Van Damme retrouve son Mémorial: on avait mal compris!


Qui aurait donc pu imaginer la puissance diabolique de ce blog? Son effet semble en tout cas au moins aussi puissant que celui du célébrissime "Par Horus, demeure!": il a en tout cas paralysé les initiateurs du débaptême du Mémorial Van Damme en "Belgacom Memorial".

Mais en fait, c’est nous qui étions stupides! Jamais, ô grand jamais, les organisateurs n’avaient voulu supprimer la référence au médaillé d’argent des Jeux Olympiques de Montréal! Ils l’ont dit et répété aujourd’hui.

"La dernière chose que nous souhaitions, en tant qu’organisateurs du meeting, était que les gens pensent que nous souhaitions supprimer l’hommage rendu à Ivo. J’avais seize Imageans lorsqu’Ivo est décédé et je courais sur les mêmes distances que lui. C’était mon idole absolue. Mon monde s’est écroulé lorsque j’ai appris son décès. Il demeure pour toujours mon héros", a insisté le directeur du Mémorial, Bob Verbeeck. "J’ai lu que nous voulions enlever le nom d’Ivo. Or j’avais au contraire précisément l’intention de lui rendre hommage pour qu’il ne soit jamais oublié", a renchéri Wilfried Meert, le fondateur du Memorial.

Bon sang, mais c’est bien sûr, c’est encore ces stupides journalistes qui n’avaient rien compris! Et qui ont sans doute inventé la légende sur la confusion entre "Ivo" et "Jean-Claude" Van Damme! Quoi qu’il en soit, pour éviter toute confusion potentielle, les mots "in honour of Ivo Van Damme" seront ajoutés, ont dit les deux compères, au nom que le meeting porte, paraît-il, depuis 1993, le "Belgacom Memorial Van Damme".

Depuis 1993, vraiment? Etrange, jamais nous n’avions entendu nommer de la sorte le grand rendez-vous d’athlétisme de la fin août! Et s’il y a vingt ans que le Memorial porte ce nom, pourquoi diable, alors, avoir communiqué à ce sujet cette semaine?

La vérité, c’est qu’on nous reprend pour des imbéciles. Car c’est sans doute l’indignation des nombreux admirateurs qu’Ivo Van Damme garde en Belgique qui a imposé cette volte-face! Voilà qui est réconfortant: Sa Majesté le fric n’est pas invincible…

Ivo Van Damme enterré pour la deuxième fois!


Ainsi donc, par la grâce de Sa Majesté le fric, on ne pourra plus parler, dès cette année, du «Mémorial Van Damme», appellation désormais remplacée par la dénomination bassement commerciale de «Belgacom Memorial». Et voilà comment on jette définitivement aux orties la mémoire d’un des plus beaux espoirs de l’athlétisme belge, auteur, aux Jeux Olympiques de 1976, d’une performance qu’aucun athlète actuel ne serait capable d’approcher. Lamentable!

imagesMais le plus triste, dans toute cette histoire, c’est qu’on nous prend vraiment pour des andouilles. Car que dit-on, pour tenter de justifier cette commercialisation de l’hommage rendu à un champion fauché en pleine jeunesse? Que son nom ne dit plus rien aux jeunes, qu’on le confond avec… Jean-Claude Van Damme. Et puis quoi encore? Si c’était vraiment le cas, il suffisait de rebaptiser le Mémorial du nom d’Ivo Van Damme, et la confusion n’était plus possible. Sans doute les organisateurs étaient-ils trop honteux d’avouer que tout cela n’était qu’affaire de gros sous…

À tout le moins aurait-on pu sauver les apparences, en parlant du «Belgacom Memorial Ivo Van Damme», mais sans doute eût-ce été trop long comme appellation?

Cette histoire est lamentable. Et ce qui est sûr en tout cas, c’est que le changement de dénomination n’aidera pas à améliorer les performances: si cela suffisait, la «Jupiler Pro League» aurait une autre allure.

Après la lamentable histoire de la non-homologation du record mondial de la jeune pentathlonienne Nafissatou Thiam – qui a eu le grand tort de ne pas annoncer qu’elle allait battre ce record lors du championnat de Belgique de la spécialité organisé à Gand. Et dès lors, vous le comprenez bien, ma bonne dame, on n’allait pas dépêcher un médecin habilité à opérer un contrôle antidopage dans les temps, car on ne pouvait imaginer que vous étiez capable de réussir pareille performance… – voilà un autre événement qui témoigne, lamentablement, de la dérive du sport de haut niveau. Ivo Van Damme est ainsi enterré pour la deuxième fois par ceux qui prétendaient cultiver son souvenir. Il vaut mieux, peut-être, qu’il n’ait jamais vu cela!

Le football n’échappe pas à ses racines… d’Ancien Régime


La Wallonie malmédienne footballistique vient de connaître des semaines d’effervescence, avec le projet annoncé, combattu, puis rejeté de fusion entre les clubs de football voisins de Turkania Faymonville et de Wallonia Waimes. Le décision est aujourd’hui définitive: les Turcs, qui luttent pour leur maintien en promotion, redémarreront en septembre prochain en quatrième provinciale liégeoise; l’honneur du village est sauf. Car des irréductibles, il n’en manquait pas à Faymonville, comme on a pu l’entendre encore ce matin, dans un reportage de Bel RTL sur cette fusion avortée. La radio privée s’aventurait ainsi en terra incognita: il fallait entendre les présentateurs du journal, en studio à Bruxelles, s’étonner de l’accent du cru, pour constater, une nouvelle fois, que la Wallonie profonde est largement ignorée de nos médias audiovisuels nationaux!

FayTurc1L’envoyé spécial «belertéellien» connaissait d’ailleurs lui-même fort peu la région, puisqu’il a attribué, sans trop de conviction, le nom de «Turcs», donné aux habitants de Faymonville, à leur résistance acharnée au projet de fusion entre leur club de football et le club du village voisin, et adversaire.

Il lui aurait pourtant suffi d’aller se renseigner sur le site Web du Turkania, pour savoir que le surnom de «Turcs», donné aux habitants de Faymonville, et par voie de conséquence le nom donné à leur club, en 1921, vient tout droit de la période d’Ancien Régime: avant la Révolution française, le village de Faymonville faisait en effet partie du Duché de Luxembourg, au contraire des villages voisins, relevant de la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy. Et quand, aux XVIeme et XVIIeme siècles, les princes-abbés pressurèrent leurs administrés d’impôts, pour financer la chrétienté en lutte contre l’invasion du Saint-Empire romain de la nation germanique par les Ottomans – c’est de leur échec devant les murs de Vienne qu’est né le croissant qui régale nos petits déjeuners! – les habitants de Faymonville, eux, échappèrent à cette «rage taxatoire». Et, jaloux, leurs voisins les affublèrent du surnom de «Turcs», qui a perduré jusqu’à nos jours.

Cette appellation est une des ces manifestations de ce que les historiens appellent la persistance du passé. La rivalité acharnée qui oppose Faymonville à Waimes, réunis au sein d’une même commune, trouve incontestablement aussi son origine dans ces temps anciens.

Le nom du club waimerais, «Wallonia» est également le témoin d’une époque. Même si la fondation du club, là, est plus tardive (1945), il témoigne de l’attachement à leur identité des habitants d’une région, la Wallonie malmédienne, devenue prussienne puis allemande contre son gré, après le traité de Vienne, et qui n’est devenue belge qu’après la Première guerre mondiale. Dès la fin mai 1940 et jusqu’en 1945, avec les cantons voisins de Saint-Vith et de Malmedy, plus quelques communes de l’arrondissement de Verviers, le canton de Malmedy fut à nouveau annexé dans le Reich nazi: la création du «Wallonia», au sortir du second conflit mondial, était également l’affirmation d’une identité culturelle et à des valeurs démocratiques, qui persiste aujourd’hui.

Tout cela nous entraine fort loin des paillettes de la Ligue des champions, ou du financement étrange de certains clubs de nos première et deuxième divisions. Mais c’est à ce niveau que vit encore le football populaire, où les supporters ont leur mot à dire sur le devenir de leur équipe. Et où l’attachement à ses couleurs a encore quelque sens. Comme la dénomination des équipes, qui a comme un parfum d’éternité…

 

Le baiser qui tue la crédibilité journalistique


Précautions liminaires: le football, noyé sous le fric, ne m’intéresse plus autant qu’il ne ne faisait jadis, ce qui ne m’a pas empêché de regarder deux ou trois rencontres du «Mondial» sud-africain, et notamment une finale méritoirement remportée par l’Espagne. Je ne suis pas non plus un spécialiste des potins des stars, et jusqu’à ce qu’un ancien confrère aujourd’hui à la préretraite m’alerte sur la vision du baiser donné par Iker Casillas, le gardien espagnol, à la journaliste Sara Carbonero, j’ignorais tout à fait que la «bimba» de la chaîne privée espagnole Telecinco était, en fait, la nouvelle petite amie du portier du Real.

Cela posé, rien que la vision de cette charmante consœur interviewant le gardien de but champion du monde, les joues peintes aux couleurs du drapeau espagnol me paraissait déjà choquante: bien sûr, l’Espagne vivait, avant-hier soir, une soirée sportive exceptionnelle, mais cela autorisait-il une (pseudo?) journaliste sportive à s’afficher ainsi résolument aux antipodes de la sacro-sainte objectivité, qui devrait être la règle cardinale de notre métier?

Disant cela, j’ai conscience de ramer largement à contre-courant. Les grandes compétitions sportives voient de plus en plus les journalistes sportifs (sportives), et spécialement les journalistes sportifs (sportives) de la télévision se muer en partisans plutôt qu’en observateurs. La dérive est générale, même en Belgique, où on n’oubliera pas la manière dont la rédaction sportive de la chaîne publique francophone, la RTBF, s’est naguère désolidarisée d’un journaliste du journal télévisé, qui avait eu le grand tort de rappeler les casseroles judiciaires attachées aux basques du vice-président du Standard de Liège, le jour où ce club avait renoué avec un titre qui se dérobait à lui depuis un quart de siècle. L’Allemagne fait encore exception à la règle: les journalistes sportifs y font toujours preuve d’une (relative) sérénité de bon aloi. Mais c’est bien là une exception, qui se vérifie peut-être aussi dans les pays scandinaves: partout ailleurs, la passion nationaliste pollue le journalisme sportif, et d’abord le journalisme sportif télévisé. D’ailleurs, dimanche soir, c’est revêtus du… maillot de la «Roja» que les journalistes espagnols de la… chaîne publique (RTVE) ont couvert la finale. C’est dire s’ils avaient à l’esprit leur devoir d’impertinence!!!

Dans le cas de Sara Carbonero, il y a pire: c’est la relation qu’elle entretient avec le gardien de l’équipe espagnole. Un fait qui relève de sa vie privée… aussi longtemps que, comme ce dimanche, la chaîne commerciale qui l’emploie —et dont elle est tout de même directrice-adjointe, à 25 ans: sur base de sa seule compétence, on n’en doute pas un seul instant! — ne lui fasse interviewer son partenaire! L’interview, soit dit au passage, était d’une indigence crasse: Sara Carbonero — que d’excellents confrères espagnols me décrivent pourtant comme une bonne journaliste — n’a fait que bredouiller quelques «Bueno!», «Bueno!», pendant que son interlocuteur remerciait pour leur soutien ses parents, ses entraineurs, ses équipiers, saint Nicolas, le roi d’Espagne, le père Noël, et tutti quanti. Avant de lui clouer définitivement le bec d’une manière radicale, mais qui n’a pas dû lui déplaire. Elle n’a retrouvé la voix que  lundi, pour interviewer les stars espagnoles pendant leur interminable triomphe madrilène. Ses interviewes, disponibles en ligne (http://www.telecinco.es/informativos/mundial_2010/VideoViewer/VideoViewer.shtml?videoURL=20454) sont d’une acuité tout aussi affligeante. Et pour les visionner, il faut d’abord subir un intermède publicitaire. On touche le fond!

L’épisode a peut-être fait pleurer dans des chaumières espagnoles et même étrangères. Il devrait faire pleurer surtout dans les rédactions. Car c’est la crédibilité journalistique qui a été tuée par ce baiser. Définitivement. Si des questions s’étaient posées en Espagne, avant ce «Mondial», sur la relation entre M. Casillas et Mme Carbonero, elles ne l’avaient en effet pas spécialement été sous l’angle de l’éthique professionnelle: de nombreux observateurs s’étaient plutôt interrogés sur le risque de déconcentration du dernier rempart espagnol, ainsi observé en permanence par sa petite amie. La défaite de l’Espagne dans son match initial contre la Suisse avait même réveillé quelques critiques à ce propos. Seul, le président de l’Association des Journalistes Madrilènes at un tant soit peu sauvé l’honneur de la presse en posant la question de la crédibilité professionnelle de la belle  sur l’événement: vox clamans in deserto

Aujourd’hui, bien rares seront ceux qui oseront reposer cette question de l’éthique professionnelle, et de la dérive du journalisme sportif. La question est pourtant grave: le sport professionnel mérite en effet une vigilance toute particulière. Et il n’est peut-être pas indifférent qu’il soit si difficile d’y faire la lumière sur des dossiers de corruption, de tricherie, de dopage, etc… qui sont pourtant légion. L’omertà qui règne dans ces milieux fait que ces scandales sont souvent révélés par des journalistes d’information générale, comme on en avait eu l’exemple, en Belgique, lors de la révélation du fameux scandale des matches truqués par la mafia chinoise…

La question devrait interpeller les journalistes sportifs (sportives) encore dignes de ce nom. Elle devrait inquiéter l’ensemble des journalistes. Car elle se résume à une interrogation terrible: le journalisme est-il soluble dans le sport? Mme Sara Carbonero a apporté, à sa manière, une réponse positive à cette question. Hélas.


La faute aux journalistes, bien sûr?


L’«affaire Anelka» a pris des allures d’affaire d’État chez nos voisins français. On murmure maintenant que c’est le président de la République, Nicolas Sarkozy lui-même, qui aurait demandé la tête de l’attaquant, après les propos injurieux qu’il avait tenus envers l’entraîneur, Raymond Domenech, et qui ont été ensuite reproduits à la «une» du quotidien sportif «L’Équipe».

Ce qui a surtout marqué les esprits, hier, c’est la grève des joueurs tricolores, pour protester contre le renvoi de leur coéquipier. Dès le départ aussi, on avait senti chez eux une hostilité évidente à l’endroit du «traître» (dixit leur capitaine, Patrice Evra) qui avait vendu la mèche à un journaliste de «L’Équipe», et aussi à l’endroit du quotidien, pour l’avoir reproduit en manchette. Lors de sa conférence de presse, aujourd’hui, Raymond Domenech l’a répété mais est resté à quia, quand on lui a demandé si la phrase, reprise en titre d’une page 2, aurait été moins grave à ses yeux.

Alors, une nouvelle fois, les journalistes sont-ils responsables de cet énorme fiasco, qui a fait des «Bleus» la risée du monde entier (pour un peu, ils se sont rendus aussi ridicules que les Diables Rouges belges)?

Il faut rappeler, d’abord que Patrice Evra et ses équipiers n’ont jamais rouspété, quand «L’Équipe», et tous les médias français au passage, ont célébré de manière un peu indécente leur qualification acquise de manière malhonnête, pour le Mondial d’Afrique du Sud (À ce propos, on notera quand même que le deuxième but brésilien validé hier contre la Côte d’Ivoire a été entaché non d’une, mais de deux fautes de mains, et là, personne n’en dit rien. La Côte d’Ivoire se retrouvait pourtant menée de deux buts, à ce moment-là, ce qui n’était pas la même chose que de n’avoir qu’un seul but de retard…). Ils n’ont rien dit non plus quand la presse française a couvert leur préparation pour le championnat du Monde, ou est restée mesurée dans la critique après leur première prestation très en demi-teinte. Une nouvelle fois, on doit bien constater que les sportifs ont tendance à considérer que les journalistes sportifs ne sont pas des journalistes à part entière, et à estimer qu’ils n’ont pas à exercer leur sens critique… dont ils se départissent parfois à (grand) tort.

L’incident qui a opposé Anelka à son sélectionneur dans le vestiaire est du genre dont il s’en produit des dizaines voire des centaines, chaque année, dans toutes les compétitions, c’est certain. Fallait-il en faire le plat que «L’Équipe» en a fait? Dès lors que le quotidien était certain de l’authenticité de l’information, oui. Parce que cet incident a amené la défaite des Français face au Mexique, qui les privera sans doute de la suite de la compétition. Ensuite parce qu’il témoignait, si besoin en était, de l’état d’esprit extrêmement négatif qui règne au sein du groupe tricolore.

La seule réserve que j’aurai est sur la reproduction, telle quelle, de la phrase ordurière d’Anelka à la «une». Non qu’il faille être bégueule. Mais simplement parce qu’en se contentant de la reproduire, nos confrères de «L’Équipe» ont surtout montré qu’ils manquaient d’imagination pour leur titraille.

La faute de goût n’en est pas pour la cause une faute professionnelle ou un dérapage déontologique. Pour le reste, les joueurs français feront bien de regarder dans leur assiette, plutôt que de chercher le fameux «traître». Ou de vilipender les journalistes. Trop facile, vraiment!

C’est l’âme du plus vieux club wallon qu’on assassine!


C’est un coup de gueule que j’ai envie de pousser aujourd’hui. Pas à cause de la raclée prise, hier soir, à Ostende, par le RFC Liégeois: il y a des semaines qu’on sait le matricule 4 parti en droite ligne pour la division III.

Ce qui me fait hurler, ce sont les événements des dernières semaines. Guillaume Legros, le seul attaquant du club efficace devant le but adverse, voit d’abord son contrat cassé. À sa demande, dit-on publiquement: le garçon ne pourrait plus, en raison de ses obligations professionnelles, s’entraîner au rythme exigé par la division II. Étrange tout de même de s’en apercevoir à la mi-championnat. N’aurait-pu, se disait-on, mordre sur sa chique encore quelques mois, pour tenter de sauver l’essentiel? Et puis on apprend qu’il ne peut disputer, la semaine dernière, un dernier match sous les couleurs «sang et marine», comme il le souhaitait. Et on découvre, cette semaine, qu’il serait prêt à signer à… Tubize. Alors, fariboles sur cette rupture de contrat?

Il y a quelques jours, nouvelle tuile: Jean-Sébastien Legros, son frère; Gilles Cézar, et Christophe Kinet, sont renvoyés dans le noyau B, et l’entraîneur-adjoint, Dany Onclin, démissionne, en dénonçant des décisions «qui vont à l’encontre de la ligne de conduite fixée il y a cinq ans». Il aurait pu dire: qui vont contre l’esprit même du club. Car Liège n’en est pas à sa première tempête, loin de là. Et au fil de son histoire mouvementée, il s’en est toujours tiré de la même manière: en s’appuyant sur ses jeunes.

Ici, c’est la voie inverse qui est empruntée: les joueurs du club sont envoyés se faire voir ailleurs. Et on amène des joueurs brésiliens dont personne ne sait s’ils ont même le niveau de la IIIeme provinciale. Tout en promettant la reprise d’activité d’anciennes vedettes cacochymes, qui ont rangé leurs crampons au clou depuis un certain temps déjà! Ali Lukunku est ainsi réapparu sur les terrains belges. Enfin, réapparaître est un bien grand mot.

Les supporters avaient pourtant plébiscité le retour de Jules Dethier à la présidence: après tout, c’était lui qui avait fait remonter le Club Liégeois de promotion en division III, et de division III en division II, en jouant sur cet esprit liégeois. Même si la démission des responsables de l’école des jeunes, et le départ de Robert Waseige, qui s’était mis bénévolement à la disposition du club de son cœur, avait déjà posé question à ce moment-là.

Jules Dethier a fait beaucoup de promesses pour être réélu. Sachant sans doute très bien, pour en avoir été lui-même victime avec Michel Daerden, que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Il n’a finalement concrétisé qu’une seule de ses intentions: la collaboration avec un manager, José Rubulotta, qui est tout simplement occupé à flinguer le club, qui risque fort de ne pouvoir s’en remettre.

D’ici à quelques semaines, l’épilogue se réalisera sans doute. Jules Dethier plaidera que, de toute manière, des négligences administratives auraient de toute manière conduit le plus vieux club wallon à l’impasse. À ce que nous en savons, les négligences administratives perdurent. Avec en plus les remous décrits ci-dessus dans le vestiaire. Les supporters qui avaient amené la stèle dédiée à Oscar Flesch au pied de l’Hôtel de ville de Liège, il y a quelques semaines, doivent se rendre compte, aujourd’hui, qu’ils sont sans doute tombés de Charybde en Scylla…