Avec la SNCB, on ne voit pas le temps passer…

Laisser un commentaire

Superbe encart publicitaire, aujourd’hui, de la SNCB, dans les pages du journal qui (air connu) m’emploie et ne me rémunère pas assez à mon goût: “La ponctualité. Nous y travaillons chaque minute” affirme le slogan. Mieux que cela, ajouterais-je, avec la SNCB, on ne voit pas le temps passer: la preuve par ces clichés de mauvaise qualité, pris mardi soir sur un quai de la gare du Nord à Bruxelles: en moins d’une minute de temps, le retard affiché de l’IC pour Welkenraedt-Eupen est passé de 5 à 9, puis à 10 minutes de retard. Difficile d’aller plus vite!

L’aventure ferroviaire, toujours…

1 Commentaire

Voyager en train est sans (aucun) doute une manière efficace de protéger l’environnement, et c’est, en principe, s’éviter le stress des files quotidiennes qui sévissent, spécialement sur les accès menant à Bruxelles. Fort de ce double principe, et devant participer à une réunion matinale, cette semaine, dans la capitale de l’Europe, de la Belgique, de la Flandre, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et du surréalisme, j’ai donc consciencieusement fait une nouvelle fois confiance à la SNCB pour me transporter. Bien m’en a pris: sur le quai de la gare de Verviers, un accompagnateur très aimable m’a expliqué qu’à la descente du train de 7 heures qui me déposerait à 7h31 sur un des quais de la gare Calatrava, à Liège, je pourrais sans problème prendre une correspondance qui, démarrant de la même gare des Guillemins à 7h42, me déposerait à Bruxelles-Nord à 8h27 ou à Bruxelles Central à 8h32. De quoi arriver sans problème au Residence Palace, pour mon rendez-vous de 9 heures. Le bordereau qu’il m’a remis  témoignait non seulement de son extrême disponibilité, mais aussi du parfait fonctionnement du boîtier électronique qu’il tenait à la main, et dont, soit dit au passage, il ne paraissait pas vraiment convaincu.

Ça, c’était pour la théorie. Parce que, en pratique, à peine installé dans le train de Bruxelles, j’ai entendu comme tous les autres voyageurs, un message nous informant de… problèmes électriques à une des voitures (pour celles et ceux qui me font l’amitié de lire de temps à autre ce blog, cela doit rappeler un épisode passé…), et nous signalant que le premier départ vers Bruxelles serait à 8 heures (ce qui, ipso facto, signifiait un retard, au départ, pour ce train, de l’ordre de 20 minutes!). Ce premier train vers Bruxelles, venait de Welkenraedt, et s’arrête à Verviers à 7h34. C’est le train que je n’avais pas voulu prendre, parce qu’il m’amenait en retard à Bruxelles. Je ne l’ai pas emprunté: retard pour retard, je préférais rester dans le wagon que j’occupais, et qui s’est vidé des trois-quarts de ses occupant(e)s, parti(e)s s’entasser dans l’IR venant de Verviers. Rassurez-vous, mon train est parti tout de même et il m’a déposé à 9h17 à Bruxelles-Central, soit avec 45 minutes de retard sur l’horaire!

En début de soirée, rebelote! Mais là, le retard m’a plutôt bénéficié: les 10 minutes de retard affichées par l’IR à destination d’Eupen (cf. photo de gauche), m’ont permis de ne pas attendre 56 minutes à Bruxelles-Nord, où, venant de Bruxelles-Schuman, j’arrivais en principe quatre minutes après le départ de ce train: je n’ai donc pas dû attendre le cadencé suivant, une heure plus tard!

L’aventure ferroviaire, cette fois, a plutôt tourné en ma faveur. Mais je n’étais pas au bout de mes constatations. Car arrivé finalement en gare de Verviers, j’ai constaté qu’au cours de la journée, les problèmes ne s’étaient pas résolus, puisque l’IR à destination d’Ostende, toujours au départ de Welkenraedt, affichait déjà (voir photo de droite) un retard important à son premier arrêt!

Les conditions de circulation, ce jour-là, il faut le préciser, étaient tout à fait normales. Pas de vents violant provoquant une chute de caténaire; pas de feuilles mortes accumulées sur les voies, et mouillées par la pluie, provoquant des patinages intempestifs sur des voies en montée; pas de neige accumulée ou de verglas rendant le trafic plus difficile qu’à l’habitude. Une journée “habituelle” sur le rail belge, en quelque sorte, avec les retards quotidiens qui provoquent l’ire des navetteurs, sans  conséquence apparente sur l’effort de ponctualité de notre compagnie nationale. De minutes en minutes de retard ainsi accumulées sur les quais, ce sont des heures, des semaines, voire des mois que les malheureux usagers quotidiens de la SNCB perdent ainsi en longues attentes inutiles. De quoi rendre les files quotidiennes, même vers Bruxelles, finalement assez sympathiques!

 

 

Politique de mobilité, qu’ils disaient!

2 Commentaires

La photo ci-contre est de mauvaise qualité, mais elle illustre parfaitement l’incroyable bordel qui régnait encore sur l’autoroute Aix-la-Chapelle-Liège-Bruxelles, ce mercredi, peu avant 18 heures. Le radioguidage annonçait prudemment dix kilomètres de bouchon en direction de Liège, mais comme le matin il en annonçait six, là où il devait y en avoir près de vingt, on ne se fiera que de manière très prudente à cette estimation.

Je parle du matin en  connaissance de cause: une nouvelle fois, j’ai été victime d’une situation (auto-)routière surréaliste qui, cette fois, n’est pas due à la fatalité, mais bien à l’impéritie des gestionnaires du réseau. Résultat des courses: il m’a fallu près de trois heures et demie pour parcourir un trajet qui, en temps normal, me prend de trente-cinq à quarante minutes. J’ai donc loupé les funérailles d’un ami très cher.

Il me suffisait d’être prévoyant, m’objectera-t-on? Je croyais l’avoir été, en m’accordant une heure et demie de temps de parcours. C’était sans compter sur le chaos invraisemblable régnant sur l’autoroute, bien pire que ce que les annonces lénifiantes du radioguidage, donc, laissaient prévoir.

La faute à qui, alors? «Il faut bien que l’on répare les routes. Si on ne le fait pas, les usagers ne sont pas contents» m’a lancé un préposé du Centre Perex, de la Région wallonne. Le constat est exact: faute d’avoir assuré un entretien suivi du réseau routier et autoroutier, il faut bien aujourd’hui tenter de colmater les multiples brèches ouvertes par un hiver… un peu plus rigoureux que d’habitude. Problème: au moment où je suis passé à hauteur du long chantier qui s’étire du bas de la côte de Barchon aux hauteurs des Hauts-Sarts, je n’ai aperçu… qu’une poignée d’ouvriers, en train de casser la croûte, accoudés contre un rail de sécurité! «C’était la pause de midi, tout le monde en prend!» a voulu justifier mon interlocuteur. Tout le monde, sauf les gens qui tentaient de réparer le retard dû à ce chantier, à l’abandon! Un grand chantier de cette importance n’est donc pas pris en charge par des équipes, qui se relaient? Et faut-il en conclure que seule la poignée de malheureux doit assurer à elle seule la réparation de tout le tronçon? Si c’est le cas, la notion de retard, évoquée par la Région, pour ce chantier, prend tout à coup une dimension effarante: le chaos risque de régner encore longtemps sur l’autoroute Aix-Liège-Bruxelles!

Voilà de quoi, en tout cas, amplifier les craintes qu’on peut avoir d’une autonomie accrue de la Région wallonne. Incapable, aujourd’hui, de gérer ses travaux publics, comment pourrait-elle gérer, demain, des compétences accrues, elle qui se montre là d’une incompétence crasse!

La Région n’est pas seule responsable du temps et de l’argent perdu par les nombreux usagers tombés dans ce chausse-trappe, et de la pollution extraordinaire provoquée par ce bouchon permanent: les gestionnaires de la circulation auraient pu, ou dû, penser à mettre des déviations en place, qui auraient délesté en partie l’autoroute. «On ne va quand même pas envoyer sur des routes nationales tous les poids lourds que vous voyez autour de vous!» m’a lancé un pandore du poste de circulation de Battice, que j’interrogeais sur cette absence de réaction. Oh, l’intelligente réponse que voilà! La signalisation dynamique qui est maintenant en place ne permet donc pas d’envoyer vers le plateau de Herve et la vallée de la Vesdre une partie du trafic, en instaurant par exemple des déviations… interdites aux poids lourds? Si, déjà, le flux de voitures à destination de Liège était distrait de l’autoroute, ce serait toujours cela de pris. Faudrait-il encore, là aussi des gestionnaires (du trafic) à hauteur des responsabilité qui sont les leurs. Mais le principe de Peter semble là aussi avoir été appliqué à large échelle, et nombreux sont, apparemment les gens à avoir atteint leur niveau d’incompétence!

Il y aurait là  déjà largement nourrir le flamingantisme qui sévit au nord du pays… s’il n’y avait eu, hier aussi, l’interview, en radio, du patron la  SNCB. Interpellé, et pour cause, sur les multiples retards enregistrés sur le réseau ferroviaire, Marc Descheemaecker a expliqué que la SNCB est… victime de son succès. Qu’elle est donc incapable d’assurer le transport d’un nombre croissant de voyageurs! Le patron de la SNCB a ainsi notamment pointé le train Maastricht-Liège-Bruxelles, annoncé avec tambours et trompettes lors de son lancement, il y a quelques années. Ce train, a-t-il expliqué, pose souvent problème à l’ensemble du réseau, car le moindre retard qu’il subit a des conséquences en cascade pour nombre d’autres convois. On a bien compris, à l’entendre, que ce train disparaîtra lors d’un des prochains remaniements des horaires ferroviaires. Et tant pis pour les voyageurs qui l’empruntent, et qui constatent, jour après jour, que le matériel qui roule sur cette ligne est vétuste! Marc De Scheemaecker a échappé à la question qui tue: pourquoi, à l’heure de la grande vitesse, le trajet «normal» de Liège à Bruxelles dure-t-il aujourd’hui plus longtemps qu’il y a un demi-siècle, à l’époque des locomotives… à vapeur?

Des trains qui accumulent des retards, des autoroutes complètement verrouillées: et il faudrait après cela qu’on se fixe des buts à atteindre?

Une ingéniérie sociale qu’il faudra bien démonter

2 Commentaires

C’est la désolation à Marseille: Ryanair va déserter le tarmac de l’aéroport de Marignane. En cause,un jugement défavorable à la compagnie de Michael O’Leary, qui a déclaré illégal le contrat irlandais sous lequel elle emploie des travailleurs sur le territoire français.

La décision était attendue: le big-boss de Ryanair n’avait pas fait mystère de son intention de partir, si l’action intentée contre lui par un syndicat de pilotes et par des autorités locales, qui l’accusaient d’éluder des impôts dus en France par le biais de ces contrats conclus dans un pays de l’Union Européenne où la taxation du boulot est nettement moins importante que dans l’Hexagone, se conclurait de manière négative pour lui. Ryanair épargne ainsi 30% de charges patronales, “qui ne sont pas dues puisque notre personnel travaille à bord d’appareils immatriculés en Irlande, et considérés comme faisant partie du territoire irlandais” plaidait le bouillant patron, qui a parmi ses cartons le projet de supprimer les toilettes à bord de ses avions, ou encore de surtaxer les passagers obèses.

Rien n’y a fait: les juridictions du travail françaises ne se sont pas laissé impressionner, et elles ont estimé que du personnel aérien vivant en France ressortit des lois françaises, et par voie de conséquence, que leur contrat de travail relève du droit social français.

Ainsi condamné, Michael O’Leary a donc mis sa menace à exécution: il a annoncé la prochaine fermeture du “hub” que Ryanair avait ouvert à Marignane en 2006, et par lequel ont transité 1.700.000 passagers l’an dernier. 13 destinations seront donc fermées à (court) terme et 200 salarié(e)s de Ryanair seront donc déplacé(e)s – ou perdront leur emploi! – vers des aéroports espagnols, italiens… ou lituaniens! Dans le même temps, il a fait part de son intention de soumettre le dossier à…. la Cour européenne des Droits de l’Homme. Dans l’espoir que celle-ci avalise une fraude sociale astucieusement montée?

Sans surprise, les autorités locales, qui ont, comme chez nous, largement subsidié le débarquement à Marignane de la compagnie à bas prix irlandaise, crient au scandale. Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, membre de la majorité présidentielle, clame qu’il est temps de modifier la réglementation sociale dans le secteur aérien “définie pour protéger les intérêts d’Air France, à l’époque, mais qui est désormais obsolète”. Si peu obsolète, en fait, que Ryanair a déjà été condamnée à de fortes amendes, pour une manœuvre similaire, à l’aéroport d’Orly. Mais comme la banlieue parisienne est cruciale pour sa compagnie, Michael O’Leary, là, a “banqué” sans sourciller. Certain, sans doute, de reporter le coût de ses amendes sur sa clientèle?

Jacques Pfister, le président de la Chambre de commerce de Marseille, a, lui, affirmé que la présence de Ryanair avait rapporté depuis 2006, 550 millions d’euros à l’économie régionale. Sans poser la question de savoir, bien sûr, si cette manne, pour autant qu’elle soit avérée, autorise un opérateur aérien à éluder l’impôt dû par ses concurrents. En termes de droit communautaire, cela s’appelle distorsion de concurrence, une notion à la quelle la Chambre de commerce, toute marseillaise qu’elle soit, ne doit pas être indifférente…

La manière d’opérer de Michael O’Leary devrait alerter l’autorité wallonne, qui a déroulé le tapis rouge de l’aéroport de Charleroi à la compagnie irlandaise, sans la paralyser pour la cause. D’abord parce que le patron de Ryanair a déjà accepté une décision de justice qui déclarait illégale les aides publiques dont il a bénéficié pour venir se poser à Gosselies. Sans doute parce qu’il sait l’endroit stratégique. Et que s’il le quittait, les candidats ne manqueraient pas pour occuper le créneau qu’il laisserait ainsi libre?

Ryanair a démocratisé le transport aérien, on ne le niera pas. Au prix d’une “fraude sociale” bien organisée, cela, on ne peut l’admettre. Des syndicats s’y sont opposés, des juges du travail leur ont donné raison. La “vengeance” de Michael O’Leary en apparaît d’autant plus scandaleuse. Il est un moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce: ne plus voyager par Ryanair!

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 348 followers