Pourrait-on déjà connaître le nom du prochain champion de Belgique de football?


Une nouvelle fois, le football belge vient de donner une bien piètre image de lui-même, avec la décision, mercredi, de la Cour belge d’arbitrage pour le sport, qui a décidé que le FC Malines, champion de division I B, disputerait bel et bien le championnat de Pro Ligue, sur le point de démarrer. Un championnat auquel participera aussi Waasland Beveren, en dépit du fait que les deux clubs ont été convaincus d’avoir «arrangé» leur match, en fin de saison 2017-2018. Ces faits de corruption avérés avaient donné lieu précédemment à une sanction de la Commission des litiges de l’Union belge, qui avait de manière un peu étonnante décidé de reléguer Malines, le club réputé corrupteur, en division I B, mais de maintenir Waasland-Beveren, le club réputé corrompu, en division IA.

Football belgeL’affaire n’en est pas conclue pour autant: le Beerschot-Wilrijk, qui aurait dû dès lors prendre la place de Malines en Pro Ligue, a mis l’Union belge en demeure de surseoir au début de la compétition, et de l’inclure malgré tout au plus haut niveau de notre football, mais il a été éconduit. Une plainte a par ailleurs été envoyée à l’UEFA, car Malines, vainqueur de la coupe de Belgique, devrait participer à la prochaine Europa League. La traduction des écoutes téléphoniques établissant la corruption ont été transmise à l’instance européenne de football, qui pourrait décider que Malines n’est pas autorisé à prendre part à la compétition, puisque le club n’a pas été blanchi des accusations portées contre lui.

Car, et c’est là l’astuce, la Cour belge d’arbitrage du sport n’a pu que constater que, sur base du règlement de l’Union belge de football, et sur base de la jurisprudence précédente, Malines ne pouvait subir la sanction prévue. Comme l’avaient plaidé ses avocats.

En effet, le règlement de l’Union belge prévoit qu’une éventuelle affaire de corruption doit être dénoncée et sanctionnée au plus tard pour le… 15 juin qui suit la compétition au cours de laquelle les faits se sont produits. Autant dire, dès lors, que la fédération n’autorise aucune sanction pour des rencontres «arrangées», puisque de telles magouilles n’apparaissent généralement au grand jour que plusieurs mois après que les faits se sont produits, et que la longueur (normale) des procédures, empêche que des sanctions soient prises rapidement.

Par ailleur, le comportement fautif des dirigeants de Malines a été «individualisé». En clair, on considère qu’un ou des dirigeants ont commis des fautes, qui n’entraînent pas de sanction pour le club, parce qu’ils ‘agit de fautes indidividuelles.

Les avocats du FC Malinois ont plaidé cet argument en rappelant le précédent du match Standard-Waterschei du 8 mai 1982. Les faits sont connus: les «Rouches» doivent gagner cette partie pour décrocher un nouveau titre, quelques jours avant une finale historique de la Coupe des coupes, une des ancêtres de l’actuelle Europa League, au Camp Nou, à Barcelone, où, soit dit en passant, ils seront truandés comme au coin d’un bois.

Pour ne rien risquer, le match entre le Standard et Waterschei est «arrangé», et le Standard l’emporte sans coup férir.

En février 1984, l’affaire éclate au grand jour, dans la foulée de l’enquête menée par le juge d’instruction bruxellois, l’année précédente, dans les finances du football professionnel. Le séisme entraînera la radiation de feu Roger Petit, l’homme qui avait construit le Standard après la Seconde guerre mondiale, de feu Raymond Goethals, l’entraîneur de l’équipe championne (qui rebondira notamment à l’Olympique de Marseille); et les suspensions de multiples joueurs, du Standard et de Waterschei, obligés de s’exiler.

Pour un certain nombre d’entre eux, l’expérience sera assez lucrative. Pour d’autres, elle le sera moins. Pour Waterschei, un des bons clubs belges de l’époque, elle sonnera le glas du club, qui disparaîtra et renaîtra de ses cendres dans une fusion avec son voisin, Winterslag, pour former le RC Genk. Le club sacré champion de Belgique en mai dernier a lui-même connu des débuts discutables, puisque son érection a été rendue notamment possible par des fonds destinés à la reconversion de la région minière du Limbourg, mais l’affaire ne donnera pas lieu à des poursuites judiciaires.

Le Standard, lui, n’a pas été sanctionné: ni retrait de son titre, ni relégation. La Belgique n’est pas l’Italie, voyons, où la Juventus, elle, a bien subi cette double peine pour des faits similaires. Le football n’est pas le cyclisme non plus, où Lance Amrstrong s’est vu privé de ses six victoires dans le Tour de France, pour faits de dopage…

En vertu de cette jurisprudence, Malines a donc été maintenu au plus haut niveau de notre football, où il est ainsi officiellement licite d’acheter des rencontres, pourvu qu’on ne se fasse pas prendre la main dans le pot de confiture avant le 15 juin qui suit la compétition où on aura (mal) agi.

Tant qu’à faire, pour éviter aux nombreux supporters qui iront encore déposer leur écot aux guichets des stades, ou qui s’acquitteront de leur abonnement à une chaîne payante pour suivre les péripéties du championnat qui va bientôt commencer, ne serait-il pas plus simple de… déjà leur livrer le nom du prochain champion? Moyennant des réductions de tarifs s’entend?

Et l’Europe embraie

Sans trop de surprise, l’UEFA, l’Union européenne de football association, a donné ce mardi son feu vert pour la participation du Club Malinois, vainqueur de la coupe de Belgique, à la toute prochaine Europa League. Alea jacta est, la corruption n’est donc pas un obstacle à une participation à une compétition continentale. À se demander si l’une ou l’autre de ces compétitions, voire l’attribution de certains championnats d’Europe ou du monde n’auraient pas, eux aussi, fait l’objet «d’arrangements»….

Publicités

Il y a un an, un peu moins de 10 secondes de pur bonheur


Le temps passe tellement vite qu’on est tout surpris, à un an de distance, de retrouver plus ou moins les mêmes conditions météorologiques qu’en ce mythique 2 juillet 2018. Un 2 juillet 2018 que même l’amateur de football très modéré que je suis devenu n’oubliera vraisemblablement jamais, tant les émotions, symbolisées par le «Je l’ai dit, bordel!» devenu mythique, voire viral, de Philippe Albert, ont été fortes ce jour-là!

Rarement, sans doute -non, jamais à coup sûr – à l’image de tous les supporters des Diables Rouges (ou des «Rodje Djåles»), je n’avais connu pareilles émotions contradictoires au cours d’une rencontre de football. Émotions partagées avec des dizaines de milliers de supporters de l’équipe belge. Émotions que j’aurais voulu vivre avec toutes celles et tous ceux que j’ai côtoyés dans les stades, à l’époque où je les fréquentais. Émotions qui ont aussi été celles des commentateurs de la rencontre: avant l’exclamation de Philippe Albert, il y avait eu les interpellations énervées de Rodrigo Beenkens à l’égard du sélectionneur belge, Roberto Martinez: notre confrère s’en est élégamment excusé par la suite.

Le retournement de situation invraisemblable de ce soir-là a été, en quelque sorte, le «miracle de la Marne» du football belge.

Le troisième but des Diables Rouges, celui qui a crucifié le Japon footballistique, au point que de longues analyses télévisées y ont été consacrées, n’a pas d’égal, à ma connaissance, dans le football moderne: il s’écoule moins de dix secondes entre le moment où le gardien de but belge, Thibaut Courtois, relance le ballon, et celui où, propulsé par Nacer Chadli, il entre dans le but d’en face. Une illustration parfaite de l’aphorisme d’André Maurois «Le football est l’intelligence en mouvement», si souvent démenti dans les faits.

Le plus étonnant, c’est que, quand bien même l’issue est connue, la magie opère toujours, un peu comme quand on relit un roman policier en connaissant la solution de l’énigme, ou comme quand on revoit «La grande vadrouille» ou «Bossemans et Coppenolle» en riant toujours de répliques qu’on voit venir.

Un coup de blues? La vision du résumé de Belgique-Japon arrive toujours à le dissiper. Rassurant pour l’avenir!

Alors, à votre tour d’en profiter:

 

 

Rendez-vous en 2038 avec… le Grand Jojo


Pourquoi gâcher notre plaisir? Avouons-le, nous avons «eu bon» comme on dit chez nous, ce vendredi soir, avec cette victoire historique de la petite Belgique sur le grand Brésil. J’ai d’autant plus savouré personnellement qu’en début d’après-midi, en conversation avec un collègue, je me trouvais fort généreux en accordant 25% de chances de se qualifier aux Diables Rouges. Thierry Luthers, le Johnny Halliday de la RTBF, et encyclopédie du football contemporain, ne disait rien d’autre, en début de soirée, quand sur VivaCité (j’ai suivi la première demi-heure du match à la radio, en voiture, comme au temps lointain de mon enfance), il se basait sur sa raison pour annoncer un score de 4-2 en faveur des Auriverde.

Belgique-BrésilLes Diables Rouges nous ont donné tort à tous les deux, et il ne m’est sans doute jamais arrivé d’être aussi heureux d’avoir eu tort!

Ils l’ont fait parce qu’ils ont disputé un match parfait, et c’est une excellente nouvelle.

Une moins bonne nouvelle pour eux, maintenant, c’est que les voilà obligés de… répéter deux fois ce match parfait: une première fois ce prochain mardi, face à une France qu’il faudra «bouger», d’autant que, jusqu’ici, elle n’a pas été défavorisée par les dieux du foot: coup de réparation accordé après intervention du VAR lors de son premier match, alors qu’elle piétinait; complicité du gardien uruguayen qui coupe bras et jambes à ses coéquipiers ce vendredi.

Le grand défi, pour Roberto Martinez, qui prend de plus en plus des allures d’Aimé Jacquet en 1998, ne sera pas tellement de motiver son équipe pour ce match contre les Coqs: non seulement, il s’agit d’une demi-finale de coupe du monde, mais en plus, ce match est un véritable derby. Et par surcroît, des Diables (Hazard, Batshuayi, Meunier, même si celui-ci ne sera pas de la fête ce mardi), ont joué en Ligue 1, et, pour eux, il y aura aussi la volonté de se montrer devant le public qui a été le leur. C’est paradoxalement pour la… finale, le cas échéant, que l’entraîneur catalano-britannico-espagnol de l’équipe belge devra se montrer persuasif. Car il faut bien avouer que les adversaires potentiels actuels de l’autre groupe (Russie, Croatie, Suède et même Angleterre) n’ont tout de même pas le même «pep’s» que le Brésil ou la France!

Quelle que soit son issue, ce Mondial russe sera marqué, côté belge francophone, par le «Je l’avais dit, bordel!» de Philippe Albert, qui sera poursuivi par son exclamation comme le «Golgolgolgol» de Roger Laboureur, en 1986, l’a accompagné jusqu’à ce jour. Au point que le Grand Jojo l’a reprise, dans son hymne aux Diables pour cette campagne de Russie.

Comme, statistiquement, la Belgique arrive en demi-finales du Mondial tous les 32 ans, on peut donc déjà prédire qu’en 2038, voire en 2042, pour le Mondial qui se jouera sur la lune, le Grand Jojo reprendra ce «Je l’avais dit, bordel!» dans la chanson qu’il écrira alors pour les Diables rouges de cette époque. Oui, j’ai bien dit le Grand Jojo, car le bonhomme est increvable. Et je compte bien, alors, pour l’entendre. En espérant à nouveau «avoir bon» au spectacle de notre équipe nationale.

L’indécence de l’UEFA sans bornes: les «poppies» du souvenir à l’amende!


À l’instar des cons, à en croire la célèbre réplique de Michel Audiard, les indécents osent tout, et c’est même à cela qu’on les reconnaît: c’est la première réflexion qui m’est venue à la découverte de la nouvelle que la toute-puissante FIFA, la Fédération Internationale de Football-Association avait décidé d’infliger des amendes à la Fédération anglaise (45000 francs suisses), et à la Fédération écossaise (20000 francs suisses) de football. Pourquoi cette sanction? Les joueurs des deux équipes nationales ont eu l’audace, lors de leur confrontation, le 11 novembre dernier, de porter au bras un brassard à l’image du «poppy» (le coquelicot qui, dans tous les pays anglo-saxons, figure à toutes les boutonnières, pour rappeler le souvenir des soldats morts en 1914-1918), malgré l’avertissement qui leur avait été fait par la FIFA de s’abstenir.

poppyPire, la même FIFA -tant qu’à faire, elle aurait grand tort de s’arrêter en chemin- a ouvert des procédures disciplinaires similaires contre les Fédérations galloise et nord-irlandaise. Le lendemain, 12 novembre, lors de matches de qualification pour la prochaine coupe du monde en Russie, ce ne sont pas les footballeurs gallois, face à la Serbie, ou nord-irlandais, devant l’Azerbaïdjan, qui ont arboré le coquelicot du souvenir, mais les supporters le portaient dans les tribunes, comme ils l’ont toujours fait, à l’instar de leurs parents, leurs grands-parents, et leurs arrière-grands parents, aux premiers jours de novembre, depuis 1918 ou 1919. Au pays de Galles, circonstance sans doute aggravante aux yeux de la FIFA, ils l’ont même déployé sous forme d’un «tifo-mosaïque» du plus bel effet!

Pas vite gêné -mais pourquoi le serait-il?-  le président de l’instance de discipline de la FIFA, Claudio Sulser, a expliqué que «par ces décisions, notre intention n’est pas de juger ou de mettre en question des commémorations spécifiques: nous respectons au contraire pleinement la signification de pareils moments dans les différents pays, chacun avec sa propre histoire et son propre passé. mais la règle doit être appliquée de manière objective et neutre pour les 211 fédérations qui font partie de la FIFA. Et cette règle proscrit, entre autres, le déploiement de tout symbole politique ou religieux».

Mais qu’en termes choisis ces choses-là sont dites! Symbole politique le coquelicot des «Flanders fields»? Symbole qui, en tout cas, a été accepté jusqu’il y a peu, sans la moindre remarque par cette FIFA brusquement frappée par une impérieuse recherche de neutralité! Le «poppy» était perçu comme le souvenir de tous les malheureux emportés par la boucherie du premier conflit mondial. Oui, M. Sulser, un conflit mondial: il n’est pas question là de pays individuels, «chacun avec sa propre histoire et son propre passé».

Au cours de cette guerre qui devait être la «Der des ders», des footballeurs des toutes premières équipes nationales sont morts sur tous les fronts: Français, Allemands, Britanniques, Autrichiens, Russes, Serbes, Belges confondus. À l’instar de nombre d’autres sportifs, comme le Liégeois Marcel Kerff, sixième du tout premier tour de France.

Le «poppy» commémore aussi, dans la foulée, de tous ceux qui, trente ans plus tard, ont été broyés dans l’horreur du second conflit mondial, beaucoup d’entre eux mourant pour que survive la démocratie. Et donc la liberté d’exprimer son opinion, par exemple en déployant un coquelicot du souvenir, dans une tribune de football, par une grise soirée de novembre!

Si M. Sulser avait le moindre sens de l’Histoire, il aurait aussi pu se rappeler que les timides tentatives de fraternisation qui se sont déroulées sur le front franco-belge, à l’hiver de 1914, se sont parfois accompagnées de l’organisation de… rencontres de football entre soldat des armées ennemies. La lecture de la somme «Sur les traces de 14-18 en Wallonie» révèle qu’une de ces rencontres improvisées se serait déroulée aux environs de Ploegsteert…

Tout cela, bien sûr, est très très ancien. Cela remonte à une époque que les moins de… cent ans ne peuvent pas connaître. Celui d’un temps où le football commençait petit à petit à se démocratiser et à se répandre, mais où les fédérations nationales étaient le plus souvent dirigées par des messieurs au patronyme à rallonge. Pas nécessairement tous démocrates? Peut-être!

Mais les dirigeants actuels du foot mondial le sont-ils plus, eux qui sont soumis pieds et poings liés à la dictature de Sa Majesté le Fric?

Sepp Blatter a beau avoir été obligé de prendre la porte, les conditions dans lesquelles la Russie puis le Qatar ont obtenu l’organisation des prochains championnats du monde n’ont pas fait l’objet, et ne feront pas l’objet de la moindre remise en question. Il est bien plus simple, bien sûr, d’infliger des amendes à des fédérations qui osent commémorer de pauvres gars qui, embrigadés dans des causes qui les dépassaient, sont partis se faire massacrer. Tiens, là, par contre, rien n’a changé…

 

 

 

Le dédain du foot amateur… qui ne l’est plus


Que le Club Brugeois ou le Standard décroche la coupe de Belgique n’a, dans le fond, aucune espèce d’importance: le niveau de notre football, exception faite de l’équipe nationale qui sera confrontée à un sacré défi en France, où elle se présentera comme l’une des favorites au sacre européen, rend tout à fait anecdotique le succès de l’une ou l’autre de ces équipes. Quand la compétition continentale reprendra cours, en août prochain, le détenteur de la coupe nationale sera appelé plus que vraisemblablement à y faire de la figuration.

FootballCe qui n’est pas indifférent, par contre, c’est le total mépris affiché une nouvelle fois par la Ligue professionnelle, qui a programmé cette finale de coupe un dimanche à 16 heures. On aurait voulu un peu plus encore enfoncer les clubs amateurs qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Combien de supporters, en effet, ne choisiront pas de préférer le confort douillet de leur salon, pour suivre l’affrontement entre «Gazelles» et «Rouches», plutôt que d’aller endurer froidure et pluie, dans une tribune mal protégée, pour suivre une rencontre de provinciale qui prendra essentiellement lieu de partie de pousse-ballon, et démentira par là-même la qualification d’«intelligence en mouvement» qu’avait décernée Henri de Montherlant au ballon au pied?

Les multiples bénévoles qui se démènent pour assurer la survie des clubs de football amateur récrimineront donc à juste titre, au moins autant que les amateurs de foot pour qui cette finale de coupe, disputée avant le début des fantaisistes «play-offs», que le foot belge est le seul à proposer, et dont le déroulement sera nécessairement faussé par le résultat de cette finale. Si le Standard l’emporte, les «play-offs 2» seront tout simplement vidés de leur substance, puisque les Liégeois, qualification européenne en poche, n’auront plus aucune raison de se faire violence afin de forcer une place en finale de cette compétition particulière, pour, ensuite, tenter de décrocher un ticket européen contre le troisième, le quatrième, voire le cinquième des «play-offs 1». Mais si le Club Brugeois l’emporte, conformément à la logique sportive d’avant-match, quel intérêt aura-t-il encore à se faire mal, si, d’aventure, il se retrouve contre toute attente rapidement écarté de la course au titre?

Doit-on plaindre le football amateur pour la cause? Faudrait-il d’abord que son comportement soit irréprochable. Or, depuis janvier, les colonnes sportives des quotidiens ne sont remplies que d’annonces de transferts de joueurs dans la perspective de la prochaine saison! Peut-on dès lors croire qu’ils continueront à se livrer sans réserve pour leur club actuel?

Nous ne sommes pas naïf: de tout temps, même dans le football provincial, des joueurs ont été contactés en cours de saison, en vue de la conclusion d’un futur transfert. Mais à tout le moins, rien ne pouvait-il être conclu avant la très officielle période de transferts.

La pratique actuelle rompt avec l’hypocrisie de l’époque, nous dira-t-on? On pourrait entendre le raisonnement, si la pratique de rétributions en noir, déguisée par exemple sous forme de remboursements de frais, ne se perpétuait pas, comme à cette époque passée. Car ces transferts, désormais très tôt annoncés, se doublent de primes invraisemblables accordées aux footballeurs amateurs, par des présidents-mécènes, en mal de notoriété, et qui espèrent redorer leur blason en patronnant un club susceptible de décrocher un titre, fût-ce au plus bas niveau.

À la réflexion, c’est tout le foot, professionnel et amateur, qui est aujourd’hui bien malade. Raison de plus pour se désintéresser de cette finale de coupe: que le Club Brugeois ou le Standard de Liège l’emporte ne changera, dans le fond, rien à cette double dérive….