Le journalisme de qualité est-il soluble sur Internet?


 

Bevalling Carla Bruni grap van Franse komiek

  • vrijdag 07 oktober 2011, 12u31

 

 

Il faut laisser au « Standaard » le mérite d’être retombé sur ses pattes. Sur son site Web, ce lundi, plus de trace de la « bourde » qui a fait rire la France entière ce week-end: l’accouchement de Carla Bruni-Sarkozy y est bien présenté comme la blague d’un humoriste français, Nicolas Canteloup en l’occurrence. En attendant bien sûr qu’il se produise effectivement.

Le problème, c’est que le quotidien flamand, qui aime à se présenter comme un journal de référence au nord du pays, s’est laisser abuser par l’amuseur public, au point d’annoncer en exclusivité, sur son site Web, la naissance de l’enfant du couple présidentiel, sans se rendre compte qu’il s’agissait d’un canular, basé sur un calembour (« nouveau-né »‘ et « nouveau nez ») qui n’avait pas été compris. Et, du coup, l’info a été reprise sur plusieurs sites, et a commencé à tourner, donnant… naissance, ainsi, à une nouvelle histoire belge dont la France se gausse. Aujourd’hui, on a tout effacé sur le site du « Standaard », qui n’a pas pris la peine de s’excuser pour avoir diffusé une information erronée, mais soit, un journal de qualité n’a pas, on le suppose, à s’excuser…

Le propos, n’est pas, ici, d’ironiser sur une erreur journalistique: l’auteur de ce blog en a commis suffisamment pour faire preuve de modestie en la matière. Mais il me fournit l’occasion de rappeler la campagne menée par la Fédération Européenne et par la Fédération Internationale des Journaistes pour un « journalisme de qualité ». Cette campagne fait référence aux conditions de travail des journalistes, qui se dégradent de plus en plus, dans toute l’Europe notamment. Mais elle se justifie aussi par les nouvelles conditions d’exercice du journalisme. L’irruption d’Internet et son exigence d’immédiateté pose pas de toute évidence en premier lieu  la question de la vérification des sources de l’information. En l’occurrence, ici, un humoriste, qui a été pris pour un journaliste. Mais, demain, qui cela peut-il être, puisque, sur le Web, tout le monde peut se prétendre journaliste?

La leçon à en tirer: une rigueur encore plus grande est nécessaire dans l’exercice de notre métier, et c’est un clou sur lequel il faudra de plus en plus taper et retaper. L’autre conclusion que j’en tire est qu’annonce la fin du papier, pour 2040 selon les derniers augures, n’est non seulement pas vraisemblable, comme je le pense. C’est surtout très peu souhaitable.  Car le jour où le Web sera seul à déterminer les canons de l’information, le journalisme de qualité sera gravement en péril.

 

 

2 réflexions sur “Le journalisme de qualité est-il soluble sur Internet?

  1. C’est une partie de l’explication. Mais l’autre leçon à en tirer, c’est qu’il ne faut pas se précipiter pour répercuter une nouvelle qu’on n’a pu contrôler….

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