La semaine politique a commencé dans un certain surréalisme, voire dans un surréalisme certain (ce qui est peut-être normal chez nous) avec l’examen, en commission des Finances de la Chambre, d’un budget 2012 dont on sait déjà qu’au moment où il sera soumis au vote de la séance plénière, il ne sera plus actuel.

Cela n’en efface pas la pantalonnade du week-end dernier, quand, en réaction à la dénonciation, par le vice-président de la N-VA, Ben Weyts, de l’augmentation des salaires des ministres, le gouvernement n’a expliqué, dans la confusion et avec retard, que le député nationaliste flamand s’était appuyé sur le document qu’il avait reçu en tant que parlementaire, mais que, pour y figurer, les chiffres sur lesquels il s’était basé pour lancer sa diatribe, n’étaient pas corrects: on n’avait, ou n’aurait, simplement pas eu le temps de les adapter à la nouvelle donne.

On veut bien admettre l’explication… mais elle n’est pas admissible pour la cause. Car Ben Weyts, dont nous n’apprécions pas pour la cause la démarche populiste, ne pouvait se baser que sur la note budgétaire qui lui avait été remise, et qui, jusqu’à amendement justifié, est la seule faisant foi. Et il est tout de même assez ahurissant que, pour une mesure aussi importante et significative en période de crise que la diminution des rémunérations ministérielles, il n’ait pas été procédé à la correction avant envoi du projet de budget 2012 aux parlementaires.

Il y a là un amateurisme assez inquiétant, qu’on a décelé aussi dans les réponses à une autre critique virulente de la N-VA, à propos de la dotation royale. En la matière, d’ailleurs, il n’est peut-être pas iconoclaste de prolonger la réflexion. On sait que, il y a quelque temps déjà, le Parlement a décidé que, dans le futur, c’est-à-dire après que le roi Albert II aura quitté le pouvoir, le mécanisme de dotation de la famille royale sera revu à la baisse: seuls, alors, le ou la chef de l’Etat et son ou sa futur(e) successeur bénéficieront plus avant d’une dotation publique. Et dans l’attente, les situations acquises (entendez: une dotation de chacun des enfants du roi actuel) le restent, avait-il été décidé.

Le problème, c’est que la crise bancaire et financière a conduit à la remise en cause de bien des situations acquises. Le mécanisme de la pension de survie, notamment, a été remis en question. Tandis que la réforme des pensions a été votée à la hussarde juste avant la fin d’année. Que, dans ces conditions, le principe et le montant de la dotation à chacun des enfants de la famille royale ne soient simplement pas remis en cause peut tout de même apparaître choquant à toutes celles et tous deux dont les conditions de vie se sont dégradées ou vont se dégrader au cours des prochains mois. Cela ne suffirait pas à redresser les finances publiques, on l’entend bien. Mais un “geste”, dans ce domaine, n’en aurait pas moins un caractère plus que symbolique…