus en odeur de sainteté au PS depuis un certain temps. Sa faute, quand elle présidait l’intercommunale Enodia, est de n’avoir pas compris que le moment de ne plus soutenir la gestion calamiteuse de Stéphane Moreau était venu.

On aurait compris que, pour sortir du blocage actuel, le PS invite et la bourgmestre, et le président du CPAS, à faire un pas de côté.

Le paradoxe est qu’il apparaît que les tenants de la discipline du parti ont tenté, eux aussi, de « débaucher » le cdH, mais pour installer Hasan Aydin au mayorat! Donc d’avoir tenté la manœuvre dont ils font reproche aujourd’hui à la majorité des élus socialistes verviétois!

Ils donnent ainsi l’impression de jouer la femme, ce qui n’est pas de la plus grande élégance, on en conviendra. Reste à voir si les cosignataires de la bourgmestre verviétoise tomberont dans un panneau aussi grossier. Et au même moment, les comportements irréguliers du président du CPAS ne sont toujours pas remis en cause par le PS à Bruxelles. Cela ne renforce pas sa crédibilité…