Les États-Unis abattent la liberté de penser en plein vol


oliphantLe vote, discret, s’est déroulé dans une large discrétion: après le Sénat, la Chambre des députés belges a, après avoir soutenu la déclaration gouvernementale de l’équipe Leterme II,  approuvé un projet de loi, qui donne aux services de sécurité états-uniens le droit de vérifier les données personnelles des passagers aériens  qui voyagent à bord des appareils d’une compagnie belge.

Si besoin en était, ce vote justifie, ô combien, la campagne «Préserve ta vie privée» (www.preservetavieprivee.be) dont il a déjà été question sur ce blog. Non, il ne faut pas être paranoïaque pour imaginer que nos moindres faits et gestes sont consignés et peuvent être retenus contre nous, surtout si nous voulons voyager vers les États-Unis, voire même simplement traverser leur espace aérien: récemment, signale-t-on, un vol entre Paris et Mexico s’est vu interdire le survol des États-Unis, simplement parce qu’un activiste des droits de l’Homme se trouvait à bord de l’avion!

En matière de paranoïa, ce sont au contraire les États-Unis qui crèvent les plafonds. Et l’arrivée à la présidence de Barack Obama ne change manifestement rien! On peut certes comprendre le traumatisme des Américains qui, le 11 septembre 2001, ont subi, pour la première fois de leur Histoire moderne, une attaque directe contre leur territoire. L’horreur de cet attentat scandaleux reste aussi grande, huit ans plus tard. Mais entre-temps, Londres et Madrid ont été frappées. Pour rappel, l’Europe a été dévastée à deux reprises en un quart de siècle au XXeme siècle, et cela n’a pas empêché des responsables politiques visionnaires de jeter, quelques années après la fin de la Seconde guerre mondiale, les bases de l’Union Européenne. Et on ne parle pas des destructions subies par Santiago du Chili, un autre 11 septembre, de 1973…

Les États-Unis ont choisi de tenter de construire autour d’eux une forteresse qui ne sera pourtant jamais hermétique. Dans cette logique, ils foulent aux pieds les valeurs démocratiques dont il se sont fait longtemps les porte-drapeau. Le pire, c’est que leur exemple contagieux a contaminé notre vieille Europe. Avant de réclamer un changement d’attitude des États-Unis, c’est sûrement au projet de loi approuvé par nos sénateurs qu’il faut faire d’urgence obstacle. Au nom de notre vie privée, et de nos libertés fondamentales, dont celle de penser…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s