Une ministre qui dégrade encore un peu plus l’image de la Flandre


Ainsi donc, Liesbeth Homans, ministre flamande des Affaires intérieures, veut imposer une amende aux occupants d’appartements sociaux qui ne parlement pas le néerlandais?

Que voilà une idée qu’elle est bonne. Mais comment les agents constatateurs repéreront-ils les récalcitrants qui ne pratiquent pas la langue de Vondel? Va-t-on leur demander d’interroger un par un tous les locataires de Flandre? Ils ne sont pas près d’en finir, les pôvres. Et pourquoi pas distribuer aux personnes qui résident dans les appartement sociaux un lion de Flandre de couleur rouge, qu’il leur suffirait de coudre sur leurs vêtements pour bien montrer qu’ils ne peuvent, ou ne veulent parler le néerlandais? Le comptage serait bien plus rapidement effectué!

(Très mauvaise) plaisanterie mise à part, la groupie de Bart De Wever vient de dégrader encore un peu plus l’image de la Flandre en Europe! On sait que le Conseil de l’Europe, plus d’une fois, a sourcillé devant les initiatives des gouvernements flamands précédents, par exemple pour réserver en priorité aux habitants néerlandophones des communes de la périphérie bruxelloise des immeuble à vendre, pour son refus de ratifier la Convention sur la protection des minorités, ou encore pour l’obligation faite aux candidats locataires d’appartements sociaux d’«apprendre» le néerlandais.

Ce fameux wooncode, les autorités flamandes de l’époque l’avaient défendu en brandissant l’arme de l’intégration («Il n’est pas normal que les occupants d’appartements sociaux doivent être accompagnés de leurs enfants, scolarisés à l’école primaire, pour comprendre un simple document administratif»). Ils avaient rappelé l’obligation faite par l’Allemagne à tous les candidats à l’immigration de se mettre à l’apprentissage de l’allemand. Et ils avaient surtout insisté  sur le fait que cette (forte) demande d’apprendre le néerlandais ne comportait aucune obligation de résultat.

téléchargementLiesbeth Homans, aujourd’hui, franchit le pas: il ne faut pas se contenter d’apprendre la moedertaal, il faut aussi la parler. Et qui n’en est pas capable devra payer une amende, punt aan de lijn!

Quel sera le test imposé pour mesurer le degré de connaissance linguistique des occupants d’appartements sociaux? On suggère le célèbre «Schild en vriend» qui permettra de séparer facilement le bon grain et l’ivraie.

Aux uns, les félicitations du jury; aux autres l’amende: un traitement différencié qui porte un nom bien néerlandais: l’apartheid.

Quant les diverses autorités européennes feront part de leur préoccupation, Liesbeth Homans et les siens se draperont sans doute une nouvelle fois dans leur dignité outragée, et imputeront cette incompréhension à l’influence des Francophones sur le Conseil de l’Europe, le Parlement européen, et la Commission. En oubliant peut-être que la commissaire européenne belge… est flamande?

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