Le «Nieuwsblad» s’est signalé, cette année, en publiant avant tous les autres médias, le discours traditionnel du Roi, «qu’un vent favorable nous a fait parvenir», s’est-il targué sur son site Web. L’expression (bateau) ne trompera personne: comme tous les autres médias, le quotidien flamand avait reçu le texte par avance, assorti d’une demande d’embargo, jusqu’au moment où il serait diffusé en radio et en télévision. Et le «Nieuwsblad» a décidé de s’asseoir sur cette demande d’embargo.

J’ai déjà eu à plusieurs reprises l’occasion de me gausser de ce «scoop du pauvre» que représente la rupture d’embargo, explicite ou implicite, comme sur l’invitation à une conférence de presse. Outre le manque flagrant de confraternité, que cette pratique représente, il y a là un terrible aveu d’impuissance: quand un média est forcé de recourir à ce type de méthode, c’est qu’il est bien en peine de fournir à ses lecteurs, auditeurs, ou téléspectateurs, des informations inédites.

Le piquant, là dedans, est que la manœuvre a été «justifiée» par Peter Vandermeersch, directeur général des rédactions flamandes du groupe Corelio, celui-là même qui, naguère, avait défendu la publication par le «Standaard» – dont il est originaire, qu’il dirige également, et dont il se réclame bien plus volontiers, parce qu’il a la prétention de défendre un journalisme de qualité – de pages de publicité électorale pour le Vlaams Belang

Le même Peter Vandermeersch a par ailleurs poussé son quotidien favori, le «Standaard», dans un flirt poussé avec «Le Soir». L’opération est essentiellement cosmétique, mais elle lui avait valu, il y a deux ans, d’être reçu en audience par Albert II, en compagnie de sa collègue du quotidien vespéral, Béatrice Delvaux. L’impolitesse commise avant-hier à l’égard du Roi n’en est que plus flagrante…