Tel la guerre de Troie, le conflit d’intérêts n’aura pas lieu: une concertation à quatre, rassemblant les ministres fédérale et flamand de l’Emploi, Philippe Muyters (N-VA) et Joëlle Milquet (cdH), et surtout le Premier ministre, Yves Leterme, et son successeur à la présidence du gouvernement flamand, Kris Peeters, a permis de mettre de l’huile dans les rouages, et à chacun de se retirer sous sa tente avec le sentiment (ou en donnant l’apparence) d’avoir obtenu ce qu’il/elle voulait.
On se réjouira de voir que la lutte contre le chômage échappe ainsi (provisoirement?) au différend communautaire. À l’arrivée, on ne peut s’empêcher tout de même de penser que le gouvernement flamand, et en particulier son ministre nationaliste de l’Emploi, ont l’air aujourd’hui malins, d’avoir voulu tirer le canon pour tuer une mouche. Fallait-il vraiment cette dramatisation, pour obtenir un léger aménagement des mesures concoctées par Joëlle Milquet?
La journée d’hier a décidément été bonne pour cette dernière, puisque, en soirée, les présidents de parti et les ministres de la Communauté française sont enfin tombés d’accord sur la nouvelle mouture du calamiteux décret «Inscriptions». Et le cdH a réussi à faire passer la revendication essentielle de l’enseignement catholique: l’adossement scolaire, un temps rebaptisé «continuum pédagogique», et désormais appelé «partenariat pédagogique» entre établissements d’enseignement secondaire et écoles primaires. Carpe, je te baptise lapin, mais la notion reste identique. Bien sûr, le PS pourra se targuer d’avoir fait passer une notion sociale en imposant qu’un de ces partenariats englobe une école «défavorisée». Ce sera sans doute, ou peut-être, le cas: qui s’en souciera vraiment? Le cdH, lui, pourra se targuer d’avoir refermé la boîte de Pandore qu’avait ouverte de manière bien étourdie la calamiteuse ministre-présidente de la Communauté française Marie Arena. Bien joué, incontestablement, de la part de Marie-Dominique Simonet….
