Vérité au Kosovo, au Québec, en Écosse, en Catalogne ou en Flandre, et mensonge en Crimée?


Quel que soit son résultat, et le plus probable est sans doute un «Oui» à la proposition de rattachement de la péninsule à la Russie, le référendum qui se déroule ce dimanche en Crimée ne sera donc pas reconnu par la communauté internationale.

Referendum-KosovoJ’entends bien que cette consultation populaire se déroule dans des conditions qui ne rassurent personne sur les droits de la minorité à s’exprimer, et rien que cela, sans aucun doute, justifie les réserves annoncées par avance. Il n’en reste pas moins difficile de justifier pourquoi, dans le cas de la Crimée, le vœu exprimé dans ces conditions par la population sera considéré comme nul et non avenu, alors que la déclaration d’indépendance unilatéralement proclamée par le Kosovo, le 17 février 2008, a, elle, été reconnue par un certain nombre de pays. En dépit du fait que les Serbes du Kosovo n’avaient pas participé au vote de l’assemblée de Pristina. Pour les Russes, il y a là deux poids, deux mesures. On peut en tout cas se demander pourquoi, dans un cas, la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes (ou à s’indisposer eux-mêmes s’ils le souhaitent) est reconnue, et pas dans l’autre. Et qu’on ne nous ressorte pas là la distinction jésuitique entre la volonté d’autonomie d’un peuple qui souhaite obtenir son indépendance, qu’on opposerait à la volonté de sécession qui habiterait les habitants de la Crimée. En oubliant au passage que le rattachement arbitraire de la Crimée à l’Ukraine, par Nikita Krouchtchev, il y a six décennies, ne répondait, lui, à nulle demande populaire.

La communauté internationale, en tout cas, fait preuve d’une inconséquence certaine en la matière. Elle a été soulagée, quand les consultations populaires menées dans le passé au Québec, ont abouti à deux reprises à des victoires de justesse du «Non» à l’indépendance de la «Belle Province». La campagne électorale en cours au Québec, dont les «Péquistes» pourraient sortir à nouveau vainqueurs, et à la tête, cette fois, d’un gouvernement majoritaire, risque bien de remettre le problème à l’ordre du jour. Mais avant cela, il y aura les consultations annoncées en Écosse, cette année; puis en Catalogne, en attendant peut-être, demain, ou après-demain, en Flandre: les indépendance éventuellement réclamées à ces occasions seront-elles reconnues ou rejetées? Et sur quelle base? Il n’est décidément pas aussi simple de nier la volonté, exprimée ce dimanche, en Crimée, de retour à la Russie…

 

Publicités

2 réflexions sur “Vérité au Kosovo, au Québec, en Écosse, en Catalogne ou en Flandre, et mensonge en Crimée?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s