Rendez-vous en 2038 avec… le Grand Jojo


Pourquoi gâcher notre plaisir? Avouons-le, nous avons «eu bon» comme on dit chez nous, ce vendredi soir, avec cette victoire historique de la petite Belgique sur le grand Brésil. J’ai d’autant plus savouré personnellement qu’en début d’après-midi, en conversation avec un collègue, je me trouvais fort généreux en accordant 25% de chances de se qualifier aux Diables Rouges. Thierry Luthers, le Johnny Halliday de la RTBF, et encyclopédie du football contemporain, ne disait rien d’autre, en début de soirée, quand sur VivaCité (j’ai suivi la première demi-heure du match à la radio, en voiture, comme au temps lointain de mon enfance), il se basait sur sa raison pour annoncer un score de 4-2 en faveur des Auriverde.

Belgique-BrésilLes Diables Rouges nous ont donné tort à tous les deux, et il ne m’est sans doute jamais arrivé d’être aussi heureux d’avoir eu tort!

Ils l’ont fait parce qu’ils ont disputé un match parfait, et c’est une excellente nouvelle.

Une moins bonne nouvelle pour eux, maintenant, c’est que les voilà obligés de… répéter deux fois ce match parfait: une première fois ce prochain mardi, face à une France qu’il faudra «bouger», d’autant que, jusqu’ici, elle n’a pas été défavorisée par les dieux du foot: coup de réparation accordé après intervention du VAR lors de son premier match, alors qu’elle piétinait; complicité du gardien uruguayen qui coupe bras et jambes à ses coéquipiers ce vendredi.

Le grand défi, pour Roberto Martinez, qui prend de plus en plus des allures d’Aimé Jacquet en 1998, ne sera pas tellement de motiver son équipe pour ce match contre les Coqs: non seulement, il s’agit d’une demi-finale de coupe du monde, mais en plus, ce match est un véritable derby. Et par surcroît, des Diables (Hazard, Batshuayi, Meunier, même si celui-ci ne sera pas de la fête ce mardi), ont joué en Ligue 1, et, pour eux, il y aura aussi la volonté de se montrer devant le public qui a été le leur. C’est paradoxalement pour la… finale, le cas échéant, que l’entraîneur catalano-britannico-espagnol de l’équipe belge devra se montrer persuasif. Car il faut bien avouer que les adversaires potentiels actuels de l’autre groupe (Russie, Croatie, Suède et même Angleterre) n’ont tout de même pas le même «pep’s» que le Brésil ou la France!

Quelle que soit son issue, ce Mondial russe sera marqué, côté belge francophone, par le «Je l’avais dit, bordel!» de Philippe Albert, qui sera poursuivi par son exclamation comme le «Golgolgolgol» de Roger Laboureur, en 1986, l’a accompagné jusqu’à ce jour. Au point que le Grand Jojo l’a reprise, dans son hymne aux Diables pour cette campagne de Russie.

Comme, statistiquement, la Belgique arrive en demi-finales du Mondial tous les 32 ans, on peut donc déjà prédire qu’en 2038, voire en 2042, pour le Mondial qui se jouera sur la lune, le Grand Jojo reprendra ce «Je l’avais dit, bordel!» dans la chanson qu’il écrira alors pour les Diables rouges de cette époque. Oui, j’ai bien dit le Grand Jojo, car le bonhomme est increvable. Et je compte bien, alors, pour l’entendre. En espérant à nouveau «avoir bon» au spectacle de notre équipe nationale.

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