Difficile, ce matin, de ne pas exprimer mon indignation, mais aussi mon inquiétude, après l’attentat qui a visé la rédaction de l’hebdomadaire satirique français “Charlie Hebdo”, à Paris, comme par hasard le jour même de la diffusion de son numéro consacré au retour de la charia en Tunisie et en Afrique du nord.

Le sujet est grave: le printemps arabe sera-t-il suivi d’un hiver démocratique? Les peuples tunisien et libyen ne se sont-ils débarrassés de leurs gouvernements dictatoriaux que pour enregistrer un recul social et sociétal marqué?

L’instauration de la charia en Libye, qui réduit les droits des femmes et supprime le divorce, n’a pas de quoi rassurer les tenants de la liberté, et exprimer ce point de vue n’est sûrement pas donner une opinion anti-musulmane. Car l’application littérale de la loi islamique, dans nombre de pays musulmans, se montre dans les faits bien peu respectueuse des droits fondamentaux.

Parmi ces droits fondamentaux, la liberté d’expression et la liberté de la presse constituent par essence l’indice de la démocratie dans un pays. En s’en prenant à “Charlie Hebdo”, les auteurs de l’attentat de la nuit dernière visent clairement la liberté de la presse. À ce titre, on ne pourra jamais suffisamment les dénoncer et les combattre.