Un anniversaire oublié


Le monde se prépare à commémorer le début de la Première guerre mondiale, il y a cent ans. Juste après viendront sans doute les cérémonies anniversaires de la libération de Paris, puis de la Belgique. Comme, il y a six semaines, le débarquement de Normandie a fait l’objet, à juste titre, d’un grand rassemblement dédié à la mémoire.

Ce 20 juillet, par contre, nos médias  ne rappelleront sans doute guère l’attentat manqué contre Adolf Hitler, il y a, là aussi, tout juste septante ans.

wolfsh10Il faisait très chaud ce jour-là en Prusse Orientale, et cet élément météorologique a peut-être contribué à sauver la vie du tyran: la réunion d’état-major, où les conspirateurs avaient décidé de le frapper, avait été déplacée de son bunker de béton à un baraquement en bois, dont l’explosion ne laissera rien. Mais Hitler en réchappera, pour des raisons qu’on a maintes fois exprimées. Et les conjurés, Claus von Stauffenberg en tête, paieront leur échec de leur vie.

Après la résistance admirable des jeunes animateurs de la «Rose Blanche», les conspirateurs du 20 juillet, qui se situaient dans la même ligne, ont montré que, même sous la pire des dictatures, des consciences indépendantes peuvent survivre.

L’échec de l’attentat a empêché une gouvernement provisoire, composé notamment de représentants de l’ancienne caste militaire allemande, de tenter de négocier avec les alliés occidentaux un accord de paix, dont on ne saura jamais s’il aurait eu quelque chance d’aboutir.

Surtout, les neuf mois et demi qui ont permis au système nazi de se prolonger ont vu l’Allemagne complètement écrasée. Peut-être devait-il en aller ainsi pour en éradiquer totalement le poison nazi. Et finalement, permettre la naissance d’une Union européenne actionnée par le moteur franco-allemand. Le moteur a bien des ratés aujourd’hui, et l’Europe est plus souvent vilipendée qu’à son tour; le souvenir des conspirateurs du 20 juillet doit permettre de se rappeler d’où on vient. Et de mesurer le chemin parcouru…

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