L’info avait été lancée en exclusivité, il y a quelques semaines, par le journal qui m’emploie et (air connu) qui ne me rémunère pas assez à mon goût, mais passons: Sacha Daout, lassé sans doute d’être le numéro 2 du débat dominical de la RTBF, a suspendu son contrat avec la chaîne publique pour devenir responsable de la communication au Standard de Liège. Un poste qu’il doit, dit-on, à l’amitié qui lie son épouse à celle de M. Luciano D’Onofrio, le vice-président du Standard, et grand ami, on le sait, de la presse critique.

Petite remarque au passage: le statut de fonctionnaires de nos consoeurs et confrères de la RFTBF est décidément bien favorable: il leur permet de renoncer à leur emploi sans y renoncer, pour tenter sans risques une autre aventure personnelle ou professionnelle. Si cette expérience tourne court, pas de problème: ils reviennent à leur point de départ, après un purgatoire éventuel, s’ils ont exercé un mandat politique. Et vogue la galère…

Revenons au fond des choses: le nouveau directeur de la communication du Standard de Liège a été interrogé par un excellent confrère sportif de “La Meuse”, le quotidien dont la rédaction sportive rédige, soit dit au passage, le périodique du club: indépendance rédactionnelle assurée!  Et l’interview vaut la peine d’être lue.

“Est-ce qu’un club comme le Standard peut se permettre un “black-out” vis-à-vis d’un média?” demande Yves Bouchard à Sacha Daout.

“Oui, sans problème” répond son interlocuteur. Expliquant que “les médias n’ont pas tous les droits. Si le climat de confiance est rompu, si une erreur a été commise, le média s’expose à une réaction”‘.

La réponse appelle plusieurs commentaires. Le premier est que le nouveau directeur de la communication du Standard de Liège a une conception bien singulière de… la communication. Son travail, précisément, n’est-il pas de rectifier les erreurs éventuelles, et de travailler à un climat de confiance entre le club et les journalistes, qui ne doit pas s’assimiler, pour ces derniers, à un climat de…. soumission au club?

La deuxième vise l’ancien journaliste de la rédaction politique de la RTBF. On savait que la rédaction sportive de la chaîne publique s’était déjà désolidarisée, en son temps, du portrait tout en nuances, du blanc au noir, de M. D’Onofrio, dressé par François Lissens, au moment de la reconquête du titre par les “Rouches”, après un quart de siècle de disette sportive. On peut supposer que Sacha Daout, lui aussi, n’était pas solidaire de son collègue. L’attitude témoigne, à tout le moins, d’un singulier manque de confraternité avec un collègue scandaleusement attaqué. Mais peut-être était-il d’accord avec son collègue à l’époque, et a-t-il changé d’avis depuis sa prise de fonction à Sclessin? En pareil cas, il ne ferait jamais que s’inscrire dans les pas de Clovis, le roi des Francs, qui s’était plié, dit-on à l’ordre de saint Remy: “Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré”….