Les F1 feront le plein de sang à Bahrein

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L’annulation du GP de Formule 1 à Bahrein, l’an dernier, suffisait sans doute aux yeux de M. Bernie Ecclestone et des papes du sport automobile: ce dimanche, les bolides rouleront bien à Manama. Et qu’importe si un manifestant est mort, aujourd’hui, aux abords du circuit: après tout, l’opposition politique n’avait qu’à se tenir coite en ce beau week-end de fête du sport, non?

L’indifférence des milieux sportifs en général, du sport automobile en particulier, à l’environnement dans lequel les grandes manifestations sportives se déroulent est consternant. Oh, bien sûr, de sport, il n’est pas vraiment question dans ces grandes rencontres: un GP de F1, pour prendre l’exemple de l’épreuve de ce dimanche, est essentiellement une affaire de fric. Et, en matière de fric, M. Ecclestone est un grand spécialiste, les contribuables wallons sont bien placés pour le savoir! Que, dans sa course au pognon, il ne s’inquiète nullement du caractère plus ou moins dictatorial des régimes où il organise son cirque n’est dès lors que peu surprenant: la Chine, après tout, est un marché immense à conquérir, et les opposants, tibétains et autres, n’ont qu’à se le mettre une fois pour toutes dans la tête!

Le plus lamentable, dans tout cela, c’est que les commentateurs sportifs, ce dimanche, indifférents à tout ce qui se passe aux abords de l’anneau qui les hypnotise, ne se concentreront à nouveau que sur les circonvolutions des bolides sponsorisés. De quoi, une nouvelle fois, se faire poser sérieusement la question de savoir si le journalisme n’est pas soluble dans le sport. Pour moi, hors rarissimes exceptions, la réponse à cette interrogation coule de source, et je suis sûr qu’on en aura encore la preuve lors du prochain Euro de football en Pologne et en Ukraine: qui, parmi les footeux, joueurs, dirigeants, ou journalistes, se préoccupera vraiment du caractère antidémocratique du régime autocratique ukrainien? Il est loin le temps où un Johan Cruyff refusait d’aller disputer le Mondial de 1978 en Argentine, pour dénoncer les crimes de la dictature militaire argentine. Son absence a peut-être coûté un trophée mondial aux Pays-Bas: elle n’en a pas moins, à l’époque, sauvé l’honneur du sport. En F1, aujourd’hui, il n’y a pas de Johan Cruyff. Hélas.

Un vainqueur uniquement préoccupé de son niveau de carburant

Je n’avais pas pris grand risque en écrivant les lignes qui précèdent avant le début de l’épreuve: le Grand Prix s’est déroulé, comme prévu, dans la plus totale ignorance des manifestations qui se déroulaient à l’entour du circuit, et qui ont coûté la vie à au moins un manifestant. Interrogé à ce propos, le vainqueur de la course, Sebastian Vettel, champion du monde en titre, a déclaré ne s’être préoccupé que… de son niveau de carburant. Et oui, des Johan Cruyff, on n’en trouve plus dans le sport actuel….

 

 

Comment peut-on être germanophone?

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Une nouvelle fois, l’Union belge tremble sur ses bases: la Commission Belge d’Arbitrage du Sport (CBAS), dépendant du Comité Olympique et Interfédéral Belge (COIB) entend, ce matin, les plaidoiries dans l’affaire qui oppose l’AS Eupen à la Fédération. Toutes les rédactions sportives suivent évidemment le dossier de près, et parmi elles, celle de «La Première», qui, évoquant l’affaire, a qualifié Eupen de club… «rédimé». Insolite, n’est-ce pas? Ou plutôt significatif de la large ignorance de la région germanophone, vue de Bruxelles?

L’expression «cantons rédimés», pour désigner les cantons d’Eupen, de Saint-Vith, et de Malmedy, rattachés à la Belgique après la Première guerre mondiale, a eu cours jusqu’au milieu des années 60 au plus tard. Près d’un demi-siècle après leur intégration dans notre pays, on ne pouvait en effet plus considérer que ces cantons étaient toujours «rachetés», traduction certifiée conforme du verbe latin redimere. La réforme de l’État, initiée en 1970 et pas toujours achevée, a donné naissance aux Communautés et Régions, et le terme «Communauté germanophone» s’est ainsi progressivement imposé dans le vocabulaire politique. Les quelque 70000 Belges germanophones ont désormais leur propre Parlement, et leur propre gouvernement, présidé par Karl-Heinz Lambertz, et ils sont sans doute la minorité la mieux protégée d’Europe. Leur attachement à la Belgique est donc très grand, au point qu’on les a parfois surnommés «les derniers Belges», à la fois parce qu’ils ont été les derniers à être intégrés dans le territoire, mais surtout parce que, si un jour la Belgique devait disparaître, c’est sans doute à Eupen qu’on éteindrait la lumière avant de fermer la porte.

Le terme «rédimé», réentendu ce matin sur la première chaîne de la RTBF, a donc quelque chose d’incongru, voire d’insultant pour nos voisins germanophones. Il témoigne une nouvelle fois de la méconnaissance de la province profonde dans certains milieux de la capitale (on se souvient qu’il y a quelque temps, un quotidien bruxellois avait proclamé «oser Eupen», un peu comme s’il s’aventurait en terra largement incognita!). Et on comprend un peu mieux cette récente déclaration de Karl-Heinz Lambertz, lors d’une conférence qu’il a donné sur le fédéralisme belge à Anvers, où il a expliqué la demande d’autonomie accrue des germanophones par leur sentiment d’avoir de plus en plus de difficultés à se faire entendre, surtout, maintenant, qu’est née cette «Fédération Wallonie-Bruxelles», dont le contenu reste toujours aussi flou, puisque ses promoteurs continuent à parler de l’association des Wallons et des Bruxellois, en oubliant qu’il y a à Bruxelles des habitants néerlandophones, qui ne sont en principe pas concernés par cette grande opération.

Pour peu, on s’imaginerait ces confrères bruxellois, tout à l’heure, devant les locaux de la CBAS, paraphraser Montesquieu et s’exclamer «Il faut avouer qu’ils ont bien l’air rédimés!», si, d’aventure, au sortir de la Commission, les représentants du club eupenois confèrent entre eux en allemand. Ce qui, soit dit au passage, ne sera sans doute pas le cas: depuis son rachat par un consortium italien, et l’arrivée au pouvoir de M. Antonio Imborgia; depuis, aussi, le tout récent remplacement par Roland Louf du directeur démissionnaire du club, Manfred Theissen, l’AS Eupen a perdu le caractère de club typiquement germanophone, qu’il avait à l’époque de Pol Brossel, pour se muer en tour de Babel, où la langue de Goethe n’est sûrement plus prépondérante. Au point que, pour certains, l’AS Eupen a perdu son âme, depuis qu’elle a été rachetée. Rachetée? Bon sang, mais c’est bien sûr: c’est sûrement à cette opération que «La Première» faisait référence, quand elle a parlé de club… rédimé. Tant de subtilité me dépasse!

Le baiser qui tue la crédibilité journalistique

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Précautions liminaires: le football, noyé sous le fric, ne m’intéresse plus autant qu’il ne ne faisait jadis, ce qui ne m’a pas empêché de regarder deux ou trois rencontres du «Mondial» sud-africain, et notamment une finale méritoirement remportée par l’Espagne. Je ne suis pas non plus un spécialiste des potins des stars, et jusqu’à ce qu’un ancien confrère aujourd’hui à la préretraite m’alerte sur la vision du baiser donné par Iker Casillas, le gardien espagnol, à la journaliste Sara Carbonero, j’ignorais tout à fait que la «bimba» de la chaîne privée espagnole Telecinco était, en fait, la nouvelle petite amie du portier du Real.

Cela posé, rien que la vision de cette charmante consœur interviewant le gardien de but champion du monde, les joues peintes aux couleurs du drapeau espagnol me paraissait déjà choquante: bien sûr, l’Espagne vivait, avant-hier soir, une soirée sportive exceptionnelle, mais cela autorisait-il une (pseudo?) journaliste sportive à s’afficher ainsi résolument aux antipodes de la sacro-sainte objectivité, qui devrait être la règle cardinale de notre métier?

Disant cela, j’ai conscience de ramer largement à contre-courant. Les grandes compétitions sportives voient de plus en plus les journalistes sportifs (sportives), et spécialement les journalistes sportifs (sportives) de la télévision se muer en partisans plutôt qu’en observateurs. La dérive est générale, même en Belgique, où on n’oubliera pas la manière dont la rédaction sportive de la chaîne publique francophone, la RTBF, s’est naguère désolidarisée d’un journaliste du journal télévisé, qui avait eu le grand tort de rappeler les casseroles judiciaires attachées aux basques du vice-président du Standard de Liège, le jour où ce club avait renoué avec un titre qui se dérobait à lui depuis un quart de siècle. L’Allemagne fait encore exception à la règle: les journalistes sportifs y font toujours preuve d’une (relative) sérénité de bon aloi. Mais c’est bien là une exception, qui se vérifie peut-être aussi dans les pays scandinaves: partout ailleurs, la passion nationaliste pollue le journalisme sportif, et d’abord le journalisme sportif télévisé. D’ailleurs, dimanche soir, c’est revêtus du… maillot de la «Roja» que les journalistes espagnols de la… chaîne publique (RTVE) ont couvert la finale. C’est dire s’ils avaient à l’esprit leur devoir d’impertinence!!!

Dans le cas de Sara Carbonero, il y a pire: c’est la relation qu’elle entretient avec le gardien de l’équipe espagnole. Un fait qui relève de sa vie privée… aussi longtemps que, comme ce dimanche, la chaîne commerciale qui l’emploie —et dont elle est tout de même directrice-adjointe, à 25 ans: sur base de sa seule compétence, on n’en doute pas un seul instant! — ne lui fasse interviewer son partenaire! L’interview, soit dit au passage, était d’une indigence crasse: Sara Carbonero — que d’excellents confrères espagnols me décrivent pourtant comme une bonne journaliste — n’a fait que bredouiller quelques «Bueno!», «Bueno!», pendant que son interlocuteur remerciait pour leur soutien ses parents, ses entraineurs, ses équipiers, saint Nicolas, le roi d’Espagne, le père Noël, et tutti quanti. Avant de lui clouer définitivement le bec d’une manière radicale, mais qui n’a pas dû lui déplaire. Elle n’a retrouvé la voix que  lundi, pour interviewer les stars espagnoles pendant leur interminable triomphe madrilène. Ses interviewes, disponibles en ligne (http://www.telecinco.es/informativos/mundial_2010/VideoViewer/VideoViewer.shtml?videoURL=20454) sont d’une acuité tout aussi affligeante. Et pour les visionner, il faut d’abord subir un intermède publicitaire. On touche le fond!

L’épisode a peut-être fait pleurer dans des chaumières espagnoles et même étrangères. Il devrait faire pleurer surtout dans les rédactions. Car c’est la crédibilité journalistique qui a été tuée par ce baiser. Définitivement. Si des questions s’étaient posées en Espagne, avant ce «Mondial», sur la relation entre M. Casillas et Mme Carbonero, elles ne l’avaient en effet pas spécialement été sous l’angle de l’éthique professionnelle: de nombreux observateurs s’étaient plutôt interrogés sur le risque de déconcentration du dernier rempart espagnol, ainsi observé en permanence par sa petite amie. La défaite de l’Espagne dans son match initial contre la Suisse avait même réveillé quelques critiques à ce propos. Seul, le président de l’Association des Journalistes Madrilènes at un tant soit peu sauvé l’honneur de la presse en posant la question de la crédibilité professionnelle de la belle  sur l’événement: vox clamans in deserto

Aujourd’hui, bien rares seront ceux qui oseront reposer cette question de l’éthique professionnelle, et de la dérive du journalisme sportif. La question est pourtant grave: le sport professionnel mérite en effet une vigilance toute particulière. Et il n’est peut-être pas indifférent qu’il soit si difficile d’y faire la lumière sur des dossiers de corruption, de tricherie, de dopage, etc… qui sont pourtant légion. L’omertà qui règne dans ces milieux fait que ces scandales sont souvent révélés par des journalistes d’information générale, comme on en avait eu l’exemple, en Belgique, lors de la révélation du fameux scandale des matches truqués par la mafia chinoise…

La question devrait interpeller les journalistes sportifs (sportives) encore dignes de ce nom. Elle devrait inquiéter l’ensemble des journalistes. Car elle se résume à une interrogation terrible: le journalisme est-il soluble dans le sport? Mme Sara Carbonero a apporté, à sa manière, une réponse positive à cette question. Hélas.


La faute aux journalistes, bien sûr?

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L’«affaire Anelka» a pris des allures d’affaire d’État chez nos voisins français. On murmure maintenant que c’est le président de la République, Nicolas Sarkozy lui-même, qui aurait demandé la tête de l’attaquant, après les propos injurieux qu’il avait tenus envers l’entraîneur, Raymond Domenech, et qui ont été ensuite reproduits à la «une» du quotidien sportif «L’Équipe».

Ce qui a surtout marqué les esprits, hier, c’est la grève des joueurs tricolores, pour protester contre le renvoi de leur coéquipier. Dès le départ aussi, on avait senti chez eux une hostilité évidente à l’endroit du «traître» (dixit leur capitaine, Patrice Evra) qui avait vendu la mèche à un journaliste de «L’Équipe», et aussi à l’endroit du quotidien, pour l’avoir reproduit en manchette. Lors de sa conférence de presse, aujourd’hui, Raymond Domenech l’a répété mais est resté à quia, quand on lui a demandé si la phrase, reprise en titre d’une page 2, aurait été moins grave à ses yeux.

Alors, une nouvelle fois, les journalistes sont-ils responsables de cet énorme fiasco, qui a fait des «Bleus» la risée du monde entier (pour un peu, ils se sont rendus aussi ridicules que les Diables Rouges belges)?

Il faut rappeler, d’abord que Patrice Evra et ses équipiers n’ont jamais rouspété, quand «L’Équipe», et tous les médias français au passage, ont célébré de manière un peu indécente leur qualification acquise de manière malhonnête, pour le Mondial d’Afrique du Sud (À ce propos, on notera quand même que le deuxième but brésilien validé hier contre la Côte d’Ivoire a été entaché non d’une, mais de deux fautes de mains, et là, personne n’en dit rien. La Côte d’Ivoire se retrouvait pourtant menée de deux buts, à ce moment-là, ce qui n’était pas la même chose que de n’avoir qu’un seul but de retard…). Ils n’ont rien dit non plus quand la presse française a couvert leur préparation pour le championnat du Monde, ou est restée mesurée dans la critique après leur première prestation très en demi-teinte. Une nouvelle fois, on doit bien constater que les sportifs ont tendance à considérer que les journalistes sportifs ne sont pas des journalistes à part entière, et à estimer qu’ils n’ont pas à exercer leur sens critique… dont ils se départissent parfois à (grand) tort.

L’incident qui a opposé Anelka à son sélectionneur dans le vestiaire est du genre dont il s’en produit des dizaines voire des centaines, chaque année, dans toutes les compétitions, c’est certain. Fallait-il en faire le plat que «L’Équipe» en a fait? Dès lors que le quotidien était certain de l’authenticité de l’information, oui. Parce que cet incident a amené la défaite des Français face au Mexique, qui les privera sans doute de la suite de la compétition. Ensuite parce qu’il témoignait, si besoin en était, de l’état d’esprit extrêmement négatif qui règne au sein du groupe tricolore.

La seule réserve que j’aurai est sur la reproduction, telle quelle, de la phrase ordurière d’Anelka à la «une». Non qu’il faille être bégueule. Mais simplement parce qu’en se contentant de la reproduire, nos confrères de «L’Équipe» ont surtout montré qu’ils manquaient d’imagination pour leur titraille.

La faute de goût n’en est pas pour la cause une faute professionnelle ou un dérapage déontologique. Pour le reste, les joueurs français feront bien de regarder dans leur assiette, plutôt que de chercher le fameux «traître». Ou de vilipender les journalistes. Trop facile, vraiment!

C’est l’âme du plus vieux club wallon qu’on assassine!

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C’est un coup de gueule que j’ai envie de pousser aujourd’hui. Pas à cause de la raclée prise, hier soir, à Ostende, par le RFC Liégeois: il y a des semaines qu’on sait le matricule 4 parti en droite ligne pour la division III.

Ce qui me fait hurler, ce sont les événements des dernières semaines. Guillaume Legros, le seul attaquant du club efficace devant le but adverse, voit d’abord son contrat cassé. À sa demande, dit-on publiquement: le garçon ne pourrait plus, en raison de ses obligations professionnelles, s’entraîner au rythme exigé par la division II. Étrange tout de même de s’en apercevoir à la mi-championnat. N’aurait-pu, se disait-on, mordre sur sa chique encore quelques mois, pour tenter de sauver l’essentiel? Et puis on apprend qu’il ne peut disputer, la semaine dernière, un dernier match sous les couleurs «sang et marine», comme il le souhaitait. Et on découvre, cette semaine, qu’il serait prêt à signer à… Tubize. Alors, fariboles sur cette rupture de contrat?

Il y a quelques jours, nouvelle tuile: Jean-Sébastien Legros, son frère; Gilles Cézar, et Christophe Kinet, sont renvoyés dans le noyau B, et l’entraîneur-adjoint, Dany Onclin, démissionne, en dénonçant des décisions «qui vont à l’encontre de la ligne de conduite fixée il y a cinq ans». Il aurait pu dire: qui vont contre l’esprit même du club. Car Liège n’en est pas à sa première tempête, loin de là. Et au fil de son histoire mouvementée, il s’en est toujours tiré de la même manière: en s’appuyant sur ses jeunes.

Ici, c’est la voie inverse qui est empruntée: les joueurs du club sont envoyés se faire voir ailleurs. Et on amène des joueurs brésiliens dont personne ne sait s’ils ont même le niveau de la IIIeme provinciale. Tout en promettant la reprise d’activité d’anciennes vedettes cacochymes, qui ont rangé leurs crampons au clou depuis un certain temps déjà! Ali Lukunku est ainsi réapparu sur les terrains belges. Enfin, réapparaître est un bien grand mot.

Les supporters avaient pourtant plébiscité le retour de Jules Dethier à la présidence: après tout, c’était lui qui avait fait remonter le Club Liégeois de promotion en division III, et de division III en division II, en jouant sur cet esprit liégeois. Même si la démission des responsables de l’école des jeunes, et le départ de Robert Waseige, qui s’était mis bénévolement à la disposition du club de son cœur, avait déjà posé question à ce moment-là.

Jules Dethier a fait beaucoup de promesses pour être réélu. Sachant sans doute très bien, pour en avoir été lui-même victime avec Michel Daerden, que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Il n’a finalement concrétisé qu’une seule de ses intentions: la collaboration avec un manager, José Rubulotta, qui est tout simplement occupé à flinguer le club, qui risque fort de ne pouvoir s’en remettre.

D’ici à quelques semaines, l’épilogue se réalisera sans doute. Jules Dethier plaidera que, de toute manière, des négligences administratives auraient de toute manière conduit le plus vieux club wallon à l’impasse. À ce que nous en savons, les négligences administratives perdurent. Avec en plus les remous décrits ci-dessus dans le vestiaire. Les supporters qui avaient amené la stèle dédiée à Oscar Flesch au pied de l’Hôtel de ville de Liège, il y a quelques semaines, doivent se rendre compte, aujourd’hui, qu’ils sont sans doute tombés de Charybde en Scylla…

Un fier Sicambre

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 L’info avait été lancée en exclusivité, il y a quelques semaines, par le journal qui m’emploie et (air connu) qui ne me rémunère pas assez à mon goût, mais passons: Sacha Daout, lassé sans doute d’être le numéro 2 du débat dominical de la RTBF, a suspendu son contrat avec la chaîne publique pour devenir responsable de la communication au Standard de Liège. Un poste qu’il doit, dit-on, à l’amitié qui lie son épouse à celle de M. Luciano D’Onofrio, le vice-président du Standard, et grand ami, on le sait, de la presse critique.

Petite remarque au passage: le statut de fonctionnaires de nos consoeurs et confrères de la RFTBF est décidément bien favorable: il leur permet de renoncer à leur emploi sans y renoncer, pour tenter sans risques une autre aventure personnelle ou professionnelle. Si cette expérience tourne court, pas de problème: ils reviennent à leur point de départ, après un purgatoire éventuel, s’ils ont exercé un mandat politique. Et vogue la galère…

Revenons au fond des choses: le nouveau directeur de la communication du Standard de Liège a été interrogé par un excellent confrère sportif de “La Meuse”, le quotidien dont la rédaction sportive rédige, soit dit au passage, le périodique du club: indépendance rédactionnelle assurée!  Et l’interview vaut la peine d’être lue.

“Est-ce qu’un club comme le Standard peut se permettre un “black-out” vis-à-vis d’un média?” demande Yves Bouchard à Sacha Daout.

“Oui, sans problème” répond son interlocuteur. Expliquant que “les médias n’ont pas tous les droits. Si le climat de confiance est rompu, si une erreur a été commise, le média s’expose à une réaction”‘.

La réponse appelle plusieurs commentaires. Le premier est que le nouveau directeur de la communication du Standard de Liège a une conception bien singulière de… la communication. Son travail, précisément, n’est-il pas de rectifier les erreurs éventuelles, et de travailler à un climat de confiance entre le club et les journalistes, qui ne doit pas s’assimiler, pour ces derniers, à un climat de…. soumission au club?

La deuxième vise l’ancien journaliste de la rédaction politique de la RTBF. On savait que la rédaction sportive de la chaîne publique s’était déjà désolidarisée, en son temps, du portrait tout en nuances, du blanc au noir, de M. D’Onofrio, dressé par François Lissens, au moment de la reconquête du titre par les “Rouches”, après un quart de siècle de disette sportive. On peut supposer que Sacha Daout, lui aussi, n’était pas solidaire de son collègue. L’attitude témoigne, à tout le moins, d’un singulier manque de confraternité avec un collègue scandaleusement attaqué. Mais peut-être était-il d’accord avec son collègue à l’époque, et a-t-il changé d’avis depuis sa prise de fonction à Sclessin? En pareil cas, il ne ferait jamais que s’inscrire dans les pas de Clovis, le roi des Francs, qui s’était plié, dit-on à l’ordre de saint Remy: “Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré”….

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