Un club SSF depuis vingt ans mais toujours vivant


Grâce à «La Tribune» de lundi, puis à «La Première» de ce matin, toute la Belgique sportive sait que le RFC Liégeois, premier club wallon et premier champion de Belgique de l’histoire de notre football, est un club SSF (Sans Stade Fixe) depuis vingt ans.

L’évocation de ce triste soir de novembre 1994, avec une rencontre entre les «Sang et Marine» et le Cercle de Bruges, conclue sur un triste 0-0 qui, sans cette circonstance particulière, ne serait pas passé à la postérité, n’a pas rappelé le jeu de rôles à trois qui, à l’époque, a conduit à la destruction du vieux stade-vélodrome de Rocourt.

1434452603L’acteur principal de cette dépossession était le président de l’époque du matricule 4: en toute légalité, André Marchandise avait, quelques années auparavant, remplacé l’antique coopérative du RFC Liégeois par une double société anonyme: l’une dont le capital était constitué par le stade et son site; l’autre par les joueurs du club. Dans le cas de cette dernière, l’arrêt Bosman, concluant une affaire entamée… au RFC Liégeois, allait réduire à néant la valeur du capital.

L’autre acteur était le groupe Kinepolis, en quête, à l’époque, d’un site pour implanter un complexe cinématographique en région liégeoise. Le site de Rocourt était parfaitement situé, à deux pas d’une sortie autoroutière: cette situation tout à fait favorable aurait d’ailleurs dû faire du stade-vélodrome rénové le stade liégeois de l’Euro belgo-néerlandais de football, si celui-ci s’était déroulé en 1996 plutôt qu’en 2000.

Le troisième partenaire était la ville de Liège, prise entre la volonté de vendre le stade à l’encan du premier (pour 1,4 million d’euros finalement); le désir d’acheter du second, et soumise au «chantage» exercé par les deux partenaires potentiels. Du côté du club, on attirera subtilement l’attention de l’autorité communale sur des problèmes de sécurité graves au stade… qui n’en avait pas moins accueilli, un an auparavant, et sans la moindre objection, un match européen du Club Brugeois, condamné à disputer une rencontre à au moins 200 kilomètres de ses bases. Le groupe Kinepolis menacera, lui, d’implanter son complexe à Hognoul, ou à Herstal, et non seulement de priver ainsi la ville du produit de la taxe sur les spectacles perçue sur les tickets d’entrée, mais également de fermer, à terme, les salles du complexe Opera et celles du Palace. Les premières ont effectivement fermé leurs portes, mais dans l’accord final, la rénovation des salles du Palace fut incluse: le centre-ville de Liège ne perdait ainsi pas complètement la clientèle des passionnés de salles obscures.

Le Club Liégeois s’est ainsi, depuis vingt ans, retrouvé balloté de stade en stade (Eupen, Sclessin, Tilleur, Ans, Seraing…) et attend, maintenant, de faire retour dans un site à Rocourt. C’est un exemple unique dans le football belge, et sans doute dans le football européen. Que le matricule 4, livré, entre-temps, à une époque, à d’authentiques mafieux, n’ait pas sombré dans l’aventure montre que les grands clubs ne meurent jamais. Mais surtout, que dans le monde du football pourri par l’argent, la corruption, et la criminalité en col blanc, il subsiste encore des valeurs simples, comme celles de l’attachement de sympathisants à leurs couleurs, et de pratique du football pour l’amour du sport.

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13 réflexions sur “Un club SSF depuis vingt ans mais toujours vivant

  1. Les grands clubs ne meurent jamais. C’est vrai que le RFC Liégeois traverse les tempêtes avec une rage de vivre qui fait plaisir à voir. Longue vie aux « Sang et Marine ». Sueur de sang pour la survie, marine pour le maintien à flot d’un grand du football belge que les Wallons surtout espèrent revoir un jour en D1 dans un « stade-maison ».

    • En revoyant le Stade de Reims en première division française, je me suis pris à rêver… Mais il faudra que je vive vieux pour revoir le RFCL en première division. En attendant, je suis devenu… actionnaire du SC Eibaer, en Primera Liga. Le club basque, champion de division II, sain financièrement, et qui paie ses joueurs à temps et à heure, ne pouvait monter, s’il ne pouvait déposer en banque une somme considérable (un million d’euros, si je me souviens bien) qu’il ne possédait pas. En mai dernier, il a lancé un appel via le Web: de très nombreux sympathisants ont versé de l’argent et lui ont permis de récolter le double de la somme, si je me rappelle bien. Opposé au « foot-fric », j’ai répondu d’autant mieux que le SC Eibar joue en… rouge et bleu. Et, il n’y a pas longtemps, j’ai reçu le certificat prouvant que je détiens… quatre actions du club. Réconfortant…

  2. Mon paternel, supporter inconditionnel du FC Liégeois, m’emmenait avec lui (années ’50) au stade. Nous partions de Stavelot, tôt le matin, via Trois-Ponts, en train, tram…, pour rentrer en fin de journée. Par tous les temps. Et, quand le match était remis à Rocourt (brouillard, par exemple), et qu’on était prévenu sur place, on filait à Sclessin… sans enthousiasme… Mon père correspondait avec certains
    joueurs et, à une mi-temps, j’ai pu entrer dans le vestiaire saluer en sa compagnie les Anoul, Carré, Dechamps, Delhasse… (champions). Quelle époque ! Impensable, et pour cause, à l’heure actuelle. Toutes les semaines, je regarde les résultats du FC Liégeois et ce club reste gravé dans ma mémoire.

    • C’est également mon défunt paternel qui m’a donné la passion du RFCL. Grand ami de Jean Loos, qu’il avait eu sous ses ordres lors de la bataille de la Lys, en mai 1940, il n’allait que très rarement au Standard, et ne m’y a jamais amené. Impensable, de fait, d’entrer dans les vestiaires, ni comme sympathisant, ni comme journaliste aujourd’hui. Et donc on n’y recueille plus d’infos de coulisses…

  3. C’est aussi grâce à mon père que j’ai pu assister aux matches du FC Liégeois à l’époque des Delhasse, Baré, Defraigne, Lejeune, des frères Sulon, des Letawe, Croté, Cribioli, Wégria et Kilola puis, un peu plus tard Depireux et Bertoncello. Je n’avais que 14 ans à l’époque et j’avais interviewé Émile Lejeune par écrit pour le journal édité par ma classe sous la direction de mon prof de français. J’habitais Dolhain à l’époque et sans mon père, je n’aurais jamais pu voir un match ni rencontrer physiquement Émile Lejeune avec qui j’ai entretenu une longue correspondance entrecoupée d’invitations réciproques à nos domiciles. A l’issue d’une victoire contre Anderlecht (3-1 ou 3-0), il m’avait introduit dans la salle de réception. Depuis lors, je n’ai cessé d’aller voir jouer le FC Liégeois, très assidûment jusqu’à l’époque de Bureaufosse , plus sporadiquement par la suite mais j’y vais encore quelques fois chaque année. Je ne joue à l’Euromillions que dans l’espoir de pouvoir réparer l’injustice subie par mon club de cœur sous l’ère des sinistres Marchandise et Delahaye.

  4. C’est aussi mon défunt paternel qui m’a transmis le virus rouge et bleu; à bientôt 50 ans, j’ai connu d’abord la décennie mi-figue mi-raison des années 70 avec un excellent souvenir notamment d’un centre-avant hongrois au nom d’Istvan Lakner et puis les moments euphoriques des coupes d’Europe dans les années 80; j’ai gardé le virus et je suis le club régulièrement; ayant assisté en famille récemment au match Liège-Waremme, je peux témoigner que la ferveur reste intacte et que nous attendons avec impatience le nouveau stade et la remontée ….

    • Moi je suis issus d’une famille rouge et bleu,j’ais commencé a allé au rfcl en 1951 j’étais haut comme trois pommes et nous allions en famille au stade dans la tribune debout et je regardais le match sur les épaules de mon oncle,mon papa lui préfèrait les pourtours près du pylonne a coté de la tribune assise et quant Liège ne jouait pas sur son terrain nous allions au racing club de Montegnée et quant Liège jouait en déplacement pas trop loin nous faisions les club de saint-Trond ,Vervier,patro Eisden,winterslag mais jamais au standard,je suis donc supporter du RFC LIEGE depuis 65 ans et je n’ais jamais mis un pied au standard,parfois on allait voir jouer un oncle a fc Tilleur il s’appelait DE KONING sacré caractère comme dans notre club ou j’ais assisté a du beau spectacle car a ce temp la on jouait pour les couleurs et on savait mouiller le maillot sans ammasser des fortunes,maintenant que toute ma famille s’en est allée je suis le seul qui continue et ce que j’espère de tout coeur c’est de voir le nouveau stade et y faire le plus possible de photo car la haut c’est a bras ouvert qu’on m’attendra,merci pour ce renouveau.

  5. Dite j’ai bon regarder partout mais je ne trouve pas, moi je voulais avoir une carte de socios du rfc Liège mais à première vue ils n’en font pas domage non une cotisation pour soutenir mon club favori et avoir des ristournes pour l’abonnement ou pour des tickets de match car moi je n’ai pas souvent l’occasion de voir un match car boulot et quand je peu Ben je le passe en famille , j’espère avoir une réponse à ma question un rouge et bleu deuis toujours

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