Quatorze ans après les mêmes questions… sans réponses


donald-trumpOn se rassure comme on peut, en se disant que le président Donald Trump se différenciera forcément du candidat Donald Trump. Parce que la fonction fait l’homme; parce qu’il sera entouré d’une équipe; et parce qu’il devra tenir compte d’un Congrès dont la majorité républicaine n’est pas forcément la sienne. Tout cela est sans doute vrai, mais un fait est plus important qu’un lord maire: les États-Uniens ont élu, mardi, un butor, raciste et machiste, à la tête de leur pays. Comme pour rappeler cet aphorisme attribué à Winston Churchill: la démocratie est le pire des systèmes… à l’exception de tous les autres.

Avec cette élection qu’aucun sondage n’avait annoncé, le 8 novembre 2016 rejoint le 21 avril 2002 dans l’histoire des cauchemars politiques. Et comme au jour où Jean-Marie Le Pen avait bouleversé la France en se hissant au deuxième tour de l’élection présidentielle de cette année-là, au détriment de Lionel Jospin, on entend des questions auxquelles quatorze années de distance n’ont toujours pas apporté de réponses: comment de tels individus dépourvus de toute crédibilité peuvent-ils se hisser aux portes du pouvoir, ou, pour Trump, au pouvoir lui-même? Pourquoi les politiques et les médias n’ont-ils pas compris la colère, ou le désespoir populaire, qui conduit à pareil extrême? Comment un fossé s’est-il creusé entre la population et celles ou ceux qui entendent la diriger?

Pour ce qui est des médias, la réponse n’est peut-être pas trop malaisée à apporter: elle va d’un désinvestissement général dans les rédactions, qui a réduit de plus en plus les initiatives de reportages sur le terrain, à l’accélération de l’information qui, à l’ère du Web, s’est faite au détriment de l’enquête en profondeur. Avec aussi une pratique courante, entre journalistes et mandataires politiques, de moins en moins souvent sollicités par les journalistes sur des thèmes choisis par ceux-ci, mais qui accordent en fonction de plans de communication dûment établis des entrevues sur des thèmes qu’ils ont eux-même déterminé. Et puis une «pipolisation» de l’information: les péripéties des aventures des fumeuses soeurs Kardashian étaient sans doute mieux connues des électeurs américains que le détail des programmes des deux principaux candidats à la présidence qu’ils devaient départager, et qui se sont surtout échinés à s’étriper.

Côté politique, on épingle, comme il y a quatorze ans, la distance de plus en plus grande entre électeurs et élus; la professionnalisation de la fonction politique; l’incapacité de certains à quitter l’exercice du pouvoir, ou l’accaparement de mandats politiques par de véritables dynasties. Les nouveau venus ont souvent du mal à forcer les portes d’un milieu qui apparaît décidément inaccessible.

Le rejet de ces «dynasties» a sans doute fait le succès de Donald Trump: Jeb Bush, le cadet de la famille, a été éliminé dans les tout premiers rounds de la primaire républicaine. Et Hillary Clinton a vraisemblablement payé à la fois le fait que, depuis 1992, elle fait partie du paysage politique, et le fait qu’elle ait brigué à distance la succession de son propre époux.

À ne pas négliger, non plus, l’écart entre les promesses et les actes politiques: la pratique des coalitions, chez nous, rend inévitable pareille distanciation. On est néanmoins curieux de voir si Donald Trump respectera, lui, de ses engagements électoraux, de la construction d’un mur à la frontière mexicano-américaine à la relance de l’exploitation du pétrole de schiste ou  à la taxation douanière des produits d’importation. S’il le fait, le monde sera plongé dans l’inquiétude; s’il ne le fait pas, il commettra à l’égard de ses électeurs la faute qu’il a imputée, précisément, à ses adversaires dans la course à la Maison-Blanche

Il faudra peut-être aussi, pour expliquer l’échec de la candidate démocrate, mesurer l’impact de la révélation de l’avantage indu qui lui a été accordé au cours de la campagne des primaires, quand, avant un débat qui devait l’opposer à Bernie Sanders, son inattendu rival, elle a été informée par la présidente par interim du parti de deux questions qui allaient leur être posées le lendemain. On s’étonnera après cela qu’une bonne part des jeunes que Bernie Sanders avait réussi à mobiliser, avec des propositions lui aussi largement démagogiques, ne se soient plus dérangés pour venir voter ce mardi.

On ne doit pas enfin éluder la responsabilité des électeurs eux-mêmes: le distinguo classique entre des candidats ou des partis racistes ou xénophobes et leur électorat est un trompe-l’oeil: comment peut-on prétendre que les électeurs qui accordent leur soutien à ces candidats et à ces formations ne partagent pas eux-mêmes peu ou prou leur racisme et leur xénophobie?

Tout cela pourrait-il se produire chez nous? Chez nos voisins français, on imagine déjà 2002 en pire, avec une possible élection à la présidence de Marine Le Pen, pourtant héritière politique de son père, et elle aussi au coeur d’une «dynastie» qui n’entend pas partager son pouvoir.

Pas sûr que la comparaison fasse raison. Mais les récents propos du commissaire européen Oettinger sur le refus de la Région wallonne de signer le Ceta,le traité de libre-échange canado-européen, ou le commentaire du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, à propos du mécanisme de ratification des traités dans notre pays ont irrité même des Wallonnes et des Wallons qui n’avaient pas soutenu la position de la majorité PS-cdH. Il n’en faut pas plus pour détruire l’image des dirigeants de l’Union Européenne aux yeux de l’opinion. Un peu comme l’establishment américain s’est déconsidéré auprès de son électorat.

Certes,selon la formule célèbre, quand le gouvernement n’a plus la confiance du peuple, il suffit de dissoudre le peuple. Mais la réaction de celui-ci est, à l’instar des éruptions volcaniques périodiques, d’une violence rare. Et quand pareille explosion se produit, comme en ce 8 novembre 2016, chacun se lance dans une grande introspection. Sans réponse. Jusqu’au prochain séisme politique sans doute…

 

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Autosatisfaction (ou suffisance?) wallonne et recul de l’idée européenne


Le café du Commerce de Couillet-Queue, ou celui de la Gare à Gérompont-Petit-Rosière ont peut-être résonné du «Chant des Wallons», hier soir, pour saluer la résistance sans faille des autorités wallonnes à la mondialisation, incarnée par le CETA, le traité de libre-échange négocié entre l’Union Européenne et le Canada, envoyé pour l’instant dans l’impasse par les excellences régionales qui nous gouvernent. Mieux: hier, au Canada, il s’est trouvé quelques manifestants devant le Parlement fédéral pour remercier les Wallons pour leur opposition à un traité néfaste: Thomas Mulcair, chef en sursis du Nouveau Parti Démocratique (NPD), qu’il a mené à la défaite aux législatives de l’an dernier, fustigeait même les traités précédents passés par le Canada, ruineux, à l’entendre «pour les producteurs de lait canadiens».  D’où la volonté canadienne de «se refaire» sur le dos des agriculteurs européens? Ou la crainte, chez Mulcair, d’un risque accru de dégradation de la situation des éleveurs canadiens?

Ce qui frappe d’abord, dans le développement dramatique de ces derniers jours, c’est l’autosatisfaction, voire la suffisance des acteurs wallons de la négociation: André Antoine gloussait pratiquement de plaisir, ce vendredi, en constatant l’intérêt médiatique exceptionnel que suscitait la séance du Parlement wallon, qu’il préside. Les parlementaires wallons se retrouvaient, il est vrai, investis investis d’un pouvoir extravagant, qu’ils se sont empressés d’utiliser: celui de paralyser l’Union Européenne dans son ensemble. Exceptionnel pour une assemblée qu’on a plutôt comparée jusqu’ici à un «super conseil communal»!

«Aucun autre parlement européen n’a fait sur le document un travail aussi approfondi que le nôtre» ont lancé mâlement André Antoine et Paul Magnette, pour justifier cette situation presse-au-parlement-walloninsolite. On veut bien croire que les députés wallons ont produit, en l’espèce, un travail d’analyse peut-être inhabituel dans leur chef. Mais sur quelle base, le président du Parlement et le ministre-président ont-ils donc pu exprimer pareille affirmation? Ont-ils vérifié, par exemple, la manière dont les Cortes espagnoles, le Bundestag allemand, ou au Sveriges Riksdag, pour ne parler que de certains d’entre eux, ont étudié le projet de libre-échange canado-européen, pour pouvoir poser que les élus namurois ont travaillé de manière plus sérieuse que leurs homologues des autres pays européens? La proclamation relève nettement de la présomption.

Autre point interpellant: en déclarant inacceptable le statut des «chambres d’arbitrage» prévues par le traité, Paul Magnette a donné l’impression que, quoi qu’il arrive, la Région wallonne s’opposera en tout état de cause au CETA. Car on n’imagine pas qu’il ignore que le mécanisme d’arbitrage prévu par le traité prévoit la mise en place des chambres de juristes, et non plus de représentants d’entreprises privées, pour trancher les litiges éventuels entre firmes privées et États. Et que si l’Europe a réclamé du Canada que soit modifié de la sorte le mécanisme initialement prévu… qui est celui de tous les accords de libre-échange qu’elle a précédemment passés, c’est pour pouvoir l’imposer aux Américains, qui n’en veulent pas, dans l’encore plus contesté traité transatlantique (TTIP). Bien sûr, les opposants réclament toujours le traitement de ces litiges par des tribunaux ordinaires. En oubliant que, pour des partenaires de l’Union Européenne, et faute de Justice organisée à l’échelle de l’Union, cela reviendrait à s’aventurer dans vingt-huit, ou bientôt vingt-sept, systèmes judiciaires différents, et jurisprudences divergentes. Ce qui vide, alors, de sens un traité conclu avec l’Union Européenne…

nos-pieds-nickelesEt c’est là où le bât blesse: la crispation wallonne va donner du grain à moudre à tous les populistes qui dénoncent à la fois l’absence de démocratie au sein de l’Union Européenne, et qui, en même temps font tout pour la paralyser.  « Il me semble évident, à moi et au Canada, que l’Union européenne n’est pas aujourd’hui capable de conclure un accord international, même avec un pays qui a autant de valeurs européennes que le Canada », a déploré Chrystia Freeland, la ministre canadienne du Commerce, qui avait fait le déplacement de Namur, avant de reprendre l’avion pour le Canada. C’est bien de cela qu’il s’agit: les parlementaires wallons ont grippé le mécanisme européen.

C’est effectivement bien là que l’attitude wallonne est la plus dommageable. Car en déclenchant ce blocage, c’est le mécanisme de décision européenne, qu’il faudrait renforcer d’urgence, que les parlementaires namurois ont grippé.

L’ont-ils fait au nom de grands principes défendus par la société civile, ou du moins par une partie d’entre elle, car, pour rappel, comme le montrent les sondages Eurostat, les projet de libre-échange sont approuvés par une majorité de citoyens dans la plupart des pays européens… dont le nôtre?  Là aussi, il y a comme un malaise, même si on en fera en partie crédit aux élus wallons.

«La question a évidemment une dimension politique, mais plus de politique intérieure (à la Belgique) que de politique internationale» a commenté le président du Conseil européen, Donald Tusk, alors que les discussions namuroises s’acheminaient vers l’impasse. Cela apparaît comme une évidence.

On a déjà évoqué ici la volonté de Paul Magnette de se profiler en super-homme de gauche, et de couper l’herbe sous le pied d’un PTB qui fait de plus en plus d’ombre au PS. L’Europe vient de faire, en l’occurrence, la découverte de la particularité du système belge, qui n’établit pas d’hiérarchie des normes entre les niveaux de pouvoir fédéral, régionaux, et communautaires. On ne jurerait pas que, chez certains de nos parlementaires, il n’y a pas eu, hier, une jubilation à placer la Flandre, qui a précisément réclamé cette équipollence des normes et qui peste du blocage wallon sur le CETA, devant ses responsabilités. On est là loin des grands principes sociétaux affichés par Paul Magnette!

On en est tout aussi loin, quand on mesure l’impact qu’a désormais sur l’Europe la guéguerre que se livrent depuis les dernières élections le Premier ministre MR, Charles Michel, et le ministre-président PS, à la tête de majorités asymétriques. Dans le cadre belgo-belge, cette guégerre a des aspects parfois dérisoires, parfois fondamentaux. Quand elle déboule sur le plan européen, elle devient consternante.

Mais tout cela, dira-t-on, n’est rien à côté de la mondialisation, dont les effets dramatiques pour l’emploi se sont encore fait récemment sentir en Wallonie, avec le drame social en cours chez Caterpillar? L’opposition au CETA et au traité transatlantique procède, c’est vrai, pour une large part du refus de la globalisation, et, dans le cas du TTIP, d’un anti-américanisme toujours vivace, que les USA semblent parfois avoir un malin plaisir à entretenir. Mais l’absence de CETA n’empêchera pas la globalisation de développer ses effets, les pires et les meilleurs. Sauf peut-être que la concurrence pour notre économie viendra moins de l’autre rive de l’Atlantique, mais d’un géant d’Asie, dont, isolés, nous devrons de plus en plus subir l’absence de normes tant sociales qu’environnementales…

Les jurés populaires ont à nouveau fait la preuve de leur maturité


Il est des hasards curieux: hier, c’est sur la route qui me ramenait de Strasbourg, et plus précisément du Conseil de l’Europe, dont dépend la Cour européenne des droits de l’Homme, que j’ai appris la nouvelle de l’acquittement de Bernard Wesphael au bénéfice du doute. L’impression qui prévalait parmi les chroniqueurs judiciaires éprouvés, au terme de la première semaine de ce procès hyper-médiatisé qui en a duré trois, était donc la bonne.

Mon propos ne va pas être de commenter ici les raisons qui ont conduit les jurés montois à se prononcer de la sorte: ils ont mentionné le doute raisonnable, qui doit toujours bénéficier à l’accusé, et qui est né sans doute des approximations de l’enquête, relevées par l’avocat général lui-même au cours des débats.

Ce dramatique dossier a ainsi connu son épilogue judiciaire. La vérité qui est en sortie correspond-elle à la vérité tout court? Les proches de feu Véronique Pirotton ne l’accepteront sans doute pas. Peut-être se pourvoiront-ils en cassation, dans l’espoir de dénicher une faute de procédure qui annulerait le procès. Leurs avocats leur rappelleront le sage principe qui veut qu’un coupable éventuel  (et c’est ainsi qu’ils voyaient ou voient toujours Bernard Wesphael) en liberté est préférable à un innocent emprisonné.

cour-dassisesCe que la plupart des observateurs ont souligné, en tout cas, à l’instar de l’avocat de Bernard Wesphael, Me Jean-Philippe Mayence, c’est l’importance du procès d’assises, et de l’oralité de ses débats pour trancher une affaire aussi délicate.

Nous l’avions déjà souligné à l’époque, la volonté du ministre CD&V de la Justice, Koen Geens, de correctionnaliser la plupart des crimes de sang, ne procédait pas d’une volonté de promouvoir une justice de qualité, mais tout simplement d’assurer une justice à bon marché, dont on doute qu’elle soit une bonne justice.

Les arguments des adversaires de la cour d’assises tombent en tout cas particulièrement à plat après pareil procès. Car les jurés populaires ont, une nouvelle fois, fait preuve de leur grande maturité et ils n’ont manifestement pas été influencés par la médiatisation de cette affaire. Ce ne sera peut-être pas la conviction des parties civiles, à nouveau, mais quand elles ont, en marge du procès, dénoncé une prétendue instrumentalisation des médias par les proches et les avocats de Bernard Wesphael, ils oubliaient, sans doute involontairement, les nombreuses «fuites», toutes à charge, du dossier, pendant toute une phase de l’enquête.

Ce procès, il faut le noter, n’avait d’ailleurs pas été plus médiatisé que d’autres grands procès, type Dutroux, Pandy, Aït Oud, Van Themsche, ou Clottemans: à chaque fois la cour de Cassation, puis, au bout du compte, la cour de Cassation, ont conclu que l’évocation abondante des dossiers dans les médias n’avaient pas empêché les jurés de se prononcer dans la sérénité. Le rappel est destiné à tous ceux qui, dans les milieux judiciaires et même au sein du Barreau osent toujours prôner l’interdiction pour les journalistes d’évoquer une affaire à l’instruction (comme si les journalistes étaient tenus par le secret de l’instruction!) voire même l’interdiction d’évoquer une affaire avant qu’elle n’ait connu son épisode judiciaire. Soit, en clair, de rendre à nouveau la justice à huis clos.

La fusion de communes bruxelloises évoquée au moment du départ de Joseph Michel


Herstappe IngangIl est des hasards de l’actualité étranges: c’est juste avant le décès de l’ancien maire de Virton, Joseph Michel, que, dans une interview à nos confrères du «Vif», le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, ressort l’idée de… fusionner des communes bruxelloises. Le propos aurait sûrement fait sourire le père des fusions de communes: il reste à expliquer pourquoi, en 1977, les dix-neuf communes de l’agglomération bruxelloises ont été  les seules – outre Herstappe, en province de Limbourg (87 habitants), et Messines, en Flandre Occidentale (952 habitants), pour raisons de facilités linguistiques – ont échappé au regroupement obligatoire imposé d’une main de fer par celui qui a occupé le poste de ministre de l’Intérieur, de 1974 à 1977.

Joseph MichelJoseph Michel s’est attelé de manière énergique à la tâche. Et l’opération ne l’a pas rendu populaire: en septembre 1975, il sera même pendu en effigie lors d’une manifestation, à Arlon, des opposants à son projet de fusion des communes. Sans que cela provoque les mêmes remous que ceux qui ont suivi la même opération qui a ciblé Charles Michel à Mons, la semaine dernière! Un «Front pour la démocratie locale» l’accusera d’avoir mis sur rails un plan «illégal, despotique et arbitraire»: rien moins que cela!

Ces opposants invoquaient parfois des raisons sentimentales, étaient mus d’autres fois par d’inavouables raisons politiciennes, mais pouvaient aussi avoir de bonnes raisons, liées aux particularités locales.

Qu’importe, le ministre gaumais verrouillera son projet, qui ne pourra être amendé par les parlementaires. Officiellement, afin d’éviter qu’un plan d’ensemble ne soit retoqué pour de simples considérations locales. L’avis du Conseil d’État ne sera même pas sollicité sur le sujet,sous prétexte d’urgence!

Près de quatre décennies plus tard, il faut bien admettre que le «plan Michel» a tenu globalement la route. Certes, dans de grandes villes, Anvers notamment, il a fallu créer des «districts» pour compenser la distance créée entre le pouvoir communal et les citoyens; mais les nouvelles communes sont entrées dans les mœurs.

L’affaire n’en a pas moins coûté cher à Joseph Michel: plus jamais, l’homme politique gaumais n’a retrouvé de portefeuille: qu’importe, il est retourné à sa chère mairie (le terme est d’usage à un jet de pierre de l’Hexagone) virtonaise, et il a repris ses activités d’avocat: je me souviens de la surprise d’un confrère du Tijd, en stage dans le journal qui (air connu) m’emploie mais ne me rémunère pas assez à mon goût, dans le cadre d’une opération mise sur pied par le Fonds Prince Philippe, qui avait reconnu le père des fusions parmi les avocats anonymes, plaidant un procès banal devant le tribunal correctionnel d’Arlon, plus de vingt ans après les fusions des communes.

Étrangement, pourtant, les dix-neuf communes bruxelloises échapperont à cette fusion imposée à l’ensemble des communes belges: le «plan Michel» prévoyait pourtant d’en réduire le nombre à six, basées plus sur les «bassins de vie», comme on le disait encore à l’époque, que sur les strictes limites communales. Le mille-feuilles institutionnel  bruxellois a donc subsisté jusqu’à nos jours, ce qui a permis à un grand nombre de mandataires communaux de conserver leur fromage, mais qui, surtout, a fait perdurer des situations absurdes qui permettent une arnaque légale: je vise ici, notamment, le stationnement dans l’agglomération bruxelloise, qui permet de «pigeonner» nombre d’usagers, persuadés d’être en règle, alors que le ticket de stationnement toujours en cours qu’ils arborent vaut pour la commune voisine… dont la limite est parfois de l’autre côté de la rue.

Près de quarante ans plus tard, le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, veut-il aujourd’hui remettre à l’honneur le «plan Michel»? Sûrement pas: une meilleure gestion e827a95a9822be247254f56b615e7beb-1389643235n’est sûrement pas la préoccupation essentielle de l’occupant de l’Hôtel de ville bruxellois, quand il formule pareille proposition. Le tout doit se lire dans le combat fratricide qui oppose le bourgmestre bruxellois à Rudy Vervoort, le très effacé ministre-président de la Région bruxelloise.

L’ambition d’Yvan Mayeur est manifestement de devenir vizir à la place du vizir. Ou alors de vider la fonction de vizir de sa substance, et d’en récupérer l’essentiel à son profit. Le coup lui a déjà réussi à Bruxelles; il est en passe de le réussir pour la Région. On devine qu’il ne voudra pas s’arrêter là: les parquets de l’Hôtel de ville de Bruxelles sont déjà largement rayés de ses dents!

 

 

Irresponsabilité en cascade


La responsabilité en cascade est un principe bien connu des journalistes belges, qui, depuis l’adoption de la première Constitution, en 1831, protège la liberté de la presse, en posant que «si l’auteur est connu ou domicilié en Belgique», ni l’éditeur, ni l’imprimeur, ni le distributeur de journaux (à l’époque, c’était la seule forme de presse), ne pourront être poursuivis. En 1993, c’est un vertu de ce principe de droit que l’hebdomadaire «Charlie Hebdo» sera bloqué dans notre pays, pour avoir titré «Le roi des cons est mort», à l’occasion du décès du roi Baudouin, le 31 juillet. Les autorités politiques et judiciaires de l’époque n’avaient pas le sens de l’humour, et n’avaient peut-être pas perçu l’allusion aux blagues belges qui circulaient à l’époque en France.

Pourquoi cette évocation? Parce que la dégradation du climat social dans notre pays, et singulièrement en Wallonie, me semble procéder d’une… irresponsabilité en cascade, à laquelle personne ne semble plus échapper.

Grève au finishOr donc, les cheminots en grève, sauvage puis couverte par leurs syndicats, depuis mercredi dernier, viennent de déposer un nouveau préavis de grève, pour ces mercredi, jeudi et vendredi. Avec une revendication inchangée: le retrait de la décision de mettre en relation l’octroi de leurs jours de crédit aux journées de travail effectivement prestées.

Cette  revendication est d’autant plus difficile à faire passer dans le grand public, que, dans le privé, cette liaison entre récupérations et prestations est automatique dans tous les secteurs. Mais aussi parce que, depuis dimanche, on sait que les cheminots ont accepté cette liaison pour le passage de leur semaine de travail de 40 à 38 heures, mais pas pour la réduction de leur durée hebdomadaire de travail de 38 à 36 heures: le secrétaire général de la CGSP-Cheminots, Michel Abdissi, n’a en tout cas pas contredit l’ancien patron de la SNCB, Étienne Schouppe, sur ce point, dimanche, sur le plateau de «Ce n’est pas tous les jours dimanche» sur RTL TVI!

Les cheminots peuvent encore se faire comprendre des usagers, quand ils disent se battre pour le maintien d’un service public de qualité sur le rail. Ils n’en jouent pas moins un jeu dangereux: comme l’a rappelé le nouveau ministre MR de la Mobilité, François Bellot, la Belgique n’a obtenu qu’une exception limitée dans le temps au principe de libéralisation du rail dans notre pays, à la condition de démontrer que la solution nationale est plus efficace que la libéralisation.

Les cheminots expliquent à juste titre qu’ils ont déjà fait preuve d’un effort notable de productivité ces dernières années. Mais la paralysie prolongée du rail, wallon en tout cas, ne plaide pas en leur faveur. Et si plus aucun obstacle ne s’oppose à la libéralisation, ce ne sont pas tant des acteurs privés qui débouleront chez nous, comme ceux que le ministre Open vld de la Coopération, Alexander De Croo a évoqués de manière provocatrice… et donc très peu responsable, évoqués aujourd’hui. Mais des transporteurs, type la SNCF et la Deutsche Bundesbahn, voire les NS (Nederlandse Spoorwegen), tout aussi publics que notre paralysée SNCB.

Bus du TecLes chauffeurs du TEC, qui vont à nouveau débrayer ce mercredi, auront plus de difficultés à se dépeindre comme d’aussi rigoureux défenseurs du transport public, tant leurs grèves à répétition leur ont donné l’image, depuis des années, de gréviculteurs prêts à démarrer pour un oui ou pour un non.

Le mouvement a été initié par le TEC de Liège-Verviers, où on évoquait, ce mardi, la possibilité de prolonger la grève de ce mardi sans doute jusqu’à la fin de semaine. Cela ne redorera pas son blason: il y a plus de vingt ans déjà que les relations sociales sont parties en quenouille au TEC Liège-Verviers, et rien ne semble en mesure de les rétablir durablement.

Tout cela pose, mais pas là uniquement, la question de la gestion syndicale en elle-même. Je l’ai déjà exprimé en un précédent billet, un(e) leader syndical(e) est là, d’abord et avant tout, pour porter les revendications de ses mandataires. Et, parfois, pour déclencher une grève, arme ultime afin de débloquer une situation. Mais la responsabilité syndicale est aussi d’analyser la situation. De savoir jusqu’où on peut faire triompher le point de vue de ses mandataires. De se rappeler qu’un accord est toujours fait de compromis de part et d’autre. Et de pouvoir arrêter une grève quand elle cesse de servir l’objectif fixé.

Négocier un pré-accord, puis annoncer qu’on le présentera à «la base», mais qu’on ne le défendra pas, ne témoigne pas d’un grand sens des responsabilités. Car soit on estime qu’on a atteint dans ce pré-accord le maximum de ce qu’on pouvait espérer, et il faut alors aller l’expliquer. Soit on se rend compte qu’il reste encore une marge de progression… et on ne conclut pas un pré-accord. Présenter un pré-accord à «la base» sans le défendre, c’est paver la voie à un rejet, derrière lequel il est ensuite facile de s’abriter. On y gagne rarement en crédibilité.

Dans le dossier des cheminots, le retrait de la circulaire contestée de la direction semble être devenu un enjeu plus symbolique qu’autre chose. Difficile, dans ces conditions, attendre que les choses bougent encore.

Au TEC, c’est plus simple: aucune revendication spécifique ne semble avoir été invoquée: le mouvement de grève annoncés, outre le volet de confort qu’il contient, relèverait alors du bras-de-fer engagé par la CGSP et le gouvernement Michel. Qu’une grève ait, par nature, quelque chose de politique, ne doit pas surprendre; qu’elle ait une portée exclusivement politique est déjà plus discutable. L’exercice, en tout cas, est risqué: le puissant syndicat britannique des mineurs s’est laminé, en tentant de faire reculer une jeune Première ministre, dont les leaders syndicaux n’avaient pas compris qu’elle allait s’attirer le surnom de «dame de fer».

Un conflit social, je le répète, se conclut nécessairement par un compromis, où tout le monde est gagnant… ou perdant selon les points de vue. Le raisonnement vaut aussi pour le camp patronal, ou politique.

La direction de HR-Rail savait pertinemment bien qu’en appliquant une décision contestée par les syndicats après son adoption en commission nationale paritaire, en décembre dernier, elle risquait de provoquer un incendie social. Qu’elle n’ait, en l’espèce, apparemment pas préparé de position de repli semble, là aussi, singulièrement irresponsable.

Et que dire alors des acteurs du conflit dans les prisons? Côté syndical, l’encadrement du mouvement ne dégage pas une impression de maîtrise particulière. Mais on ose espérer que le ministre CD&V de la Justice, Koen Geens, n’a pas cru éteindre l’incendie, quand il a annoncé hier avoir signé un accord avec «trois syndicats sur quatre» et donc qu’il n’y avait plus matière à négociation! Que cet accord soit rejeté à plus de 90% dans les établissements pénitentiaires wallons est un fait dont le ministre ne peut pas ne pas tenir compte, d’autant que la représentativité du gouvernement  dont il fait partie est tout à fait déficitaire en Wallonie. Son annonce, dans ce contexte, manquait, elle aussi, singulièrement de responsabilité!

Koen Geens s’est déclaré prêt, encore, à rencontrer les leaders syndicaux de la FGTB et de la CSC. Mais pour qui leur dire, encore?

Reste, en dernier recours, une solution responsable, quand plus rien ne paraît pouvoir sortir une négociation de l’impasse: changer le niveau et les acteurs de la discussion. Allo, Charles Michel, Marc Goblet, ou Marie-Hélène Ska?

Communauté germanophone: légitimité et limites d’une autonomie


Les Germanophones ne doivent plus être qualifiés de «derniers Belges», comme ils l’ont été longtemps été, tant au sens propre qu’au sens figuré: ils se veulent désormais «Germanophones de Belgique», et postulent leur autonomie à l’égard de la Wallonie: telle est la conclusion qu’on peut tirer d’un dossier intéressant publié par mon excellent confrère Pierre Havaux, dans le «Vif» de cette semaine.

white flagLe constat ne surprendra pas celles et ceux qui, depuis des années, ont suivi l’évolution de cette minorité linguistique qu’on peut qualifier de mieux protégée au monde: l’éviction, en 2014, de l’inamovible ministre-président socialiste Karl-Heinz Lambertz, au bénéfice du ProDG (dénomination de l’ancien PDB, Parti des Belges de langue allemande) Lorenz Paasch, concrétisait déjà cette évolution, marquée depuis près d’une décennie par la revendication, par la Communauté germanophone, du transfert d’un maximum de compétences régionales wallonnes. Pareil transfert ferait de cette Communauté culturelle une Région à part entière, composante d’un fédéralisme à quatre (Flandre, Wallonie, Bruxelles, et Région germanophone), présenté comme d’aucuns (à Eupen, notamment…) comme le remède à la sempiternelle confrontation entre Flamands et Francophones, à la base des révisions constitutionnelles depuis 1970. Des réformes qui, pour certains, n’ont fait que déliter l’État fédéral, et nourrir l’indépendantisme flamand…

Paradoxalement, cette revendication régionale n’est généralement pas acceptée par les… régionalistes wallons, qui refusent en quelque sorte aux Germanophones ce qu’ils réclament pour eux-mêmes. Un peu à l’instar de ces Britanniques, qui veulent se retirer de l’Union Européenne, mais n’acceptent pas que les Écossais, par exemple, manifestent leur désir de se séparer du Royaume (encore pour l’instant) Uni.

Ce refus se cache souvent sous un prétexte condescendant: la Communauté germanophone serait trop exiguë pour exercer seule des attributions qui dépasseraient rapidement sa capacité budgétaire.

L’argument est irrecevable: pour paraphraser un confrère à la préretraite, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est aussi le droit des peuples à s’indisposer eux-mêmes. Et à supposer que l’exercice de toutes les compétences régionales impose un régime fiscal très sévère aux Germanophones de Belgique, c’est leur affaire, et pas celle de l’ensemble des Wallons. Après tout, l’autonomie a un prix.!

On comprend parfaitement par ailleurs la frustration des Germanophones de Belgique qui ne peuvent bénéficier dans leur langue des services auxquels tous les Wallons et tous les Belges, Flamands ou Francophones, ont par ailleurs droit. Pour rappel, l’allemand est une des trois langues officielles de la Belgique fédérale: on n’imaginerait pas qu’en Suisse, l’allemand, l’italien, ou le français, subisse le même sort que la langue de Goethe chez nous. Et que l’allemand ne soit pas la langue prioritairement enseignée dans l’arrondissement de Verviers, voisin, où je vis, ne me paraît pas seulement une aberration: cette lacune témoigne aussi, sans doute, d’un manque de considération qu’on peut deviner de moins en moins supportable à Eupen ou à Saint-Vith.

Une scission de la Région germanophone de la Wallonie mettrait enfin fin à un mécanisme assez absurde, qui se produit à chaque élection régionale, où, dans le même arrondissement de Verviers, tous les partis mettent des candidat(e)s germanophones en ordre très utile pour être élus au Parlement de Namur: la manœuvre leur permet de placer un(e) élu(e) francophone additionnel(le), en suppléance, au Parlement de la Communauté française (pour conserver l’appellation constitutionnelle de l’institution).

Pour autant, l’exiguïté de la Communauté germanophone pose, en soi, des limites à cette volonté d’autonomie totale, sous l’angle de son fonctionnement démocratique. La démocratie, telle que l’ont conçue les Lumières, suppose en effet un équilibre entre les pouvoirs législatif, exécutif, et judiciaire. Pareil équilibre postule de trouver, à chaque étage de ces différents niveaux de pouvoirs, des élu(e)s ou des magistrat(e)s qui puissent exercer leur mission en toute indépendance, sans prêter le flanc au moindre soupçon de partialité.

La démocratie, telle que nous la concevons, suppose aussi une presse démocratique, présente en Communauté germanophone, avec un (seul) quotidien, une chaîne publique de radiotélévision, et des radios privées. Qui remplissent  incontestablement leur office en toute indépendance, mais on sait, comme l’a écrit Alain Besson, que la presse locale est en «liberté surveillée»: des journalistes, d’aussi grande qualité qu’ils et elles soient (et il n’en manque pas en Belgique germanophone), par définition très proches du public et des institutions dont ils (et elles)  observent le fonctionnement sont, par essence, soumis à un contrôle social plus sourcilleux. À l’heure où il faut des coalitions de journalistes d’investigation, au niveau mondial, pour dévoiler de grands dossiers qui dévoilent la face cachée de dossiers particulièrement complexes, tels les Panama Papers ou le LuxLeaks, l’exercice est difficile. Même dans une région frontalière du Grand-Duché de Luxembourg. Foi de journaliste d’un quotidien… régional!

Ce qui vaut pour la presse vaut aussi pour les pouvoirs législatif et exécutif: l’interdiction du cumul des mandats, mise en place avec beaucoup de difficultés au niveau wallon, pour réduire les possibilités de conflits d’intérêts, est pratiquement impossible en Communauté germanophone.

Et que dire d’une Justice, où, par exemple, un travailleur qui s’est vu donner tort devant le tribunal du travail, se retrouve, en appel, devant un ancien collègue du juge qui a examiné son dossier en première instance?  Cela ne suffit évidemment pas pour le récuser, encore moins pour l’accuser d’impartialité. Mais cela nourrit d’autant plus chez le justiciable un soupçon de connivence, que le premier juge, lui, croise à de multiples reprises, au cours de réceptions officielles qui rassemblent le gratin de la petite Communauté, non seulement les responsables politiques germanophones de touts niveaux de pouvoirs; mais aussi les autorités militaires; les principaux employeurs; ou les principaux mandataires syndicaux. Tout un petit monde qui se tient par la barbichette, et où le risque de relâchement de la vigilance démocratique est bel et bien présent.

Pour légitime qu’il soit, le désir d’autonomie accrue des Germanophones belges représente pour eux un  défi bien plus démocratique que simplement budgétaire. Le transfert de compétences, sans doute inévitable, devra être bien pesé…

 

Tirez(-vous) les premiers, messieurs les Anglais!


Brexit illustréLe marathon européen de la fin de semaine a donc permis à David Cameron de rentrer au Royaume-Uni en fanfaronnant qu’il avait obtenu «le meilleur des deux mondes». D’annoncer dans la foulée le référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union Européenne, ou du moins avec un pied dans l’Union Européenne pour en retirer tous les bénéfices, et un pied en dehors pour ne pas en assumer toutes les obligations. Et d’entamer une campagne pour le «oui» en soulignant tous les dangers que représenterait pour son pays le Brexit, autrement dit, la sortie de l’Union Européenne.

Christophe BarbierEt bien pour paraphraser Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Robert Schuman, dans la dernière émission C dans l’air de la semaine dernière, j’aurais tendance à dire «Tirez… vous les premiers, messieurs les Anglais!», mais plus dans le sens de
Christophe Barbier, éditorialiste de L’Express, que dans celui de Thierry Chopin lui-même.

Car si David Cameron dit vrai, quand il pose qu’il a obtenu «le meilleur des deux mondes», on doit bien en conclure que ses vingt-sept partenaires européens, eux, doivent payer le beurre, mais que la crémière, qui leur pend la gueule, ne le leur donne pas mais l’offre aux Britanniques!

Le Premier ministre de sa Gracieuse majesté, lui, révèle pour l’occasion son manque d’envergure politique: il suffit donc de changer les conditions d’adhésion du Royaume-Uni à l’Union Européenne, notamment en réduisant les prestations sociales pour les travailleurs migrants en provenance d’autres pays de l’Union, pour que le Brexit devienne dangereux pour son pays? Que son économie risque de partir en quenouille? Que la City risque de se désagréger? Ah, qu’il est loin le temps de Winston (Churchill) et de la vision à long terme qu’il avait pour gérer la politique!

Les Britanniques ne s’y trompent pas, d’ailleurs: en dépit des rodomontades de leur Premier, l’écart entre partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne et partisans de son maintien reste significatif. Pour le plus grand bonheur de l’UKIP et de son leader, Nigel Farrage, dont, soit dit au passage, un Brexit aurait le mérite de nous débarrasser définitivement!

L’Union Européenne souffrirait de la perte du Royaume-Uni, peut-être autant que le Royaume-Uni lui-même du Brexit. Mais gagnerait-elle à conserver un État-membre dont la seule fonction est de pomper ses ressources sans rien lui apporter en retour?