Le sursaut européen est venu


La semaine dernière s’est bien achevée pour l’Union Européenne: les partenaires de l’Eurogroupe ont trouvé, vendredi,  un accord avec le gouvernement grec.

Sommet Eurogroupe-Grèce (2)Le compromis, en apparence, est bon, puisque les deux parties ont pu en tirer une conclusion positive. Côté grec, le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a pu annoncer un «tournant dans la politique européenne». Tandis que le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, soulignait, lui, que les règles communautaires ont été préservées, «puisque un membre ne peut venir solliciter une aide financière en imposant ses vues à l’ensemble des partenaires qui ont la même légitimité démocratique que lui».

Quelle que soit la lecture qu’on puisse donner de l’accord, aux opinions publiques intéressées, l’essentiel est dans la conclusion de cet accord. Car il prouve que l’Union Européenne peut gérer les situations les plus délicates, au bénéfice de ses citoyens autant que de ses institutions: bien des Grecs, qui se réjouissaient d’avoir enfin un gouvernement qui ose négocier avec l’Europe, n’en redoutaient pas moins un échec, qui aurait eu des conséquences catastrophiques pour un grand nombre d’entre eux. Une crainte d’autant plus grande que ce gouvernement abordait l’Europe sans laisser entrevoir la moindre possibilité de concession.

rtr4oc3eL’essentiel est connu: l’aide financière à la Grèce est maintenue, et la Grèce obtient un délai de quatre mois pour peaufiner le programme de réformes qu’elle poursuivra en contrepartie. Dès ce lundi, le gouvernement grec, et son bouillant ministre des Finances, apporteront déjà des précisions sur la manière dont ces réformes vont s’amorcer dans le pays.

Les choses ne se poursuivront pourtant pas comme avant en Grèce. Car l’objectif budgétaire fixé au gouvernement d’Alexis Tsipras a été «raboté» de moitié: l’excédent qui est attendu de lui n’est plus que de 1,5 et non 3% du Produit Intérieur Brut. Cela lui dégage 1,5 milliard d’euros pour entamer les réformes qu’il a promises aux Grecs durant la campagne électorale. Tout en faisant face aux conditions qui encadrent l’indispensable aide européenne.

Tout n’est pas réglé avec l’accord de vendredi. Et quand Yannis Varoufakis explique qu’il s’agit d’un «premier pas», tout le monde en convient sans doute, mais n’a pas forcément la même conception que le ministre grec des Finances de la poursuite du cheminement. Il reste quatre mois aux uns et aux autres pour se mettre d’accord. Et quand on s’est fait confiance une fois….

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Les héritiers d’une tradition footballistique vieille de 116 ans


La com’ du RFC Liégeois avait bien travaillé, en fin de semaine dernière: plus personne ne pouvait ignorer que si les «Sang et Marine» l’emportaient sur le FC Huy, ils signeraient un onzième succès d’affilée, et qu’ils égaleraient ainsi un record établi, avant eux, par leurs lointains prédécesseurs de 1899, et leurs glorieux ancêtres de 1943.

C’est aujourd’hui chose faite: l’équipe de 2015 rejoint ainsi les vainqueurs définitifs de la «coupe du championnat», attribuée, au tout début de la compétition belge, à la première équipe qui décrocherait trois titres d’affilée (le trophée ayant été aussi rapidement acquis, la fédération belge de l’époque décida de ne plus le remettre en jeu, l’acquisition régulière d’une coupe dépassant sans doute ses moyens financiers), et la formation promotionnaire qui amorça, en pleine Seconde Guerre mondiale, une remontée qui a conduit le Club Liégeois à ses deux derniers titres nationaux, en 1952 et en 1953.

Promotion-D-Huy_RFC-Liege-04-10-2014-48-626x380Il «suffirait» donc à l’équipe actuelle, maintenant solidement en tête de la promotion D, d’ajouter une nouvelle victoire à sa belle série, le week-end prochain, pour établir un record qui ne sera sans doute pas près d’être égalé.

L’événement est bien sûr anecdotique: il ne fera pas l’actualité des médias sportifs du monde. Il n’en a pas moins une valeur symbolique, qui ne devrait pas intéresser que les sympathisants du plus vieux club wallon et francophone de Belgique, comme votre serviteur.

Que ce succès ait été remporté face au FC Huy est à cet égard significatif: si la pérennité du football a été assurée dans la Cité du Pontia, ce n’a a été qu’au prix de la fusion entre Huy Sports, et l’Union Hutoise, qui, faut-il le rappeler, a évolué avant la Seconde Guerre mondiale au niveau de la division II actuelle. Les clubs hutois n’ont pas été les seuls, loin de là, à devoir passer par une fusion pour pouvoir poursuivre leurs activités: Genk, au plus haut niveau, a chassé des mémoires Winterslag et Waterschei, tous deux clubs européens en leur temps; Zulte-Waregem a permis au club du Gaverbeek de renouer avec les sommets; Waasland-Beveren a uni deux moribonds, Beveren-Waas et Sint-Niklaas et Mouscron-Peruwelz, qui vient de retomber sur un siège à bascule, n’a survécu qu’au prix d’une fusion et de l’intervention financière du club voisin de Lille. Intervention qui va s’étendre en fin de saison, soit dit au passage, ce qui peut laisser. Ailleurs, c’est l’intervention de capitaux beaucoup plus exotiques qui, au Lierse, à Turnhout, ou à Eupen, a permis à des clubs de surnager tant bien que mal.

Le phénomène, faut-il le rappeler, n’est pas uniquement belge: Manchester City, Manchester United, Chelsea, le Paris-Saint-Germain, Barcelone et le Real Madrid, pour ne nommer que ceux-là, ne doivent qu’à l’arrivée de magnats de continuer à régner sur leur foot national et européen. Avec toutes les questions que ces dérives suscitent: j’ai déjà évoqué ici le transfert d’Eliaquin Mangala de Porto à Manchester City. Le club de Bastia a été sanctionné financièrement pour une banderole, brandie lors de la victoire des Corses sur le PSG, qui rappelait le rôle trouble du Qatar, propriétaire du club parisien, dans le financement du fondamentalisme islamiste.

RFCL 1899Le RFC Liégeois ne joue pas, loin de là, dans les mêmes divisions. Mais il n’empêche, avec leur victoire de ce dimanche, qui rappelle leur filiation directe avec les premiers footballeurs «rouge et bleu» de la fin du XIXeme siècle, ce n’est pas uniquement un succès sentimental qu’ils ont remporté. Ils ont démontré, à leur modeste niveau, qu’une autre voie est possible dans le football. Une voie essentiellement basée sur des valeurs, et l’attachement à des couleurs.

C’est cette voie que les clubs allemands ont depuis longtemps empruntée. Le Bayern, dont la suprématie pèse sur la Bundesliga, véhicule toujours le particularisme bavarois. Et la mauvaise fortune sportive, cette année, du Borussia Dortmund, ne l’a pas privé de son très large soutien populaire. Dois-je encore rappeler, aussi, les 30000 personnes récemment présentes au Tivoli d’Aix-la-Chapelle, pour un match au sommet de la division IV entre l’Alemania locale et le Rot Weiss Essen?

Il reste aux «Rouge et Bleu» actuels  à poursuivre leur chevauchée. Dès la prochaine rencontre, pour marquer définitivement l’histoire du club. En laissant les pontes de l’Union Belge et de la Ligue Pro préparer un championnat fermé à vingt clubs «pros», qui à force de se rencontrer, finiront par tuer tout l’intérêt sportif pour leurs prétendus affrontements.

Record battu

En battant Bertrix ce week-end, l’équipe 2014-2015 du RFC Liégeois est définitivement entré dans l’histoire sportive du club: sa série actuelle de 12 succès de rang n’avait jamais connu d’égale dans le passé. Et le mieux… c’est qu’elle n’est pas terminée!