Il y a un an, un peu moins de 10 secondes de pur bonheur


Le temps passe tellement vite qu’on est tout surpris, à un an de distance, de retrouver plus ou moins les mêmes conditions météorologiques qu’en ce mythique 2 juillet 2018. Un 2 juillet 2018 que même l’amateur de football très modéré que je suis devenu n’oubliera vraisemblablement jamais, tant les émotions, symbolisées par le «Je l’ai dit, bordel!» devenu mythique, voire viral, de Philippe Albert, ont été fortes ce jour-là!

Rarement, sans doute -non, jamais à coup sûr – à l’image de tous les supporters des Diables Rouges (ou des «Rodje Djåles»), je n’avais connu pareilles émotions contradictoires au cours d’une rencontre de football. Émotions partagées avec des dizaines de milliers de supporters de l’équipe belge. Émotions que j’aurais voulu vivre avec toutes celles et tous ceux que j’ai côtoyés dans les stades, à l’époque où je les fréquentais. Émotions qui ont aussi été celles des commentateurs de la rencontre: avant l’exclamation de Philippe Albert, il y avait eu les interpellations énervées de Rodrigo Beenkens à l’égard du sélectionneur belge, Roberto Martinez: notre confrère s’en est élégamment excusé par la suite.

Le retournement de situation invraisemblable de ce soir-là a été, en quelque sorte, le «miracle de la Marne» du football belge.

Le troisième but des Diables Rouges, celui qui a crucifié le Japon footballistique, au point que de longues analyses télévisées y ont été consacrées, n’a pas d’égal, à ma connaissance, dans le football moderne: il s’écoule moins de dix secondes entre le moment où le gardien de but belge, Thibaut Courtois, relance le ballon, et celui où, propulsé par Nacer Chadli, il entre dans le but d’en face. Une illustration parfaite de l’aphorisme d’André Maurois «Le football est l’intelligence en mouvement», si souvent démenti dans les faits.

Le plus étonnant, c’est que, quand bien même l’issue est connue, la magie opère toujours, un peu comme quand on relit un roman policier en connaissant la solution de l’énigme, ou comme quand on revoit «La grande vadrouille» ou «Bossemans et Coppenolle» en riant toujours de répliques qu’on voit venir.

Un coup de blues? La vision du résumé de Belgique-Japon arrive toujours à le dissiper. Rassurant pour l’avenir!

Alors, à votre tour d’en profiter:

 

 

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