Dissolvons donc le peuple!

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En diffusant il y a quelques jours la carte insolite de Belgique reproduite ci-dessus, TF1 n’avait finalement fait qu’anticiper l’actualité: l’acceptation, hier, par le roi Albert II de la démission du gouvernement Leterme, semble avoir mis notre pays sens dessus-dessous. Et la perspective, désormais inéluctable, d’un retour aux urnes au début juin, hérisse paradoxalement le poil de tous les responsables politiques francophones, et aussi, étonnamment, de certain(e)s éditorialistes politiques.

Dans le «Soir» d’aujourd’hui, on peut ainsi notamment lire cette phrase sous la plume de Béatrice Delvaux, la rédactrice en chef: «dans la Belgique en phase institutionnelle et communautaire terminale d’aujourd’hui, véritable usine à gaz, les élections risquent tout bonnement d’être un cauchemar politique (un bloc d’extrémistes de droite, de nationalistes et de poujadistes se profile au Nord), technique et juridique».

C’est moi qui ai souligné le mot «cauchemar», tant il m’apparaît incongru, quand on l’accole au mot «élection». Oh, bien sûr, on peut anticiper, même si ce n’est pas certain, que le camp extrémiste gagnera en poids politique en Flandre, si une élection se déroule au début juin. Mais y a-t-il une vraie alternative? Imagine-t-on vraiment remettre en selle un gouvernement, et notamment un Premier ministre, Yves Leterme, usé jusqu’à la corde, qui vient de remettre sa cinquième démission en moins de deux ans? N’est-ce pas contre ce même Yves Leterme, d’ailleurs, que Béatrice Delvaux avait d’ailleurs opposé un véto assez dérisoire, dans les colonnes du «Soir», il y a quelques mois? N’est-il pas préférable, de fait, de rebattre les cartes? De vérifier par exemple si «Monsieur 800000 voix» a toujours l’appui de la Flandre, ou si au contraire, tel un Leo Tindemans jadis, il va amorcer un douloureux retour sur terre? De resituer les partis flamands démocratiques à leur vraie place, et de leur donner une assise claire pour entrer demain une nouvelle majorité fédérale?

Ah, bien sûr, ce ne sera pas facile. Ah, évidemment, la N-VA risque fort de devenir un acteur dominant du futur débat communautaire. Mais à cela, Olivier Maingain n’aurait-il pas pu y réfléchir hier matin? Sauf à imaginer, et ce ne serait pas sot, que le président du FDF et Bart De Wever étaient des alliés objectifs dans ce dossier: un accord politique sur BHV les aurait laissés nus pour le scrutin fédéral de juin 2011. Alors, l’un et l’autre ont veillé à opérer la pression utile pour faire échec. En se masquant derrière un Alexander De Croo, dont la responsabilité est peut-être très grande, mais qui n’avait tout de même pas tort en considérant que le délai avait commencé à courir en novembre dernier, et non ce dernier week-end…

Soit dit au passage, l’impréparation des partis francophones dans ce dossier apparaît assez confondante. Et le dilettantisme des Parlements wallon et de la Communauté française stupéfie tout autant. On a vraiment l’impression que les deux assemblées sont imperméables aux événements extérieurs, et notamment au devenir d’un dossier dans lequel toutes deux ont, à tour de rôle, déclenché une procédure en conflit d’intérêts. Signe, sans doute, que le projet de scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde leur portait préjudice grave. Et voilà qu’aujourd’hui, plus personne ne s’y intéresse. Comprenne qui pourra!

Revenons à nos moutons électoraux. On peut toujours rêver d’un replâtrage de la majorité fédérale, mais et les socialistes et les écolos flamands (dont l’accord avec leurs homologues francophones est loin de ce que proclame le sémillant Jean-Michel Javaux!) ont déjà clairement dit qu’ils ne joueraient pas les roues de secours. Avec raison: cette majorité usée jusqu’à la corde se casserait la figure dès le vote, en séance plénière de la Chambre, du projet de loi scindant Bruxelles-Hal-Vilvorde. Alors soyons sérieux…

Soyons sérieux, et retournons donc aux urnes! Cela ennuiera très fort les partis francophones, qui ne sauront pas sur quoi faire campagne, mais au moins les cartes seront-elles redistribuées, et tous y gagneront une légitimité accrue. Pas dans le sens que souhaitent nos leaders politiques et la rédactrice en chef du «Soir»? Fort probablement, et c’est heureux: l’électeur a tout de même encore le droit de choisir le parti qu’il préfère, même si, en l’espèce, le choix risque fort d’être celui de partis qui n’ont guère ma sympathie. Mais c’est ça la démocratie! Qualifier l’élection de «cauchemar», ce n’est finalement qu’exprimer moins finement le célèbre aphorisme: «le gouvernement n’a plus la confiance du peuple; il faut dissoudre le peuple»!

Pas médiocre, un problème qui fait tomber un gouvernement!

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Un signe guère rassurant pour moi, car il témoigne de mon vieillissement: tous les commentaires entendus et lus ces derniers jours sur le caractère «médiocre» du problème de la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde me rappellent étrangement ce qu’on disait et écrivait il y a deux décennies, quand le gouvernement national, comme on disait à l’époque, trébuchait avec régularité sur le hérisson fouronnais. Là aussi, on parlait des préoccupations du bon peuple, qui étaient économiques, et sociales, et on se demandait si cela valait bien la peine de paralyser un pays pour des petits villages qui, regroupés, ne comptaient que quelque 4000 habitants.

La question n’est vraiment pas là: si le problème fait chuter un gouvernement, qu’on l’estime important ou non, c’est un problème qui doit être résolu. Faute de quoi, il reviendra, plus difficile encore à résoudre, et plus tôt qu’on ne le pense. Avec, à chaque fois, un radicalisme plus marqué côté flamand, cela ne fait pas l’ombre d’un doute.

Faut-il s’enfermer dans un délai court, comme le réclame l’Open VLD? Je ne me prononcerai pas. Mais on peut tout de même objecter à celles et ceux qui disent qu’on ne peut résoudre ce problème en quelques jours qu’il est posé depuis fort longtemps. Et que depuis 2005, notamment, on sait qu’il reviendra sur la table. Alors, faut-il en déduire que les stratèges politiques n’ont pas réfléchi à la question depuis lors?

Jean-Luc Dehaene lui-même n’y est pas arrivé? Parce que personne ne veut tenter de comprendre les prémisses de ses partenaires de discussion, a-t-il dénoncé.

Alors, puisqu’il y a échoué, essayez-donc de secouer les ingrédients et de sortir une solution praticable d’ici à jeudi, en mélangeant les ingrédients suivants:

  • les communes de la périphérie bruxelloise sont incontestablement située en région flamande
  • celles et ceux qui vont s’y établir savent donc bien qu’ils vont vivre en Flandre. Une région fermée sur elle-même et a priori intolérante? C’est l’image qu’elle a en Europe, c’est vrai. Mais chez nos voisins, allemands comme français, l’apprentissage de la langue est la condition sine qua non d’intégration des nouveaux arrivants.
  • la convention-cadre de protection des minorités du Conseil de l’Europe a été ratifiée par la Belgique et ses différentes composantes, SAUF par la Flandre
  • la minorité flamande à Bruxelles bénéficie d’une protection exorbitante au regard de son poids réel. Sans rapport avec la protection globale dont bénéficient les francophones en Belgique avec la parité linguistique au gouvernement fédéral… compte non-tenu d’un Premier ministre qui est de moins en moins «asexué» linguistiquement.
  • Bruxelles est à l’étroit dans ses limites territoriales, mais la remise en cause de ces limites est politiquement irréaliste
  • les facilités linguistiques, «bétonnées» depuis 1988 et la solution (?) du problème fouronnais, n’ont cessé d’être rognées depuis lors.
  • la scission de BHV n’empêcherait nullement les francophones qui y vivent de voter pour des listes francophones. Aux communales, ils peuvent le faire, et aux élections régionales flamandes aussi. Elle permettrait aux francophones d’augmenter leur représentation au Parlement flamand, et diminuerait la représentativité des élus flamands au Parlement bruxellois. Ce qui remettait encore plus en question la représentativité exorbitante de cette minorité, dont question ci-dessus

Et deux éléments incongrus pour relancer la discussion?

  • envoyons des «taxi de la Senne» pour évacuer massivement tous les francophones qui vivent en périphérie flamande de Bruxelles: ces communes seront les premières punies, avec un effondrement de leurs rentrées fiscales et une baisse dramatique de la valeur des biens immobiliers!
  • profitons de cette discussion pour remettre la question fouronnaise à l’agenda des discussion: après tout, hors l’élection du CPAS lors du dernier scrutin communal, la population fouronnaise a systématiquement exprimé sa volonté majoritaire de faire retour à la province de Liège depuis 1963. Et le nombre de francophones y a décru au fil des décennies: ceux qui vivent à Fourons sont donc d’authentiques Fouronnais. Puisque la Flandre est obsédée d’homogénéité territoriale, elle devra bien admettre que cette «excroissance» en terre wallonne a quelque chose d’absurde…

Avouez que se non é vero… é bene trovato! ;)

Un programme tout fait pour le Parti Populaire?

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Si Mischaël Modrikamen (une fois ses ennuis judiciaires actuels passés) et Rudy Aernoudt n’ont pas encore rédigé le programme électoral de leur Parti Populaire (PP), on pourrait leur suggérer de recopier tel quel (en s’acquittant des droits d’auteurs, bien entendu) l’ouvrage que mon confrère Ludovic Delory, de Bel-RTL, vient de publier chez Luc Pire, sous le titre «Silence, les agneaux!», copie presque conforme du titre d’un film d’épouvante célèbre. Car dans le genre, on ne peut guère trouver de bible plus ultra-libérale. À ce que j’en ai entendu l’auteur lui-même en dire, Ronald Reagan et Margareth Thatcher apparaîtraient presque comme de dangereux gauchistes!

Précision liminaire: la liberté d’expression, dont je suis un ardent défenseur, postule que chacun exprime son opinion, aussi divergente soit-elle de la mienne. Et on connaît l’aphorisme selon lequel il vaut mieux avoir une opinion que pas d’opinion du tout. Mais cela n’autorise pas à induire le lecteur, ou l’auditeur, en erreur, en lui expliquant «ce qui n’est pas», comme on le dit joliment en termes parlementaires.

Quelques exemples: Ludovic Delory, qui exècre manifestement toute intervention étatique, estime ainsi que l’État viole la propriété privée, avec l’interdiction de fumer imposée, au nom de la santé publique, dans les restaurants. Faut-il encore savoir si un restaurant est un endroit privé ou public. Et surtout si un impératif supérieur de santé publique ne légitime pas pareille intervention. Après tout, moi qui suis non-fumeur, pourquoi devrais-je subir une tabagie épaisse dès que je pénètre dans un restaurant? On estimera sans doute que je suis libre de choisir un restaurant «non fumeurs»? Ouais. Mais je me souviens de l’époque, pas si lointaine, où des fumeurs fuyaient les compartiments «fumeurs» bondés des trains, pour venir en griller une dans les compartiments «non fumeurs». J’ai déjà donné…

Ludovic Delory estime aussi indue l’intervention de l’État dans le secteur socio-économique où, explique-t-il, elle vient perturber la relation «naturelle» entre l’employeur et le travailleur, représenté éventuellement par une organisation syndicale. L’affirmation repose sur l’illusion de l’autorégulation du marché du travail. La bonne blague! Sans doute mon confrère n’est-elle pas au fait des luttes sociales lourdes qui ont permis de quitter la jungle sociale où les patrons tout puissants dictaient leur loi à des travailleurs taillables et corvéables à merci. Image d’Épinal digne d’Émile Zola? Qu’on pense donc aux licenciements annoncés chez InBev, ou à la restructuration en cours chez Carrefour. On sait dans quel sens penche toujours le fléau de la balance, quand on laisse jouer les lois du marché du travail…

Dernière réflexion: Ludovic Delory juge inacceptable que l’État, toujours lui, «oblige» à prendre sa retraite à 65 ans. Ah bon? Où notre confrère est-il allé chercher cela? Il est certes exact que l’âge «normal» de la retraite est de 65 ans, mais rien n’empêche personne de s’arrêter de travailler plus tôt. À 40 ans s’il/elle le souhaite. Bien entendu, alors, le montant de la  pension de retraite que l’intéressé(e) percevra à partir de ses 65 ans ne  pèsera pas très lourd. Mais cela ne doit pas choquer mon confrère, qui ne jure sans doute que par le pilier de pension privée, qui détermine donc le niveau de la pension en fonction du montant des cotisations versées. Aucune loi n’empêche non plus de travailler au-delà de ses 65 ans, si on le souhaite: on ne risque pas la prison pour cela! Ah oui, le taux d’emploi des plus de 50 ans est régulièrement vilipendé par les hommes politiques qui évoquent le risque pour le financement de nos retraites. Mais Ludovic Delory est sûrement un observateur suffisamment fin de notre économie pour savoir que ce sont les dirigeants d’entreprise (qui dénoncent eux aussi le départ massif des plus de 50 ans, faisant preuve ainsi d’un cynisme assez exemplaire) qui incitent toujours leurs travailleurs les plus âgés à partir, parce qu’ils coûtent trop cher. Les lois du marché du travail, chères à Ludovic Delory, s’appliquent ainsi naturellement….

Une nouvelle fois, c’est le droit élémentaire de mon confrère d’estimer que l’État doit se retirer au maximum sous sa tente (mais pour quoi faire? Je serais curieux qu’il le précise dans un prochain opus). Mais si, dans ses analyses politiques, il raisonne de la même manière, alors, en tant qu’auditeur, j’ai un gros problème…

Zéro pour la question fouronnaise!

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Alors que la tension monte dans les communes de la périphérie bruxelloise, on ne peut s’empêcher de penser à la dramatisation qui, il y a vingt-deux ans, a conduit à l’éviction définitive de José Happart du fauteuil mayoral à Fourons. Du moins les observateurs de l’actualité politique qui ont de la mémoire y repensent-ils. Car il en est pour qui ces événements s’effacent dans les brumes de l’oubli. Ou d’autres, acteurs de l’époque, qui préfèrent ne pas s’en souvenir.

C’est sous cette dernière catégorie qu’on classera Philippe Moureaux. Pour rappel, le 1er mai 1988, le vice-président du PS avait qualifié de «fascistes» les Fouronnais francophones qui le chahutaient à Liège, outrés qu’ils étaient par l’accord politique ratifié par le PS qui les arrimait définitivement à la Région flamande. La Flandre avait payé le prix, disait-on alors: la Région bruxelloise, que les Flamands remettent périodiquement en cause, voyait le jour, et, surtout, les facilités linguistiques étaient «bétonnées». À Fourons comme en périphérie bruxelloise, les francophones éprouvent aujourd’hui que le béton n’était pas armé.

Francis Delpérée, parlementaire cdH et grand spécialiste de la Constitution, dit-on, ne se souvient plus très bien, lui, de ce qui s’est passé dans les Fourons il y a un peu plus de décennies. Commentant la situation des bourgmestres non-nommés de la périphérie, ce matin, sur «La Première», et plus particulièrement l’intention prêtée au ministre flamand des Affaires intérieures, Geert Bourgeois (N-VA) d’y nommer éventuellement des mayeurs hors conseils, le ci-devant professeur s’est lancé dans une narration aussi pittoresque qu’erronée. À l’époque, a-t-il évoqué, «Le ministre de l’Intérieur, qui était Charles-Ferdinand Nothomb, est confronté au problème de la nomination de M. Happart comme bourgmestre des Fourons. Alors tout à coup, il y a une idée géniale qui lui passe à travers l’esprit, et qui est de dire: ben, on va prendre un autre, un francophone, hors conseil communal. Et on va aller chercher M. Wynants, qui était était commissaire d’arrondissement… euh… dans une commune voisine, et on va le désigner comme bourgmestre. Et M. Wynants, convoqué à la rue de la Loi, (…) accepte. Et attendez: la nuit porte conseil, dit-on. On dit aussi qu’il se fait un peu, évidemment, houspiller par son épouse. Et le lendemain il dit “non, non, non, ça c’est vraiment la politique du pire: je refuse”, et le ministre démissionne».

Les étudiants en sciences politiques, on l’espère, n’auront pas été nombreux à entendre l’ancien professeur de sciences politiques s’exprimer ainsi. Ou alors, ils se documenteront. Car en quelques phrases, Francis Delpérée a accumulé approximations et erreurs. Un bon conseil: qu’ils aillent, et que M. Delpérée aille d’urgence, relire un ouvrage aujourd’hui pratiquement épuisé: «Génération Fourons» publié en 1993 aux éditions DeBoeck Université. Cela leur permettra de commenter peut-être utilement la prochaine actualité politique communale en périphérie bruxelloise…

S’il avait pris cette précaution avant de parler, Francis Delpérée aurait déjà évité une confusion fatale entre Armel Wynants, actuel commissaire d’arrondissement-adjoint (francophone) de Fourons, et son frère Roger Wynants, approché effectivement, le 15 octobre 1996,  par Charles-Ferdinand Nothomb, qui lui propose le mayorat de Fourons, qu’il avait juste avant proposé en vain à un notaire d’Argenteau, Mathieu Ulrici. Au bout d’une conversation téléphonique d’une heure, Roger Wynants accepte de fait sa désignation comme bourgmestre hors conseil de Fourons, puisque la Flandre ne veut pas de José Happart à ce poste. Le lendemain, les échevins fouronnais, solidaires de José Happart, démissionnent en bloc, pour provoquer une réélection qui reclasse José H. au poste de premier échevin, et donc de bourgmestre ff. Et les Fouronnais apprennent ce qui se trame. Toute la soirée, le téléphone sonne chez Roger Wynants, dont la maison est protégée par la gendarmerie, comme celles, notamment, de Jean-Louis Xhonneux, et des échevins Norbert Lang et Joseph Pinckaers. Le président d’alors du PSC, Gérard Deprez, harcelé par des militants de son parti de la région de Fourons, prend contact avec Roger Wynants, et, dans la foulée, tente d’avertir Charles-Ferdinand Nothomb qu’il faut arrêter le processus. Mais entre-temps, l’arrêté de nomination du Fouronnais au mayorat a déjà été envoyé à la signature royale! Le lendemain, 17 octobre, le ministre de l’Intérieur invite l’intéressé et son épouse à Bruxelles, pour notamment leur offrir un peu de détente après une nuit fort agitée. Roger Wynants y répétera la condition qu’il avait exposée à quatre journalistes avant de prendre la route: il n’acceptera l’écharpe qu’une fois les Fourons sortis de la province de Limbourg. Une condition irréalisable, juge Nothomb avec justesse: il ne lui reste plus qu’à démissionner.

Voilà les faits et rien que les faits. Francis Delpérée n’aurait sans doute pas eu la possibilité de les exposer en détails ce matin. Mais rien que la transformation de Roger Wynants en «commissaire d’arrondissement… (euh)… d’une commune voisine» et l’assimilation de son épouse à une mégère qui l’aurait fait plier en quelques heures sont rien moins que des travestissements de la vérité.

Zéro pour la question, professeur Delpérée: il vous faudra réviser la matière!

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