Décidément, il n’est pas de bon bec que de Paris


La vitalité d’Hélène Carrère d’Encausse, la célèbre historienne spécialiste de la Russie, mais surtout la secrétaire perpétuelle de l’Académie française, faisait plaisir à voir, samedi soir au «28 Minutes» d’Arte. À voir la manière pétillante dont cette nonagénaire s’exprime, on s’en prend à rêver à la jeunesse éternelle. Et puis, elle a fait au cours de cette émission une annonce qui semblait enfin annoncer que la vénérable Académie était entrée au XXIeme siècle: son célèbre Dictionnaire est désormais accessible en ligne, et modernité oblige, le site qui l’héberge permet de vérifier les variations de la signification des mots au fil des siècles: toutes les versions du dictionnaire de l’Académie sont en effet ainsi disponibles.

Le wallon vu par l'AcadémiePlein de curiosité, je me suis donc rendu ce dimanche sur le site du célèbre Dictionnaire, dont la consultation se fait par recherches de mots, et non par un défilé de pages. Et j’ai testé un adjectif que je connais bien: wallon. Hélas, hélas, hélas, comme le disait le général de Gaulle en condamnant le putsch du «quarteron de généraux» à Alger, j’ai bien dû constater qu’au quai Conti, on ramène toute la francophonie à l’Hexagone, et que, pour immortels qu’ils soient, les Académiciens souffrent décidément de myopie!

Or donc, pour ces éminences, le wallon ne serait qu’un «dialecte français».

Qu’en termes peu choisis cette chose-là est dite. Et quelle ignorance. Le wallon n’est pas un «dialecte» et encore moins un «dialecte du français», c’est une langue romane, issue du latin au même titre que le roumain, l’italien, l’espagnol, le portugais ou… le français. Comme l’a un jour très joliment dit Julos Beaucarne, le chanteur et poète wallon, le wallon est «le latin venu à pied du fond des âges».

Sa grammaire et son vocabulaire diffèrent fondamentalement du français, même si la méconnaissance malheureusement croissante du wallon font qu’il se «francise» de plus en plus. Mais tout de même, les francophones, de France, de Navarre, ou d’ailleurs, pourraient-ils comprendre des mots comme «språtchi, «pirlotche», «ète», «fawe» ou «si dispièrter» (*)?

Au moins, ce dernier mot serait-il probablement compris en Espagne, où quelqu’un qui se réveille… se desperta!

Il n’est de bon bec que de Paris, disait-on jadis. Il semble bien qu’aujourd’hui, les becs parisiens ont perdu de leur sens du goûter.

La remarque vaut sur le plan culturel.

Mais à l’heure où certains professent des thèses rattachistes en assurant que la Wallonie, le cas échéant, recevrait à coup sûr un traitement réservé lors de son intégration dans la République française, il y a là comme qui dirait un sérieux bémol qui se profile.

(*) Pour les «non-Wallonophones»: «écraser»; «chaire de vérité»; «cimetière»; «hêtre»; «se réveiller»

Donald Trump préside-t-il le Standard?


 

Le président des États-Unis, Donald Trump, dont on connaît la haine qu’il a pour les journalistes indépendants occuperait-il également le fauteuil présidentiel au Standard de Liège ? C’est la question que je me pose, non à voir la cravate qu’il arbore, mais depuis que j’ai découvert, hier, la censure que le club de Sclessin impose depuis plusieurs mois aux journalistes de l’hebdomadaire Sport Magazine qu’il ne tolère plus que, contraint et forcé, dans La tribune de presse de son stade. Mais au-delà, désormais, les dirigeants du club refusent tout contact, avec eux-mêmes ou avec les joueurs, à qui ils interdisent même de répondre à des journalistes de Sport Magazine en-dehors du périmètre du stade, piétinant au passage la liberté d’expression de leurs salariés comme ils méprisent une nouvelle fois la liberté de la presse.

Le Standard de Liège est en effet un multirécidiviste en la matière. Il y a un quart de siècle environ, c’est un excellent confrère de « La Dernière Heure-Les Sports » qui avait été frappé des mêmes interdits imbéciles. Malheureusement pour les dirigeants « rouches » de l’époque, le gaillard savait se défendre et au bout de moins d’un mois, avec le soutien de ses confrères, il forçait la levée de cette sanction professionnelle.

Sport Magazine a été lui-même plus d’une fois victime de la vindicte du Standard de Liège, ou d’autres clubs professionnels, dont le Sporting de Charleroi sauf erreur de ma part. Là aussi, la solidarité professionnelle avait pu faire rapporter ces mesures… et aussi les sponsors du Sporting, inquiets de voir que les quotidiens ne publiaient plus des photos des Zèbres que s’ils ne jouaient pas au Mambourg.

À chaque fois, le prétexte invoqué est identique: les journalistes ont osé écrire quelque chose qui ne plaisait pas à la direction du club. Car c’est bien connu, les journalistes, sportifs en l’occurrence, ne sont bienvenus que quand ils passent une brosse à reluire, qui, au Standard de Liège, sert souvent à l’égard d’un vice-président-entraîneur, même quand il raconte n’importe quoi. Par exemple en reprochant à un adversaire réputé moins fort que son équipe d’avoir eu le front de prendre des précautions défensives. Voire, quand une équipe ne se laisse pas vaincre par les « Rouches » de reprocher à ses joueurs d’avoir mis trop d’engagement dans la conquête du ballon.

Ce qui inquiète, ici, c’est que le président du Standard de Liège est un homme d’affaires qui a réussi. D’accord, ce n’est pas un signe de largeur d’esprit, si on s’en réfère à l’ex-patron d’une société toujours provisoirement actionnaire du journal qui (air connu) m’emploie et ne me rémunère pas suffisamment à mon goût, et qui est par ailleurs un des sponsors du sport liégeois en général, du Standard de Liège en particulier.

Ce n’est tout de même pas une raison pour subir une forme de censure interdite depuis 1831 par l’article 25 de la Constitution, et qu’on ne s’autoriserait pas dans d’autres secteurs du journalisme, comme par exemple le journaliste politique. Du moins pas sans dommages: depuis qu’il a boycotté la plupart des médias francophones, l’image de Bart De Wever s’est dégradée en Wallonie. À l’inverse, un Théo Francken s’est moqué des attaques dont il faisait l’objet et a ainsi réussi à devenir un des hommes politiques (hélas) les plus populaires en Wallonie.

Une dernière chose: dans le passé , comme dit plus haut, la solidarité professionnelle a ramené à la raison les dirigeants de clubs les plus bornés. S’étiolerait-elle chez les consœurs et confrères sportifs? L’attaque récente, peu confraternelle, du rédacteur en chef de Sport Magazine, contre les journalistes qui avaient obtenu une interview du président du Standard de Liège, et dont il supposait qu’ils lui avaient au préalable soumis leurs questions n’a pas aidé à la susciter, évidemment.

L’association des journalistes sportives ne pourrait-elle toutefois intervenir? Voire les autorités politiques, notamment liégeoises, puisqu’elles sont sollicitées pour assurer l’ordre lors des rencontres de football?

Un combat à reprendre pour la liberté de la Presse


Il est des combats dont il ne faut jamais croire qu’ils sont définitivement gagnés: le combat pour la liberté de la Presse est de ceux-là! Paradoxe dans un pays qui, depuis l’origine, proclame dans sa Constitution que «la presse est libre» et que «la censure ne pourra jamais être établie»? Hélas, hélas, hélas, comme le disait Charles de Gaulle en évoquant le putsch des généraux félons à Alger, en 1962, il faut bien constater, ces derniers temps, que, y compris chez nous, l’année 2019 a été marquée par un recul de la liberté de la presse.

Péril pour la liberté de la presseLe signe le plus évident en est la nécessité ressentie par nos collègues flamands de la Vlaamse Vereniging van Journalisten (VVJ) de créer, sur leur site, un point d’alerte pour toute violence faite aux journalistes.

En six mois, c’est une douzaine de faits qui ont été signalés à l’union professionnelle des journalistes flamands. On n’en est, pour l’instant, qu’à des menaces physiques ou de l’intimidation, comme lors d’une manifestation d’extrême-droite contre le Pacte de Marrakech sur l’immigration, en début d’année. Ou lors d’un procès de Hells Angels devant un tribunal correctionnel limbourgeois. Mais il y a aussi ce fermier qui détruit l’appareil photo d’un correspondant de presse qui, à distance, venait de prendre des images de l’incendie d’une de ses étables. Ou la police qui menace de saisir les images d’un cameraman de télévision, qui filmait les lieux d’un accident de circulation, en respectant le périmètre de sécurité imposé.

L’Europe a connu quelques cas tristement célèbres d’assassinats de journalistes. Sur l’île de Malte, plus de deux ans après l’explosion de sa voiture qui lui a coûté la vie, les assassins présumés de Daphné Caruna-Galizia ne sont pas encore jugés, et leurs commanditaires ne sont pas connus. En Slovaquie, l’assassinat de Jan Kuciak et de sa fiancée a déclenché une vive réaction populaire qui a conduit à la démission du Premier ministre et à un renversement de majorité. Leurs assassins ont été démasqués, et les commanditaires mafieux de leurs assassinats sont connus. En Roumanie par contre, la précipitation avec laquelle l’assassinat de Viktoria Marinovna a été qualifié de crime purement sexuels laisse subsister bien des soupçons.

En Italie, j’ai eu le privilège douloureux de rencontrer des journalistes qui vivent sous protection policière permanente, après les menaces de morts proférées contre eux par la Mafia. Et le monde entier a appris avec horreur, il y a quelques semaines, les détails de l’assassinat de Jamal Kashoggi, au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul.

Rien de tout cela chez nous et dans les pays voisins, me direz-vous? Il y a un an, rappelez-vous, des journalistes belges et des journalistes français étaient menacés, et parfois molestés, par des «gilets jaunes» qui les jugeaient par définition hostiles. En Catalogne, des journalistes ont été victimes de violences policières, et d’autres ont été attaqués par des militants indépendantistes.

En Allemagne, où j’ai assissté récemment au congrès d’un des deux grands syndicats de journalistes, le Deutscher Journalisten Verband (DJV), le rapport annuel a évoqué le refus opposé par l’Alternativ für Deutschland à la présence de journalistes au congrès ce ce parti d’extrême-droite. Tandis que d’autres voix réclamaient une meilleure protection des sources journalistiques. Une protection des sources, qui, comme l’a posé la Cour européenne des Droits de l’Homme, est la «pierre angulaire de la liberté de la presse».

Presse locale, non merci!

Les médias locaux exclus de la visite du Secrtaire d'EtatUn autre cas flagrant de censure a été dénoncé ce week-end par la section bavaroise du DJV, le BJV (Bayerischer Journalisten Verband) après le véto opposé par les autorités (états-unienne? allemandes? états-uniennes et allemandes?) à la présence de journalistes du quotidien régional Der Frankenpost, lors de la visite, à Mödlareuth, du secrétaire d’État états-unien, Mike Pompeo, et du ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas (SPD). Seul était autorisé, dans le sillage des deux excellences, un pool télévisé, composé de représentants de la ZDF (chaîne publique), et de RT L (chaîne privée). L’idée étant, on l’imagine, de diffuser des images de cette visite, mais de ne donner à personne l’occasion de poser des questions au secrétaire d’État et à son hôte. Et aussi sans doute une forme de mépris à l’égard de la presse locale? L’incident a en tout cas suscité une réaction d’un député SPD de la région. Klaus Adelt s’est dit choqué par le fait que cette mise à l’écart s’est produite «le jour même où on célèbre la liberté d’opinion et la liberté de la Presse» et qu’en plus, «elle est incompatible avec la Constitution qui proclame la liberté de la Presse et la liberté d’informer».

Des notions également ignorées des autorités turques,  qui maintiennent en détention des dizaines de jouralistes turcs , sous l’accusation fallacieuse d’appartenance à une mouvance subversive: depuis près de dix ans, la Turquie se révèle la plus grande prison pour journalistes d’Europe, voire du monde!

De son côté, la Maison-Blanche a retiré leurs accréditations à des journalistes russes travaillant pour des médias que le président français, Emmanuel Macron, a qualifiés d’officines de propagande. Et dans la foulée le président russe, Vladimir Poutine, a pris une mesure similaire à l’égarde de journalistes étrangers, qualifés «d’agents de l’étranger». Quant aux journalistes russes travaillant en Ukraine ou aux journalistes ukrainiens actifs en Russie, on devine le sort qui leur est réservé.

Je rappellerai enfin le combat mené depuis plus d’un an par la rédaction d’un journal qui m’emploie et ne me rémunère pas assez à mon goût, pour garantir son indépendance par rapport à une direction qui n’a pas hésité à procéder à des licenciements ciblés et à procéder à un lock-out, pour tenter de la faire plier.

Et que dire, dans le même ordre d’idées, des pressions exercées par le nouveau ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA) sur la VRT, pour que la chaîne publique de radio-télévision cesse sa «propagande» sur le réchauffement climatique et qu’elle offre la parole à des «climato-sceptiques»? Et la suppression, évoquée dans un autre billet de ce blog, des subsides à l’investigation journalistique indépendante?

La piqûre de rappel est sérieuse, et tou(te)s les journalistes doivent en être conscient(e)s: la défense de leur liberté est leur affaire, en tout premier lieu. Et s’ils/elles ne la défendent pas eux/elles-mêmes, personne ne le fera à leur place!

 

Paradoxe: le gouvernement flamand s’en prend à sa propre Culture


Loin de nous l’idée de comparer Jan Jambon au leader des Jeunesses hitlériennes, Baldur von Schirach. Mais de même que ce triste sire avait paraphrasé une réplique de la pièce Schlageter, créée en 1933, où un étudiant nazi s’écriait « Quand j’entends le mot Culture, j’enlève le cran d’arrêt de mon Browning », se référant à l’inanité de promotion culturelle dans un pays occupé, le nouveau ministre-président (N-VA) flamand pourrait déclarer que quand il entend le mot Culture, il «sort son « croc à phynances » » (Alfred Jarry).

Jan Jambon champion au jeuC’est que les dernières nouvelles venues du nord du pays font douter que la Culture figure bien parmi les attributions de l’ancien ministre fédéral de l’Intérieur, grand amateur de vidéo comme l’a démontré le débat sur sa déclaration de politique régionale au Vlaams Parlement (cf. un billet antérieur sur ce blog): l’annonce de la réduction de 8,47 à 3,39 millions (-60%) des subsides culturels flamands a mis en ébullition tout le secteur culturel flamand.

Jan Jambon n’est pas le seul ministre à sabrer de la sorte dans des subsides culturels: juste avant cette annonce forte, c’est le tout frais émoulu ministre flamand des Benjamin DalleMédias, Benjamin Dalle (CD&V), qui ava!t annoncé la suppression pure et simple du soutien public au Vlaams Journalistiek Fonds, une initiative lancée l’année dernière par son prédécesseur libéral et bruxellois Sven Gatz, qui l’avait dotée de 550000 euros, pour promouvoir l’enquête journalistique.

Le Vlaams Journalistiek Fonds était (est) une initiative commune du Département flamand de la Culture, de la Jeunesse et des Médias, de la Vlaamse Vereniging van Journalisten (VVJ) et de l’asbl Journalismfund.eu.

Cette dernière asbl est une initiative privée vieille d’une vingtaine d’années: elle portait à l’origine le nom de Fonds Pascal Decroos pour l’investigation journalistique. Elle avait été créée en souvenir d’un journaliste flamand décédé le 2 décembre 1997 à l’âge de 33 ans.  Depuis 1998, elle a distribué 3304987 euros en soutien à 671 projets, menés par 852 journalistes. Elle a sans doute inspiré le Fonds créé plus tard en Communauté française pour stimuler une investigation journalistique de plus en plus délaissée par les directions des médias, au sud comme au nord du pays.

Auparavant aussi, il y avait eu l’annonce d’une réduction drastique des moyens attribués à la VRT, doublées d’une injonction faite à la radio-télévision publique flamande de promouvoir le «canon flamand», entendez l’identité flamande.

Il y a donc un singulier paradoxe, dans le chef du nouveau gouvernement flamand, d’exiger une promotion de la Culture flamande, en lui retirant l’essentiel de son soutien financier. Comme s’il était possible de faire plus en en faisant moins?

À moins que le propos ne soit de concentrer les  maigres subsides restants sur des projets bien précis, comme l’a laissé entendre Jan Jambon? Tout cela paraît décidément cousu de câble blanc: on devine déjà quels projets et quelles institutions culturelles bénéficieront du soutien de ce gouvernement hyper-nationaliste. D’autant que l’investigation journalistique indépendante, elle, s’est simultanément vu pratiquement couper les ailes.

Cette situation relève aussi d’une certaine  ironie, si l’on s’en réfère à l’histoire du mouvement flamand, soutenu par des Fonds, d’inspiration chrétienne, libérale, et socialiste (Davidsfonds, Vermeleynfonds, Willemsfonds), dont l’activité principale était de soutenir la Culture flamande menacée par l’expansion du français. Pour rappel, la réforme constitutionnelle de 1970, qui a lancé le processus de fédéralisation du pays, satisfaisait la revendication flamande de création de Communautés culturelles. Et elle avait été précédée de la campagne flamingante contre l’université catholique francophone de Louvain, coupable de répandre et d’illustrer la Culture française, sur le Heilige Vlaamse grond.

Près de cinq décennies plus tard, c’est l’autorité flamande elle-même qui rompt le cou à cette autonomie culturelle. Ce n’est pas forcément rassurant, car la Culture, par essence, favorise la diversité des opinions. Et les milieux culutrels sont souvent contestataires. Est-ce cela qui inquiète tant Jan Jambon?

Avons-nous mérité cette « Elisabethmania »?


ElisabethLes aficionados de la famille royale auront passé toute leur matinée à regarder ou écouter les émissions spéciales, dégoulinantes de guimauve, consacrées par les chaînes publique et privée à l’anniversaire d’Elisabeth, fille aînée du couple royal, dont plus personne ne peut sans doute ignorer qu’elle célèbre son dix-huitième anniversaire, et qu’elle devient donc majeure.

Celles et ceux qui ne sont pas sensibles à cette brusque et un peu surannée « Elisabethmania » n’ont donc eu de choix que de se tourner vers les chaînes étrangères, pour échapper à l’ambiance empesée qui a marqué un événement autrement festif, pour tous les autres jeunes de cet âge, dont la préoccupation première est souvent de passer leur examen de permis de conduire, afin de marquer leur autonomie.

Cette préoccupation n’est sans doute pas première pour la jeune princesse. D’abord parce que d’autres responsabilités l’attendent… peut-être. Et puis parce que si elle veut se déplacer, des chauffeurs sont sans doute à sa disposition.

Quitte à doucher l’enthousiasme des commentateurs plus royalistes que le roi, il faut pourtant rappeler qu’il est un peu prématuré de décrire cette jeune personne comme « future reine des Belges ». Car, d’ici à son accession à la responsabilité éventuelle de cheffe d’Etat, bien des choses peuvent se passer. La plus dramatique, que nous n’évoquerons quà titre indicatif, serait qu’elle disparaisse avant son père, le roi Philippe. Idée sacrilège? Les contrats d’assurance sur la vie sont remplis d’hypothèses de ce type.

D’autres contingences pourraient empêcher son accession au trône de Belgique. La première, serait… qu’il n’existe plus de Belgique. Les partis indépendantistes flamands ne sont pas loin d’arriver ensemble à la moitié des sièges au Vlaams Parlement. Si un jour, ils l’atteignent, on ne donnerait plus cher du cordon sanitaire, qui tient le Vlaams Belang à l’écart de toute forme de pouvoir depuis bientôt trente ans. Rien ne dit non plus que l’indépendance de la Flandre l’emporterait, lors d’un référendum du type de celui qui s’est déroulé jadis au Québec, naguère et peut-être bientôt en Ecosse, et que la Catalogne n’a pu organiser de manière ordonnée.

Une autre hypothèse serait que la Belgique… ne soit plus une monarchie. « La Belgique a besoin de monarchie comme de pain », a souvent répété l’historien émérite liégeois, Francis Balace, fasciné par la monarchie belge, citant un aphorisme prononcé au XIXeme siècle. Mais la Belgique de plus en plus fédérale n’a plus rien à voir avec la Belgique unitaire des débuts, et qui sait, un jour, Flandre, Wallonie, plus Région bruxelloise et Région germanophone, pourraient décider d’un mode d’organisation de l’Etat sur le modèle de la Yougoslavie de Tito, avec une présidence de la République tournante?

Foutaises que tout cela? Peut-être. Comme l’hypothèse qu’Elisabeth, le jour venu, renonce au trône. Ou qu’on découvre dans son passé un élément l’empêchant d’accéder à la fonction de chef d’Etat. Du style fraude fiscale à grand échelle, adhésion à un parti rattachiste, ou autre cause dirimante.

Reste enfin la conjonction d’éléments (Elisabeth survit à son père, ou vit au moment de son abdication éventuelle; la Belgique existe toujours et est toujours une monarchie; la princesse est prête à assumer la fonction; et aucun obstacle ne se dresse sur sa route): voilà pourquoi on devrait dire qu’elle est non pas la « future reine des Belges« , mais la « future reine présomptive des Belges« . Tant il est vrai que, comme l’avait dit Albert Camus, « mal nommer les choses, c’est aujouter au malheur des gens ».

En Cataluña, los extremos se combinan


El día después de la manifestación del monstruo -¿unos 565.000? – de los independientes catalanes, este viernes, la situación sigue siendo confusa en Cataluña. Y el dimisionario Primer Ministro socialista, Pedro Sánchez, se encuentra atrapado entre dos extremos, que quieren empujarlo a la culpa: la extrema derecha pide la detención del Presidente de la Generalitat, Quim Torra; el Partido Popular, cuya enorme responsabilidad por el deterioro de la situación en Cataluña hay que recordar, pide el establecimiento de un estado de emergencia o la suspensión de las autoridades catalanas…. y es probable que los independentistas no quieran más que uno u otro.

Manifs à BarceloneMientras tanto, el callejón sin salida continúa. No bastará con que los independentistas catalanes salgan a la calle para revocar las escandalosas sentencias de sus dirigentes encarcelados y de los condenados a duras penas de prisión. Y de la misma manera, es difícil ver cómo puede volver la calma.

Una ley que permite el encarcelamiento de representantes electos por « rebelión » o « sedición » no tiene cabida en el arsenal legislativo de un país democrático. Los líderes independentistas condenados también fueron acusados de malversación de fondos públicos, es decir, de la organización de un referéndum considerado ilegal: esta acusación no puede utilizarse en ningún caso para justificar condenas de este tipo.

Pero como en cualquier sociedad democrática, el poder judicial es independiente del poder político, y no le corresponde al gobierno de Sánchez anular esta sentencia, que los condenados pueden y van a impugnar, hasta el Tribunal Europeo de Derechos Humanos. Esta es la forma normal de avanzar.

Lo que podría proponer el ministro de Justicia español, a través de la fiscalía, es la puesta en libertad de los representantes detenidos, ya sea en libertad condicional, amnistía o indulto. Pero tal medida parece difícil de tomar en el contexto actual, porque parece estar dando paso a la ley de la calle.

La cuestión ahora es cómo salir de ella. Y así saber cómo llegamos allí, sin detenernos en el pasado.

  • La responsabilidad del Partido Popular en la deriva de Cataluña ha vuelto a ser subrayada este fin de semana por el Secretario General del PSOE. Lo remitió al gobierno de Rajoy, y a la forma en que gestionó la situación derivada del referéndum organizado, más allá de su propio mandato, por el gobierno de Carles Puigdemont en 2017. La responsabilidad del PP debe retroceder en el tiempo, hasta el momento en que el gobierno socialista de José Luis Zapatero canceló el estatuto de autonomía concluido con los autonomistas catalanes, antes de los gobiernos de derechas. La aplicación de este estatuto quizás lo habría hecho, porque no podemos rehacer la Historia evitando el estancamiento actual.
  • Los independientes catalanes también tienen una gran responsabilidad en el deterioro de la situación. ¿Tenemos que recordar que si obtuvieron la mayoría en dos ocasiones en el Parlamento de Cataluña, a través de un proceso electoral inteligente, nunca obtuvieron la mayoría en las urnas? Celebrar un referéndum sobre la independencia en 2017 en este contexto fue abusar del mandato que se les había dado. Lo sabían bien; habían anticipado correctamente la reacción del gobierno de Rajoy, que no hacía más que reforzar sus posiciones. La combinación de los extremos les ha beneficiado especialmente.
  • Este referéndum celebrado en este contexto no tuvo ninguna posibilidad de dar un resultado claro. Podría hacerlo tanto más cuanto que la campaña electoral que la precedió, como la campaña de Brexit en el Reino Unido, nunca abordó problemas fundamentales, sino que se centró en argumentos sentimentales, como « los Catalanes no son apreciados por los Españoles », o « los Catalanes fueron oprimidos bajo el franquismo ». Este último punto es indiscutible… pero los Catalanes, o Vascos, no son los únicos que fueron oprimidos por el franquismo. Y, como recordatorio, dos generaciones nos separan de la muerte de Caudillo, que murió en 1975. Cuarenta y cuatro años después de la Segunda Guerra Mundial, los países europeos, que habían sufrido bajo la ocupación nazi, se regocijaban con los Alemanes por la caída del Muro de Berlín, anunciando la reunificación de las dos Alemania.
  • Además, al igual que en la campaña electoral de Brexit, esta campaña electoral en Cataluña estuvo marcada por mentiras dirigidas a los votantes. Las dos principales eran decir que Cataluña pasaría automáticamente a formar parte de la Unión Europea, y que su moneda sería el euro. Aunque no haya razón para negar a una Cataluña independiente el acceso a Europa, debería, como cualquier otro país candidato, pasar por un proceso de adhesión más o menos largo. Y, en principio, el euro no podría ser su moneda mientras tanto.
  • El conflicto catalán es un choque entre dos nacionalismos: el catalanes y el nacionalismo español. Las primeras víctimas son los Catalanes antiindependentistas, que, por el momento, no se atreverían a expresar su opinión, fuera de la nostalgia del franquismo, cuyos saludos fascistas no pueden reducir a los Catalanes antiindependentistas a militantes de extrema derecha. Como dijo Josep Borrell, el próximo comisario europeo español y catalán: « Los independientes catalanes niegan la’Catalanidad’ de los antiindependentistas catalanes ».
  • Este tipo de nacionalismo es insidioso y común: se es un mal catalán si no se es independiente, al igual que en Flandes se es un mal flamenco si se postula la preservación de Bélgica.
  • La similitud entre el nacionalismo catalán y el nacionalismo flamenco -no es casualidad que Carles Puigdemont esté apoyado por el N-VA, en su dorado exilio en Waterloo-, o con las posiciones de la Lega en Italia (que originalmente era una Lega Nord, hay que recordarlo), es el egoísmo de una región rica, que ya no quiere contribuir a los mecanismos nacionales de solidaridad. Todos estos movimientos nacionalistas están fuertemente marcados en la extrema derecha, incluso en la extrema derecha, incluso en Cataluña, donde el espectro independiente va de la extrema izquierda a la extrema derecha.
  • La manifestación de intolerancia está contenida en el proyecto de Constitución catalana, presentado por la coalición Junts pel Si, formada por todos los partidos independentistas catalanes antes de las elecciones regionales de 2015. Las disposiciones contra la discriminación, se jactaban, fueron tomadas totalmente del Convenio Europeo de Derechos Humanos. Sólo un criterio había desaparecido de la transcripción: el de…. la lengua. Esto, en la práctica, suscitó el temor de que los catalanes de habla hispana se convirtieran rápidamente en ciudadanos catalanes de segunda clase. 

Para salir de ahí, las elecciones previstas para el 10 de noviembre en España deben celebrarse primero normalmente en Cataluña como en cualquier otro lugar. Esta puede ser una oportunidad para volver a verificar las fuerzas involucradas.

A largo plazo, los Catalanes deben tener derecho a celebrar un referéndum sobre su independencia, como han hecho los Quebequenses en dos ocasiones, o como han hecho los Escoceses. Pero sólo podemos aceptar que para estos referendos tan esenciales gañe una mayoría simple del 50% más un voto, porque esto equivale a crear dos bandos opuestos, como es el caso por el momento en Cataluña.

Para estos referendos se requerirá una mayoría significativa e indiscutible de al menos el 60% de los votos. Esto podría lograrse mediante una doble cerradura: el 75% de los votantes y el 75% de los votos a favor entre los votantes. Esto equivale a un total del 56,25% de los votantes.

¿Incapaz de alcanzar? Este es un reto para aquellos que apoyan un referéndum de este tipo.

¿Antidemocrático? Nadie lo afirmó cuando la Unión Europea fijó un umbral del 55 % para que el referéndum de Montenegro se separara de Serbia. Este umbral fue alcanzado, y la separación fue suave.

Cuando las reglas del juego se conocen de antemano, no se puede afirmar que el juego está distorsionado. ¿Excepto estar de mala fe?

Por el momento, la insurrección que continúa en Cataluña recuerda el discurso profético de despedida del difunto François Mitterrand ante el Parlamento Europeo. « El nacionalismo, recordó, es la guerra. »

Traducción realizada con el traductor http://www.DeepL.com/Translator

 

En Catalogne, les extrêmes se conjuguent


Au lendemain de la manifestation monstre – quelque 565000? – des indépentantistes catalans, ce vendredi, la situation reste confuse en Catalogne. Et le Premier ministre socialiste démissionnaire, Pedro Sanchez, se trouve pris entre deux extrêmes, qui souhaitent tous deux le pousser à la faute: l’extrême-droite réclame l’arrestation du président de la Generalitat, Quim Torra; le Parti populaire, dont il faut rappeler la responsabilité énorme dans la dégradation de la situation en Catalogne, postule l’instauration de l’état d’urgence ou la suspension des autorités catalanes… et les indépendantistes ne souhaitent sans doute rien tant que l’une ou l’autre hypothèse.

Manifs à BarceloneDans l’attente, l’impasse se poursuit. Il ne suffira pas aux indépentantistes catalans de descendre dans la rue pour faire annuler les condamnations, scandaleuses, de leurs leaders emprisonnés et condamnés à de lourdes peines de prison. Et de la même manière, on voit mal comment le calme pourrait revenir.

Une loi qui permet l’incarcération de représentants élus pour «rébellion» ou pour «sédition» n’a pas sa place dans l’arsenal législatif d’un pays démocratique. Les leaders indépendantistes condamnés étaient aussi prévenus de détournement de fonds publics, soit l’organisation d’un référendum considéré comme illégal: ce chef d’accusation ne peut en aucun cas valoir des condamnations de ce type.

Mais comme dans toute société démocratique, le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir politique, et il n’appartient pas au gouvernement Sanchez de renverser cet arrêt, que les condamnés peuvent et vont contester, jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme. C’est la voie normale à suivre.

Ce que le ministre espagnol de la Justice pourrait proposer, par l’intermédiaire du parquet, c’est une sortie de prison des mandataires détenus, soit sous forme de liberté conditionnelle, soit après amnistie ou grâce. Mais pareille mesure semble difficile à prendre dans le contexte actuel, car cela reviendrait à paraître céder à la loi de la rue.

La question, désormais, est de savoir comment en sortir. Et donc de savoir comment on en est arrivé là, sans s’arrêter au passé.

  • La responsabilité du Parti populaire dans la dérive de la Catalogne a encore été soulignée ce week-end par le secrétaire général du PSOE. Il l’a fait remonter au gouvernement Rajoy, et à la manière dont il a géré la situation née du référendum organisé, au-delà du mandat qui était le sien, par le gouvernement de Carles Puigdemont en 2017. On doit faire remonter la responsabilité du PP plus loin dans le temps, à l’époque où il a fait annuler le statut d’autonomie conclu avec les autonomistes catalans, avant les gouvernements de droite, par le gouvernement socialiste de Jose-Luis Zapatero. La mise en oeuvre de ce statut aurait peut-être, parce qu’on ne peut pas refaire l’Histoiren évité l’impasse actuelle.
  • Les indépentantistes catalans ont également une responsabilité énorme dans la dégradation de la situation. Faut-il rappeler que s’ils ont obtenu deux fois, par un habile découpage électoral, une majorité en sièges au Parlement catalan, jamais ils n’ont obtenu une majorité en voix dans les urnes? Organiser dans ce contexte un référendum sur l’indépendance, en 2017, était abuser du mandat qui leur avait été confié. Ils le savaient pertinemment; ils avaient correctement anticipé la réaction du gouvernement Rajoy, qui ne faisait que renforcer leurs positions. La conjonction des extrêmes leur a surtout bénéficié.
  • Ce référendum organisé dans ce contexte n’avait aucune chance de donner un résultat clair. Il le pouvait d’autant moins que la campagne électorale qui l’a précédé, à l’instar de la campagne sur le Brexit au Royaume-Uni, n’a jamais abordé des problèmes de fond, mais s’est concentrée sur des arguments sentimentaux, du type «Les Catalans ne sont pas appréciés des Espagnols», ou «Les Catalans ont été opprimés sous le franquisme». Ce dernier point est incontestable… mais les Catalans, ou les Basques ne sont pas les seuls à avoir été opprimés par le franquisme. Et, pour rappel, deux générations nous séparent de la mort du Caudillo, mort en 1975. Quarante-quatre ans après la Seconde Guerre mondiale, les pays européens, qui avaient souffert de l’occupation nazie, se réjouissaient avec les Allemands, de la chute du mur de Berlin, annonciatrice de la réunification des deux Allemagne.
  • Par surcroît, comme lors de la campagne électorale pour le Brexit, cette campagne électorale en Catalogne a été marquée par des mensonges destinés aux électeurs. Les deux principaux étaient de dire que la Catalogne ferait d’office partie de l’Union européenne, et que sa monnaire serat l’euro. Or même si il n’y aurait pas de raison de refuser à une Catalogne indépendante l’accès à l’Europe, elle devrait, comme tout État candidat à l’adhésion, passer par un processus d’adhésion plus ou moins long. Et en principe, l’euro ne pourrait être sa monnaie dans l’intervalle.
  • Le conflit catalan est un affrontement entre deux nationalismes: le nationalisme catalan et le nationalisme espagnol. Les premières victimes en sont les Catalans anti-indépendantistes, qui, pour l’instant, n’oseraient se risquer à afficher leur opinion, hors des nostalgiques du franquisme, dont les saluts fascistes ne peuvent réduire les Catalans anti-indépendantistes à des militants d’extrême-droite. Comme l’a posé Josep Borrell, prochain commissaire européen espagnol et catalan: «les indépentantistes catalans nient la « Catalanité » des Catalans anti-indépendantistes».
  • Pareille forme de nationalisme est à la fois insidieuse est courante: on est un mauvais Catalan si on n’est pas indépentantiste, comme, en Flandre, on est mauvais Flamand si on postule le maintien de la Belgique.
  • La ressemblance entre nationalismes catalan et flamand -ce n’est pas un hasard si Carles Puigdemont est soutenu par la N-VA, dans son exil doré à Waterloo-, ou encore avec les positions de la Lega en Italie (qui était à l’origine une Lega Nord, il faut le rappeler), c’est l’égoïsme d’une région riche, qui ne veut plus contribuer aux mécanismes de solidarité nationaux. Tous ces mouvements nationalistes sont fortement marqués à la droite extrême, voire à l’extrême-droite, y compris en Catalogne, où le spectre indépentantiste va pourtant de l’extrême-gauche à l’extrême-droite.
  • La manifestation de l’intolérance est contenue dans le projet de Constitution catalane, présentée par la coalition Junts pel si, constituée par l’ensemble des partis indépendantistes catalans avant l’élection régionale de 2015. Les dispositions anti-discrimination, se vantaient-ils, étaient intégralement reprise de la Convention européenne des droits de l’Homme. Un seul critère avait disparu dans la transcription: celui de… la langue. Ce qui, en pratique, permettait de craindre que les Catalans hispanophones deviennent, rapidement, des citoyens catalans de deuxième zone.

 

Pour en sortir par le haut, il faut d’abord que les élections prévues les 10 novembre en Espagne se déroulent normalement en Catalogne comme ailleurs. Ce sera peut-être l’occasion de revérifier les forces en présence.

À terme, les Catalans doivent avoir le droit d’organiser un référendum sur leur indépendance, comme l’ont fait les Québécois à deux reprises, ou comme l’ont fait les Écossais. Mais on ne peut accepter que pour de tels référendums essentiels, une simple majorité de 50% plus une voix puisse l’emporter, car cela revient à créer deux camps opposés, comme c’est le cas pour l’instant en Catalogne.

Pour de tels référendums, une majorité significative et indiscutable devrait être requise, d’au moins 60% des voix. Ce qu’on pourrait obtenir par un double verrou: 75% de votants, et 75% de votes favorables parmi les votants. Ce qui revient à un total de 56,25% des électeurs.

Impossible à atteindre? C’est un défi à relever pour les tenants d’un tel référendum.

Antidémocratique? Personne ne l’a prétendu quand l’Union européenne a fixé un seuil de 55% pour le référendum organisé au Monténégro pour se séparer de la Serbie. Ce seuil a été atteint, et la séparation s’est faite en douceur.

Quant les règles du jeu sont connues à l’avance, on ne peut prétendre que le jeu est faussé. Sauf à être de mauvaise foi?

Pour l’instant, l’insurrection qui se prolonge en Catalogne rappelle le discours, prophétique, d’adieu de feu François Mitterrand devant le Parlement européen. «Le nationalisme, avait-il rappelé, c’est la guerre».