Une fois de plus, les débats télévisés du week-end de la RTBF et de RTL-TVI ont été consacrés hier au même thème («Faut-il supprimer les jurys d’assises?») avec largement les mêmes intervenants. Soit dit au passage, ce genre de «doublon» commence à furieusement lasser, et témoigne peut-être d’un singulier manque d’imagination des animateurs de ces émissions de débat, tant sur notre chaîne privée que sur notre chaîne publique, mais là n’est pas le propos de ce billet.

Un large consensus, me semble-t-il, s’est dégagé sur les plateaux de télévision, sur la nécessité de compléter la révision de la cour d’assises par la mise au point d’un délibéré commun sur la culpabilité entre magistrats professionnels et jurés populaires (resterait à régler le nombre de «délibérants»: 15 en adjoignant les acteurs en présence pour l’instant? 9, sur le modèle français, comme le suggérait Xavier Magnée?), afin d’éviter cette situation actuellement «inhumaine», dixit avec beaucoup de pertinence, Mme Karine Gérard, présidente de la cour d’assises de Bruxelles, tant pour les jurés que pour les acteurs du procès, qui doivent subir l’interminable motivation du verdict, une fois la position du jury arrêtée, et tout spécialement pour les magistrats professionnels qui doivent alors, comme l’a joliment dit un participant, «mettre des paroles sur une musique qu’ils n’ont pas composée». Une autre opinion largement répandue portait sur la nécessité, impérieuse à mes yeux, d’instaurer sur le modèle français une degré d’appel au niveau des assises. Tant personne, parmi les défenseurs du jury populaire, dont je suis, ne prétend que ce jury soit plus infaillible que des magistrats professionnels: en vertu de quel principe en irait-il donc ainsi?

À l’inverse, la position des contempteurs du jury populaire, est apparue particulièrement raide, par exemple dans le chef d’Adrien Masset, voire bilieuse, chez Christian Panier, un magistrat qu’on avait connu naguère beaucoup plus démocrate. M. Panier n’a-t-il pas supporté certaines critiques portées par voie de presse? Je l’ignore. Mais son agressivité me renforce plus que jamais dans ma conviction du danger d’un «gouvernement des juges»!