Drôle de manière d’assumer l’héritage de la démocratie grecque!


Ainsi donc, les députés grecs n’ont pas accepté d’élire l’ancien commissaire européen Stávros Dimas à la présidence de leur République, et ont-ils, par là-même, précipité la chute du gouvernement de coalition dirigé par Antónis Samaras. Les Grecs retourneront donc aux urnes à la fin du mois de janvier, dans un scrutin où le parti d’extrême gauche Syriza d’Alexis Tsipras partira avec les faveurs du pronostic. D’où, déjà, des réactions effrayées tant de la Bourse que de diverses autorités européennes, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker en tête. Et la sanction immédiate du Fonds Monétaire International qui, en refermant net les cordons de la bourse, n’a pas gagné en crédiblité.

16-4-29a.Grèce-p87-Hat00Singulière attitude, tout de même que celle-là, car après tout les pays qui composent l’Union Européenne ne se revendiquent pas tous, à des degrés divers, de l’héritage de la démocratie grecque? Qu’une partie suffisante des députés grecs décident de ne pas élire le candidat que l’Europe entière souhaitait à la présidence de la République relève, on en conviendra, de la légitimité démocratique.

Que, par ailleurs, Alexandre Tsipras annonce son intention, s’il est élu, de renégocier les emprunts dont son pays a bénéficié, mais que la population a payés au prix fort, relève du choix démocratique que des électeurs peuvent opérer. Dans la clarté, on l’espère, car ce débat électoral risque de se dérouler dans un climat populiste, qui, parallèlement à la gauche extrême, risque, hélas, de voir encore la montée du répugnant parti grec authentiquement nazi.

Et si effectivement, Alexandre Tsipras obtient ce mandat, il devra soumettre des propositions de négociations aux autorités européennes, que celles-ci seront libres d’accepter ou de rejeter en tout ou en partie: là aussi, cela fait partie du jeu démocratique normal. Le Premier ministre grec, quel qu’il soit au lendemain du scrutin de la fin janvier, devra aussi expliquer à ses compatriotes qu’au sein de l’Union Européenne, des règles démocratiques prévalent, où ils ont leur rôle à jouer, mais pas plus. Tandis que les mandataires européens devront, inévitablement, tenir compte de l’expression populaire traduite par le résultat de l’élection…

Et puis enfin, tout se joue comme si l’élection était déjà jouée! Or, d’accord, Syriza est pour l’instant créditée de 29,9% des intentions de vote, elle qui en avait 26,8 lors du dernier scrutin. Le gain n’est pas important en soi, si ce n’est que, traduit en résultats électoraux, il lui donnerait l’avantage en sièges concédé au premier parti grec. Mais cela ne suffirait toujours pas à lui donner une majorité. Et avant d’aller éventuellement frapper à la porte de l’Europe, Alexandre Tsipras devrait d’abord trouver en Grèce des partenaires de gouvernement, à qui il devrait d’abord faire des concessions programmatiques.

Tout cela, qu’on le veuille ou non, relève du fonctionnement de la démocratie. Et avant de se lancer dans des spéculations diverses, il serait peut-être tellement simple de… laisser l’électeur grec s’exprimer?

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