Janvier crucial pour les Éditions de l’Avenir et pour le pluralisme de la presse quotidienne francophone belge


La fin de janvier marquera le début d’un nouvel épisode dans l’histoire tourmentée, depuis quelques années, des Éditions de l’Avenir: ainsi que son administrateur-délégué ad interim, Renaud Witmeur, l’a déclaré à la fois dans une interview et devant les administrateurs d’Enodia, à la fin décembre, Nethys va les mettre en vente.

Les Editions de l'AvenirCette opération rencontrera à la fois une demande mainte fois répétée du personnel du journal, et les exigences des parlementaires wallons: après s’être dégagée des quotidiens du sud de la France, dans des conditions qui demandent toujours à être éclaircies, et après avoir mis fin à l’expérience calamiteuse d’Ilico, un site d’info en ligne dont la finalité n’a jamais été clairement définie, la filiale de l’intercommunale Enodia, l’ex-Publifin, va se dégager de ses activités de presse en Belgique en remettant sur le marché non seulement les Éditions de l’Avenir, mais aussi L’Avenir Advertising, la société éditrice du toutes-boîtes publicitaire Proximag, et la société L’Avenir Hebdo, éditrice de Moustique et de Tele Pocket. La question qui reste en suspens est de savoir si cette vente sera globale, ou si elle se fera par appartements.

Pour autant, l’opération demande à être menée avec beaucoup de doigté, à la fois pour éviter de nouvelles pertes massives d’emplois, pour maintenir le pluralisme de la presse écrite quotidienne en Belgique francophone, et pour donner aux Éditions de l’Avenir des perspectives de développement dans un marché entamé méchamment par l’emprise publicitaire des GAFAM (Google, Amazone, Facebook, Microsoft) que le pouvoir politique européen devra tôt ou tard, et idéalement plus tôt que tard, frapper au portefeuille, en réaction à leur politique scandaleuse d’évasion fiscale.

Une vente d’entreprise s’accompagne en effet souvent de mesures de «rationalisation», comme on le dit pudiquement pour éviter la brutalité du terme «licenciements».

Le rude plan social dont les Éditions de l’Avenir viennent de sortir a durement frappé la rédaction, et sa finalité, comme nous l’avons déjà expliqué ici, n’était pas uniquement économique. Bien sûr, il s’agissait de ramener les finances de l’entreprise dans le vert, mais les licenciements ciblés auxquels l’opération a donné lieu, en dépité des démentis hypocrites exprimés par un management désormais déconsidéré, montraient bien que l’indépendance journalistique était également ciblée.

Ce plan social exécuté, d’autres rationalisations étaient envisagées, qui allaient frapper les secteurs administratif et commercial: des regroupements à Liège, siège de Nethys, étaient planifiés, et des emplois, inévitablement, allaient être sacrifiés dans l’opération.

Une vente des Éditions de l’Avenir, à quelque repreneur que ce soit, s’il s’agit d’un des deux autres groupes de presse quotidienne en Belgique francophone, débouchera inévitablement sur de tels doubles emplois. Ce n’est pas forcément le seul scénario envisageable: il y a cinq ans, personne n’attendait Tecteo dans un secteur, auquel d’autres investisseurs, belges ou étrangers, pourraient s’intéresser.

Mais restons dans l’hypothèse de reprise belgo-belge, sous forme de regroupement au sein du paysage médiatique francophone. Et  si c’est un repreneur plutôt que l’autre qui décroche la timbale, c’est sans doute à un bain de sang social qu’il faut s’attendre, dont non seulement les services administratif et commercial feront les frais, mais également la rédaction, à nouveau. Car la reprise postulera la fermeture immédiate ou à court terme de certaines des éditions régionales du groupe.

Un autre scénario de reprise se traduirait par des pertes d’emplois plus limitées, qui ne nécessiteraient pas nécessairement un plan social en tant que tel, et sur le papier, il présente l’avantage d’ancrer le pluralisme de la presse quotidienne francophone en Belgique, en favorisant sa recomposition en deux groupes de force plus ou moins égale. Mais le tableau n’est pas aussi idyllique qu’il en a l’air.

Il pose tout d’abord la question de la pérennité financière du nouvel ensemble ainsi créé, par l’adjonction au repreneur de partenaires financiers privés, qui en attendront peut-être un retour sur investissement rapide. Et il pose, malgré tout aussi, mais en termes différents, la question du pluralisme de la presse. Car la pratique qui existe déjà en son sein est celle d’un partage large d’informations, politiques économiques ou sportives, qui fait que deux quotidiens que tout séparait au départ ne s’expriment désormais plus que d’une seule voix.

CorelioUn parallèle vécu personnellement illustre le propos. Il y a quelques années, pour traiter de la politique aéroportuaire et du transport aérien, il y avait quelques journalistes spécialisés en Flandre, dont l’un travaillait pour le Nieuwsblad, au sein du groupe Corelio, dont faisaient partie à l’époque les Éditions de l’Avenir.

De l’eau a depuis lors passé sous les ponts de l’Escaut et de la Meuse. Corelio a revendu les Éditions de l’Avenir à Tecteo en 2013, et s’est mué en Mediahuis, qui regroupe le Standaard, le Nieuwsblad, la Gazet van Antwerpen, et le Belang van Limburg. Le confrère est resté, d’autres ont été sacrifiés dans l’opération. Et par la suite, ses articles ont non seulement été publiés dans les quotidiens jumelés, le Standaard et le Nieuwsblad, mais aussi dans les quotidiens anversois et limbourgeois. Selon son inspiration, ses préférences, ou ses convictions, son opinion sur quelque problème que ce soit, a ainsi prévalu dans la moitié de la presse néerlandophone. Sans que plus aucun débat ne s’y ouvre, par exemple sur le survol de la zone du canal à Bruxelles, sur le développement de Ryanair à Bruxelles-National, ou sur l’intégration de Brussels Airlines dans la Lufthansa.

Voilà les risques liés à la vente des Éditions de l’Avenir à la fin de ce mois. Une vente qu’il faudra donc entourer de garde-fous, pour limiter les impacts à la fois sur l’emploi, et sur le pluralisme de la presse.

Un contrefeu classique, dans le cas d’un rapprochement entre journaux complémentaires, pourrait être dans la conception de rédactions transversales, sportive, économique, culturelle, politique, sociale, etc. Des sujets pourraient être plus richement couverts par des rédactions ainsi renforcées, avec, selon le cas, des articles différents selon les titres qui s’adressent à des publics différents, ou, dans un nombre limité de cas, des articles identiques déclinés dans différents journaux. L’objection à pareille mise en place sera vraisemblablement économique, mais la résistance la plus importante sera plus probablement psychologique: elle obligera à faire travailler ensemble des journalistes qui ne sont pas jusqu’ici vraiment concurrents, mais qui travaillent dans des quotidiens à la personnalité marquée, et à qui il faudra apprendre à vivre et à penser en commun.

Une autre recette plus ancienne consiste en la création d’une Fondation, chargée de défendre l’esprit d’un quotidien.

La référence classique, en Belgique, est la Fondation Hoste, côté flamand, qui veille à ce que les développements du Laatste Nieuws respectent les idéaux libéraux des fondateurs. Pareille tâche est évidemment plus aisée dans un contexte d’expansion, où le quotidien qu’elle protège, joue un rôle moteur. Dans un contexte défensif, où des impératifs économiques seront opposés à toute velléité de défendre un périmètre maximal, elle risque très vite de faire long feu.

L’étude McKinsey, commandée en son temps par l’ancien ministre wallon de l’Économie et communautaire des Médias Jean-Claude Marcourt, aujourd’hui président malgré lui du Parlement wallon, ne peut non plus être ignorée. Le document recommandait une mutualisation des moyens pour l’ensemble des quotidiens francophones de Belgique. Le centre d’impression de Rossel à Nivelles, où sont déjà imprimés les quotidiens du groupe L’Avenir, pourrait jouer ce rôle… pourvu qu’il puisse assurer l’ensemble des tirages, alors qu’il est déjà au bord de la saturation. Et surtout qu’il sorte du giron du groupe de presse actuellement dominant en Belgique francophone.

Reste la solution originale, à laquelle le personnel des Éditions de l’Avenir s’est attelé depuis plusieurs mois: celle d’une coopérative associant ce personnel aux lecteurs du quotidien, à des investisseurs locaux ou régionaux, et à des spécialistes des médias.

Les administrateurs d’Enodia et de Nethys ont déjà convenu de donner un rôle crucial à cette coopérative dans un processus de vente qui, par là même, sortira des schémas classiques. Le personnel politique lui-même, et notamment la nouvelle ministre communautaire des Médias, a manifesté son intérêt pour une initiative qui, pour ancienne qu’elle soit par sa forme, ouvre peut-être une voie nouvelle pour assurer l’avenir de la presse écrite quotidienne en Belgique francophone. Et surtout pour lui permettre d’explorer de nouvelles pistes de développement.

Pour la découvrir: https://www.notreavenir.coop/devenir-cooperateur/ Tous les soutiens sont utiles. Dès la part de base, à 50 euros. La contribution requiert un effort, certes. Mais, au regard d’autres dépenses, elle reste bien modeste, non?

Décidément, il n’est pas de bon bec que de Paris


La vitalité d’Hélène Carrère d’Encausse, la célèbre historienne spécialiste de la Russie, mais surtout la secrétaire perpétuelle de l’Académie française, faisait plaisir à voir, samedi soir au «28 Minutes» d’Arte. À voir la manière pétillante dont cette nonagénaire s’exprime, on s’en prend à rêver à la jeunesse éternelle. Et puis, elle a fait au cours de cette émission une annonce qui semblait enfin annoncer que la vénérable Académie était entrée au XXIeme siècle: son célèbre Dictionnaire est désormais accessible en ligne, et modernité oblige, le site qui l’héberge permet de vérifier les variations de la signification des mots au fil des siècles: toutes les versions du dictionnaire de l’Académie sont en effet ainsi disponibles.

Le wallon vu par l'AcadémiePlein de curiosité, je me suis donc rendu ce dimanche sur le site du célèbre Dictionnaire, dont la consultation se fait par recherches de mots, et non par un défilé de pages. Et j’ai testé un adjectif que je connais bien: wallon. Hélas, hélas, hélas, comme le disait le général de Gaulle en condamnant le putsch du «quarteron de généraux» à Alger, j’ai bien dû constater qu’au quai Conti, on ramène toute la francophonie à l’Hexagone, et que, pour immortels qu’ils soient, les Académiciens souffrent décidément de myopie!

Or donc, pour ces éminences, le wallon ne serait qu’un «dialecte français».

Qu’en termes peu choisis cette chose-là est dite. Et quelle ignorance. Le wallon n’est pas un «dialecte» et encore moins un «dialecte du français», c’est une langue romane, issue du latin au même titre que le roumain, l’italien, l’espagnol, le portugais ou… le français. Comme l’a un jour très joliment dit Julos Beaucarne, le chanteur et poète wallon, le wallon est «le latin venu à pied du fond des âges».

Sa grammaire et son vocabulaire diffèrent fondamentalement du français, même si la méconnaissance malheureusement croissante du wallon font qu’il se «francise» de plus en plus. Mais tout de même, les francophones, de France, de Navarre, ou d’ailleurs, pourraient-ils comprendre des mots comme «språtchi, «pirlotche», «ète», «fawe» ou «si dispièrter» (*)?

Au moins, ce dernier mot serait-il probablement compris en Espagne, où quelqu’un qui se réveille… se desperta!

Il n’est de bon bec que de Paris, disait-on jadis. Il semble bien qu’aujourd’hui, les becs parisiens ont perdu de leur sens du goûter.

La remarque vaut sur le plan culturel.

Mais à l’heure où certains professent des thèses rattachistes en assurant que la Wallonie, le cas échéant, recevrait à coup sûr un traitement réservé lors de son intégration dans la République française, il y a là comme qui dirait un sérieux bémol qui se profile.

(*) Pour les «non-Wallonophones»: «écraser»; «chaire de vérité»; «cimetière»; «hêtre»; «se réveiller»

Avons-nous mérité cette « Elisabethmania »?


ElisabethLes aficionados de la famille royale auront passé toute leur matinée à regarder ou écouter les émissions spéciales, dégoulinantes de guimauve, consacrées par les chaînes publique et privée à l’anniversaire d’Elisabeth, fille aînée du couple royal, dont plus personne ne peut sans doute ignorer qu’elle célèbre son dix-huitième anniversaire, et qu’elle devient donc majeure.

Celles et ceux qui ne sont pas sensibles à cette brusque et un peu surannée « Elisabethmania » n’ont donc eu de choix que de se tourner vers les chaînes étrangères, pour échapper à l’ambiance empesée qui a marqué un événement autrement festif, pour tous les autres jeunes de cet âge, dont la préoccupation première est souvent de passer leur examen de permis de conduire, afin de marquer leur autonomie.

Cette préoccupation n’est sans doute pas première pour la jeune princesse. D’abord parce que d’autres responsabilités l’attendent… peut-être. Et puis parce que si elle veut se déplacer, des chauffeurs sont sans doute à sa disposition.

Quitte à doucher l’enthousiasme des commentateurs plus royalistes que le roi, il faut pourtant rappeler qu’il est un peu prématuré de décrire cette jeune personne comme « future reine des Belges ». Car, d’ici à son accession à la responsabilité éventuelle de cheffe d’Etat, bien des choses peuvent se passer. La plus dramatique, que nous n’évoquerons quà titre indicatif, serait qu’elle disparaisse avant son père, le roi Philippe. Idée sacrilège? Les contrats d’assurance sur la vie sont remplis d’hypothèses de ce type.

D’autres contingences pourraient empêcher son accession au trône de Belgique. La première, serait… qu’il n’existe plus de Belgique. Les partis indépendantistes flamands ne sont pas loin d’arriver ensemble à la moitié des sièges au Vlaams Parlement. Si un jour, ils l’atteignent, on ne donnerait plus cher du cordon sanitaire, qui tient le Vlaams Belang à l’écart de toute forme de pouvoir depuis bientôt trente ans. Rien ne dit non plus que l’indépendance de la Flandre l’emporterait, lors d’un référendum du type de celui qui s’est déroulé jadis au Québec, naguère et peut-être bientôt en Ecosse, et que la Catalogne n’a pu organiser de manière ordonnée.

Une autre hypothèse serait que la Belgique… ne soit plus une monarchie. « La Belgique a besoin de monarchie comme de pain », a souvent répété l’historien émérite liégeois, Francis Balace, fasciné par la monarchie belge, citant un aphorisme prononcé au XIXeme siècle. Mais la Belgique de plus en plus fédérale n’a plus rien à voir avec la Belgique unitaire des débuts, et qui sait, un jour, Flandre, Wallonie, plus Région bruxelloise et Région germanophone, pourraient décider d’un mode d’organisation de l’Etat sur le modèle de la Yougoslavie de Tito, avec une présidence de la République tournante?

Foutaises que tout cela? Peut-être. Comme l’hypothèse qu’Elisabeth, le jour venu, renonce au trône. Ou qu’on découvre dans son passé un élément l’empêchant d’accéder à la fonction de chef d’Etat. Du style fraude fiscale à grand échelle, adhésion à un parti rattachiste, ou autre cause dirimante.

Reste enfin la conjonction d’éléments (Elisabeth survit à son père, ou vit au moment de son abdication éventuelle; la Belgique existe toujours et est toujours une monarchie; la princesse est prête à assumer la fonction; et aucun obstacle ne se dresse sur sa route): voilà pourquoi on devrait dire qu’elle est non pas la « future reine des Belges« , mais la « future reine présomptive des Belges« . Tant il est vrai que, comme l’avait dit Albert Camus, « mal nommer les choses, c’est aujouter au malheur des gens ».

Des ministres moins nombreux… et donc moins efficaces?


La politique n’a pas bonne presse, et ce n’est pas l’épisode du ministre-président flamand, Jan Jambon, occupé à jouer sur son smartphone pendant le débat d’investiture de son équipe, qui aidera à lui rendre quelques lettres de noblesse. Mais généralement, à peine en fonction, nos excellences sont accusées de manquer d’efficacité, de ne pas respecter leurs engagements, voire de dilapider l’argent public.

Une critique populiste et récurrente à leur égard est qu’ils sont trop nombreux. Et, du coup, la tendance générale, depuis quelques années, est à une réduction du nombre de ministres. Et, comme le nombre de domaines à gérer, lui, reste invariable, cela entraîne la multiplication du nombre d’attributions dans le chef de chaque ministre.

Le tout, alors, est de tenter de donner une cohérence à chaque fonction ministérielle. Au Le gouvernement wallonniveau wallon, on s’y est attelé avec plus ou moins de bonheur. Par exemple en regroupant l’Économie et le Commerce extérieur dans le portefeuille de Willy Borsus. Y ajouter l’Agriculture peut encore se comprendre, même si en soi, elle aurait peut-être mérité un ministre à temps plein. Mais ne doit-on pas craindre que l’Innovation numérique et l’Aménagement du territoire soient les parents pauvres de ce ministère?

Dans le chef de Philippe Henry, le Climat et l’Énergie ont une certaine cohérence, et, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, il n’est pas illogique d’y ajouter la Mobilité et les Infrastructures. Mais n’est-ce pas trop pour un seul ministre?

Finances et Budget se tiennent, dans les mains de Jean-Luc Crucke. Il a conservé le portefeuille des Aéroports, soit. Lui restera-t-il du temps pour les Infrastructures?

Pierre-Yves Dermagne semble moins «noyé» mais la responsabilité des Pouvoirs locaux ne se suffisait-elle pas à elle-même? On ne voit pas son rapport direct avec le Logement.

Emploi, Formation, Action sociale et Égalité des chances réunies dans les mains de Christie Morreale, la complémentarité paraît parfaite. Mais la Santé, en plus, n’aurait-elle pas mérité un(e) ministre à temps quasi plein?

Valérie De Bue gérera sans doute le Tourisme et le Patrimoine en parallèle. Mais la Fonction publique lui en laissera-t-elle le temps? Et la Sécurité routière ne cadrerait-elle pas mieux avec la Mobilité, voire l’Aménagement du territoire?

Céline Tellier, venue de la société civile, paraît paradoxalement la mieux lotie, avec des domaines d’activité (Environnement, Nature, Bien-Être animal et Rénovation rurale) qui s’harmonisent parfaitement.

Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le plus simple est d’aller vérifier sur place (http://www.federation-wallonie-bruxelles.be/index.php?id=composition-gouvernement): à part Caroline Désir, en charge de l’Enseignement, la liste des compétences de chacun(e) des ministres, y compris du ministre-président libéral Pierre-Yves Jeholet, s’apparente à un bric-à-brac où un chat ne retrouverait pas ses jeunes. Alors la cohérence? Ou la capacité de tout gérer?

Le phénomène a traversé la frontière linguistique, où la donne se complique, puisque Communauté et Région y sont fusionnées, et que le nombre d’attributions évolue donc à la hausse.

Le ministre-président Jan Jambon cumule ainsi sa fonction avec celle de responsable des Affaires étrangères,  et de la Cooopération au développement mais il est aussi en charge de la Culture, et de l’Innovation. Il lui faudra se multiplier!

Hilde CrevitsPrivée de l’Enseignement, Hilde Crevits a en charge l’Économie et l’Emploi, deux solides portefeuilles, mais aussi l’Agriculture. L’Économie sociale peut s’inscrire en complément de l’Économie, mais où lui restera-t-il du temps pour gérer l’Innovation?

Bart SomersBart Somers paraît plus favorisé avec les Affaires intérieures, l’Intégration et l’Égalité des chances. La Gestion générale (la Fonction publique?) s’inscrit plutôt en complément.

ben-weytsLa N-VA voulait l’Enseignement et l’a obtenu pour Ben Weyts. C’est déjà un énorme portefeuille en soi. Le Sport en plus? Waarom niet, mais le Bien-Ȇtre animal risque de ne pas lui absorber énormément d’énergie. On en dirait autant de la Périphérie bruxelloise… s’il ne s’agissait pas d’un ministre nationaliste. Mais alors, n’est-ce pas le Sport qui trinquera?

zuhal-demiZuhal Demir a reçu la Justice… qui n’est pas régionalisée. Cela lui laissera du temps pour s’occuper d’Environnement et d’Énergie. Mais ne devra-t-elle pas accorder une priorité au Tourisme?

Wouter BekeBien-Être, Santé publique, et Famille cadrent bien avec le programme démocrate-chrétien du président en partance, Wouter Beke. La Lutte contre la pauvreté sûrement aussi. Restera à trouver du temps pour chacun des domaines.

matthias-diependaeleComme Jean-Luc Crucke en Wallonie, Matthias Diependaele (N-VA) aura en charge le Budget et les Finances, deux attributions que l’on sépare dans bien des gouvernements. Le Logement et le Patrimoine immobilier pourraient en souffrir.

Lydia PeetersSa collègue libérale Lydia Peeters est plus choyée: Mobilité et Travaux publics se conjuguent parfaitement.

Benjamin DalleQuant à Benjamin Dalle (CD&V), Bruxellois, il reçoit Bruxelles dans ses attributions… mais Bruxelles a un gouvernement.  Il devrait donc pouvoir gérer en parallèle la Jeunesse et les Médias.

Mettre fin aux cabinets ministériels

Faut-il donc en revenir à plus de ministres? La cohérence des compétences et un souci de bonne gestion le voudraient. Mais alors, dépenser plus d’argent? Une solution de bon sens serait de remplacer les cabinets «politiques» composés d’obligés des ministres en place par des cabinets techniques, composés de fonctionnaires déplacés de l’administration, dont le salaire est tout de même à charge des finances publiques. Mais le problème, peut-être, serait alors de remplacer ces fonctionnaires, par nature de rang supérieur, pendant la durée de leur détachement?

La question mérite sans doute débat. Mais la multiplication des attributions dans le chef des ministres, pour répondre de manière primaire à une revendication populiste, n’est manifestement pas une solution opportune.

La politique réservée à des intégristes?


Le Premier ministre canadien, en campagne électorale, est sans doute condamné à s’excuser vingt fois par jour jusqu’au jour du scrutin. Ou alors devra-t-il se vêtir d’un sac de jute, se couvrir la tête de cendres, et partir à pied jusqu’à Saint Jacques de Compostelle?

Car, dans sa jeunesse, Justin Trudeau a commis un crime irréparable : il s’est plus d’une fois grimé le visage en noir. Tantôt pour incarner Aladin, tantôt le chanteur noir américain Harry Belafonte.

Dix-huit ans plus tard, ces photos et vidéos ressortent avec la complicité, hélas, d’un magazine américain, Time, que je n’imaginais pas tomber aussi bas dans la stigmatisation politique.

Aussitôt la fièvre s’empare de la société et du monde politique canadien. Les leaders de l’opposition, dont l’un, au parti néo-démocrate, est issu de la minorité sikhe, stigmatise le racisme de Justin Trudeau. Et ce dernier, plutôt que d’envoyer au Caire tous ses contempteurs, se confond en excuses, se disant « déçu par lui-même », admettant que lui n’a jamais été victime de discrimination raciale et qu’il comprend aujourd’hui l’ampleur de sa faute,etc. etc

Et qu’importe si, dans sa fonction, il a prôné sans relâche le multiculturalisme et l’accueil des migrants, qu’importe s’il a nommé des ministres issues des minorités, le voilà condamné sans appel. « Quand on a été raciste en 2001, on l’est toujours en 2019 » a asséné le chef du parti conservateur.

Que des hommes et femmes politiques soient parfois rattrapé(e)s par des délits commis avant d’arriver aux fonctions qu’ils et elles occupent fait partie des risques du métier. Tantôt il est question de pots de vin encaissés, tantôt de la présentation de diplômes jamais obtenus: ces faits relèvent de l’application de la loi, et il est normal, s’ils ne sont pas prescrits, de les poursuivre. La justice, heureusement, aujourd’hui, à moins de déférence pour le pouvoir qu’elle n’en a éventuellement eu dans le passé et, sous l’angle de la démocratie et de l’assainissement des mœurs politiques, on ne s’en plaindra pas.

Dans le cas de Justin Trudeau, on n’est pas dans ce cas de figure, car les faits qu’on lui reproche ne sont pas légalement condamnables. Et surtout, on regarde une nouvelle fois le passé avec des lunettes du présent où le politiquement correct s’impose de plus en plus comme une censure insidieuse et impitoyable.

Certes, on peut considérer aujourd’hui que feu Fernandel stigmatisait les gays quand il chantait « Zizi » dans les années 50-60 et faisait s’écrouler de rire ses fans, et que cet humour était et est inapproprié voire insultant. La reprendre aujourd’hui serait inconvenant à tout le moins, voire punissable. Mais feu un Pierre Desproges qui s’interrogerait aujourd’hui sur la présence de Juifs dans son public s’exposerait à une campagne de dénonciation et de stigmatisation sur la toile.

Le Web charrie le meilleur et le pire. Il permet de débusquer des comportements inappropriés de puissants. Mais il porte aussi le risque d’une mise à l’index beaucoup plus inquiétante que celle de l’Église catholique aux XVe et XVIe siècles.

Et, pour en revenir à Justin Trudeau, pour lequel je n’ai ni sympathie, ni antipathie, ne doit-on pas le juger sur la politique qu’il a menée plutôt que sur ses blagues de potaches de jeune adulte?

Quand tous les dégoûtés seront partis, il ne restera que les dégoûtants, dit un célèbre aphorisme politique. Il ne faudrait pas que demain la politique soit réservée à des intégristes déshumanisés qui, pour paraphraser Laubadermont, (« Qu’on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme de France, et j’y trouverai de quoi le faire pendre ») se saisiront, à l’ère d’Internet, d’une phrase,d’une photo ou d’une vidéo, pour exécuter politiquement leurs opposants. Et mettre fin à toute pensée libre ou décalée

Stéphane Moreau parti, que subsistera-t-il de Nethys?


 

Ainsi donc, le départ de Stéphane Moreau, l’administrateur-délégué de Nethys, réclamé en vain depuis trois ans par l’autorité wallonne, serait prochain, si on doit en croire les confidences de Pierre Meyers, le président du conseil d’administration de la société au Soir de ce jour?

Cette sortie de scène avant que les nouvelles procédures envisagées, après examens et débats d’usage, par le Parlement wallon et par Pierre-Yves Dermagne, le tout nouveau ministre régional des Pouvoirs locaux, ne puissent arriver à leur terme, correspondrait assez au personnage, qui se croit ou se sait hors d’atteinte. Une forme de pied de nez ultime…

Mais surtout, avec les révélations en chaîne des offres liantes conclues pour la vente du réseau VOO au fonds d’investissement états-unien Equity Providence et pour celle de WIN, la filiale de Nethys en charge des nouvelles technologies à la société Ardentia Tech créée ensuite par François Fornieri, administrateur de Nethys, qui en a confié la gestion quotidienne à Stéphane Moreau dans un parfum de double conflit d’intérêts; après l’annonce de la cession prochaine d’Elicio, la filiale « Énergies nouvelles » de Nethys à un consortium formé de John Cockerill, ci-devant CMI et… Ardentia Tech à nouveau, puis avec les récentes envisagées de la compagnie d’assurance L’Intégrale –peut-être à DKV, mais la piste d’un rapprochement avec APICIL, mutualité française déjà actionnaire de L’Intégrale, est évoqué par Nethys- et in fine le dégagement de Nethys des Éditions de l’Avenir (une décision qui ne désolerait pas leurs rédactions), c’est à un nettoyage industriel par le vide que le patron de Nethys semble occupé essentiellement pour l’instant.

Une fois cette coquille vide, et NewCo1, où est actuellement logée la marque VOO tranformée en instrument financier, sur le mode de Finanapart, dont la suppression vient d’être décidée, il n’aurait évidemment que peu de raisons d’y rester.

Reste l’ironie des commentaires des responsables politiques qui défendaient naguère sa gestion malgré ses errements en plaidant que la direction du câble wallon restait en Wallonie alors que celle du câble flamand était depuis longtemps entre mains états-uniennes. Et, si nous étions échevin des Finances d’une commune liégeoise, des questions nous tarauderaient sur l’usage qui a été fait des investissements réalisés à l’époque lointaine où l’Association Liégeoise d’Électricité était dirigée par des responsables pénétrés de l’idée de l’initiative publique. Et qui en investissant dans la câblo-distribution il y a un demi-siècle, étaient encore bien plus visionnaires qu’ils ne le pensaient

Retrait prudent

Un rebondissement: Stéphane Moreau a annoncé son retrait de la structure d’Ardentia Tech. Manière d’écarter définitivement tout soupçon de conflit d’intérêt, malgré les assurances données en la matière par le président du conseil d’administration de Nethys, Pierre Meyers? Ce dernier a pourtant donné toutes les assurances que les dispositions du Code des entreprises ont été respectées, sous le regard d’éminents avocats.

Mais reste peut-être une forme de délit d’initiés. L’infraction ne touche qu’à des sociétés cotées (la désormais ex-patronne de Proximus en fait l’expérience pour l’instant), mais il n’empêche, dans les opérations annoncées, il doit y avoir eu comme une distorsion de concurrence: au moment où le conseil d’administration de Nethys a décidé de vendre les filiales concernées, un de ses administrateurs a pu les racheter avant que la mise en vente ne soit officiellement annoncée. D’autres amateurs potentiels se sont depuis lors fait connaître, et on estimé que le prix de vente de ces filiales était sous-estimé. On attendra les avis des experts mandatés par le conseil d’administration d’Enodia, puis un éventuel débat au Parlement wallon, pour savoir le fin mot de cette histoire.

La reprise en main de la rédaction de «L’Avenir» s’annonce

La reprise en main de la rédaction de «L’Avenir» s’annonce


À la fin juillet dernière, l’administrateur-délégué des Éditions de l’Avenir réaffirmait sa conviction que Nethys, l’actionnaire du quotidien, «tiendrait tous ses engagements» à son égard.

Tous? Les promesses d’investissement qui ont convaincu les permanents syndicaux, il y a quelques mois, à marquer leur accord sur un plan social drastique, en cours d’application, tardent à se matérialiser. Par contre, les craintes exprimées par la rédaction, d’une reprise en main destinée à la priver de son indépendance rédactionnelle, viennent de prenre une nouvelle dimension avec le recrutement, annoncé en ce début août, par le conseil d’administration du journal.

Annonce recrutement (1)A priori, cette annonce rencontre une revendication fondamentale de la rédaction, répétée à de nombreuses reprises depuis le début du conflit qui l’oppose à son actionnaire.

Ce conflit, pour rappel, a débuté il y a plus d’un an, avec la désignation d’un directeur des rédactions, qui était apparue comme une manière, pour Nethys, de contourner un accord sur l’indépendance rédactionnelle, qui l’obligeait à consulter la rédaction, pour assurer le remplacement de Thierry Dupiéreux. Le rédacteur en chef, lassé des pressions dont il faisait l’objet et qui avaient eu des conséquences négatifs sur sa santé, avait fini en effet par jeter l’éponge…

 

Les représentants légitimes des journalistes – délégués de l’Association des Journalistes Professionnels (AJP) et mandataires de la Société des Rédacteurs (SDR), dont les mandats respectifs avaient été reconduits l’année précédente- avaient vainement protesté cette dérive, et réclamé le retour à une direction de la rédaction execée par un(e) rédacteur/trice en chef qui bénéfie de leur confiance.

S’en est alors suivie une très longue négociation avec la direction, qui voulait baliser les fonctions du/de la rédacteur/trice en chef et du directeur des rédactions, ce à quoi la SDR et l’AJP n’étaient pas opposées, pourvu que les prérogatives de la rédaction en chef soient maintenues.

Cette négociation a été émaillée d’incidents majeurs, comme, récemment, l’interdiction faite aux délégués de l’AJP et de la SDR de se réunir durant leurs heures de services; d’utiliser les outils de l’entreprise pour s’adresser à leurs membres, ou encore les entraves mises à l’intervention de la secrétaire générale de l’AJP dans les locaux de la rédaction. D’où la grève qui a empêché la parution du journal pendant une journée en juillet, puis une nouvelle manifestation des journalistes auprès des politiques wallons, lors de l’inauguration de la dernière Foire de Libramont.

Au début août, on croyait possible le retour de la sérénité, prôné par la direction mais démenti par ses actes, avec un quasi accord sur les définitions de fonction, et l’annonce du recrutement imminent du/de la rédacteur/trice en chef.

Annonce recrutement (2)Las, à peine l’annonce publiée, il faut bien le constater: le but de la manœuvre est de remettre au pas une rédaction de «L’Avenir», coupable d’avoir couvert avec trop d’indépendance les débats suscités au Parlement wallon par les dérives de la gestion de Nethys.

Si la desciption de fonction mentionne effectivement le rôle de «garant de l’indépendance de la rédaction des Éditions de l’Avenir», de la future ou du futur rédacteur/trice en chef de «L’Avenir», la demande qui lui est faite de «revoir les conventions rédactionnelles existantes» limite la portée de cet engagement.

Car en fait de «conventions rédactionnelles», on pense immédiatement à la convention sur l’indépendance rédactionnelle, dont on devine que l’actionnaire voudrait se débarrasser au plus tôt. Ou la convention salariale, qu’il s’est efforcé en vain d’ignorer lors de la négociation du récent plan social. Sachant bien que des journalistes moins bien rémunéré(e)s sont plus exposé(e)s à la pression.

Autre critère interpellant: la limitation de l’accès à la fonction à des candidat(e)s qui peuvent «faire valoir une expérience réussie de minimum 10 années dans une fonction identique dans le milieu de la presse» restreint singulièrement le champ de recrutement dans le paysage médiatique francophone. Car on imagine mal une rédactrice en chef ou un rédacteur en chef flamand débarquer à la tête d’un groupe de presse wallon, quand bien même son administrateur-délégué et son directeur général soient issus tous deux du nord du pays, avec les méthodes de gestion qui y président.

On se gardera bien de préjuger le choix qui sera finalement opéré, mais si l’on considère  les candidat(e)s potentiel(le)s dans notre petite presse d’héroïsme, il en est un qui remplit les critères, Thierry Dupiéreux, dont on devine d’emblée qu’il n’aura pas spécialement envie de se replonger dans le marasme qu’il a connu. Du côté de La Libre, ou du Soir, il existe peut-être l’un(e) ou l’autre candidat(e) qui pourrait correspondre au profil, mais à la réticence, peut-être de se perdre «en province», s’ajoutera-t-il sans doute une hésitation à se jeter dans pareille pétaudière, sans aucune assurance… d’avenir, puisque la revente du pôle TelCo de Nethys, dont font partie les Éditions de l’Avenir, font partie.

Annonce recrutement (3)À cela s’ajoute le fait que le délai laissé pour poser sa candidature (la fin de ce mois, alors que l’offre de recrutement est publiée en plein milieu des vacances d’été!), et les responsables à qui les actes de candidature doivent être adressés.

L’administrateur-délégué et le président du conseil d’administration, quoi de plus normal, nous direz-vous? Rien, sans doute. Mais alors, pourquoi avoir laissé au directeur général le soin de négocier pied à pied le contenu des définitions de fonction, si ce n’est pour enfumer la rédaction? Et surtout, pourquoi avoir limité au 30 août la validité de l’annonce?

De tout cela, il semble clairement ressortir que l’annonce est taillée sur mesure pour Michel Marteau, administrateur de L’Avenir Hebdo, conseiller de Stéphane Moreau (qui a, mais en vain, tenté naguère de l’imposer à la tête de Nice Matin) et surtout ancien rédacteur en chef de La Dernière Heure-Les Sports, puis du Soir Magazine, puis, plus récemment de Sud-Presse. Ce qui, par un «heureux hasard», lui fait plus de dix ans d’exercice de la fonction requis par l’annonce.

Seul petits bémols: c’est d’une «expérience réussie» qu’il est question. Et on demande au/à la candidat(e), de privilégier le «travail en équipe» et la « concertation».

Ce n’est pas vraiment en ces termes que nous avons entendu parler de la gestion des rédactions que Michel Marteau a dirigées au cours de ces dernières années.

Au contraire, c’est plutôt le soulagement des consœurs et des confrères concerné(e)s qui nous est parvenu, au moment où leur rédacteur en chef leur annonçait son départ.

À titre personnel, je me souviens par exemple de la réaction énergique qu’avait dû avoir l’AJP, que Je présidais encore, pour l’empêcher de procéder au licenciement pour faute grave du chef d’édition de La Dernière Heure-Les Sports à Liège, simplement parce que ce dernier lui avait objecté, que seul à la rédaction en fin d’année, il ne lui était pas possible de partir au débotté pour la Suisse, pour enquêter sur la chute en montagne d’une jeune gamine flamande qui s’était gravement blessée.

Pour la période où il a dirigé Sud-Presse, le bilan est statistique: entre 2012 et 2018,  101 des 239 plaintes adressées au conseil de déontologie journalistique ciblaient le groupe dirigé par Michel Marteau.

Nethys massacre L'Avenir à coups de marteauQue l’on ne se méprenne pas: chaque plainte n’a pas débouché sur un avis négatif de l’instance de régulation de la presse belge.

Mais la fréquence même des plaintes, ou leur nature (respect de la vérité; respect de la vie privée; méthodes loyales pour obtenir l’information, etc.) , et la liste des avis négatifs qui ont été rendus témoignent à suffisance du manque d’égard manifesté, alors, par Michel Marteau pour les prescrits déontologiques de la presse belge et internationale.

En ces temps où n’importe qui se prétend journaliste sur le Web, et où la seule chance pour les journalistes professionnel(le)s est de défendre la qualité de l’information qu’ils/elles fournissent, pour assurer leur avenir (ce n’est pas pour rien que le récent congrès de la FIJ à Tunis, que j’ai eu l’honneur de présider, a actualisé l’antique «Déclaration des devoirs et des droits» des journalistes), il y a là, si notre soupçon que l’offre de recrutement a été rédigée pour ne pouvoir correspondre qu’à une seule candidature, de quoi encore plus s’inquiéter pour le devenir des Éditions de l’Avenir, et pour l’indépendance de leur rédaction.

Et le dessin publié à la une du 16 février dernier – celle du «numéro pirate» (sic) qui a tant irrité l’actionnaire – pourrait se révéler ainsi… doublement prophétique.

La rentrée risque donc, une nouvelle fois, d’être chaude à «L’Avenir», où on observera avec intérêt l’évolution des négociations entre PS, Ecolo, et MR pour la formation d’une nouvelle majorité wallonne. En leur rappelant la motion unanime du Parlement, qui, en novembre 2018, postulait la sortie des Éditions de l’Avenir du giron de Nethys.

Il serait urgent de la concrétiser, car la confiance des lecteurs risque de s’éroder de plus en plus. Surtout s’ils sont témoins de la remise au pas redoutée…