C’est l’âme du plus vieux club wallon qu’on assassine!


C’est un coup de gueule que j’ai envie de pousser aujourd’hui. Pas à cause de la raclée prise, hier soir, à Ostende, par le RFC Liégeois: il y a des semaines qu’on sait le matricule 4 parti en droite ligne pour la division III.

Ce qui me fait hurler, ce sont les événements des dernières semaines. Guillaume Legros, le seul attaquant du club efficace devant le but adverse, voit d’abord son contrat cassé. À sa demande, dit-on publiquement: le garçon ne pourrait plus, en raison de ses obligations professionnelles, s’entraîner au rythme exigé par la division II. Étrange tout de même de s’en apercevoir à la mi-championnat. N’aurait-pu, se disait-on, mordre sur sa chique encore quelques mois, pour tenter de sauver l’essentiel? Et puis on apprend qu’il ne peut disputer, la semaine dernière, un dernier match sous les couleurs «sang et marine», comme il le souhaitait. Et on découvre, cette semaine, qu’il serait prêt à signer à… Tubize. Alors, fariboles sur cette rupture de contrat?

Il y a quelques jours, nouvelle tuile: Jean-Sébastien Legros, son frère; Gilles Cézar, et Christophe Kinet, sont renvoyés dans le noyau B, et l’entraîneur-adjoint, Dany Onclin, démissionne, en dénonçant des décisions «qui vont à l’encontre de la ligne de conduite fixée il y a cinq ans». Il aurait pu dire: qui vont contre l’esprit même du club. Car Liège n’en est pas à sa première tempête, loin de là. Et au fil de son histoire mouvementée, il s’en est toujours tiré de la même manière: en s’appuyant sur ses jeunes.

Ici, c’est la voie inverse qui est empruntée: les joueurs du club sont envoyés se faire voir ailleurs. Et on amène des joueurs brésiliens dont personne ne sait s’ils ont même le niveau de la IIIeme provinciale. Tout en promettant la reprise d’activité d’anciennes vedettes cacochymes, qui ont rangé leurs crampons au clou depuis un certain temps déjà! Ali Lukunku est ainsi réapparu sur les terrains belges. Enfin, réapparaître est un bien grand mot.

Les supporters avaient pourtant plébiscité le retour de Jules Dethier à la présidence: après tout, c’était lui qui avait fait remonter le Club Liégeois de promotion en division III, et de division III en division II, en jouant sur cet esprit liégeois. Même si la démission des responsables de l’école des jeunes, et le départ de Robert Waseige, qui s’était mis bénévolement à la disposition du club de son cœur, avait déjà posé question à ce moment-là.

Jules Dethier a fait beaucoup de promesses pour être réélu. Sachant sans doute très bien, pour en avoir été lui-même victime avec Michel Daerden, que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Il n’a finalement concrétisé qu’une seule de ses intentions: la collaboration avec un manager, José Rubulotta, qui est tout simplement occupé à flinguer le club, qui risque fort de ne pouvoir s’en remettre.

D’ici à quelques semaines, l’épilogue se réalisera sans doute. Jules Dethier plaidera que, de toute manière, des négligences administratives auraient de toute manière conduit le plus vieux club wallon à l’impasse. À ce que nous en savons, les négligences administratives perdurent. Avec en plus les remous décrits ci-dessus dans le vestiaire. Les supporters qui avaient amené la stèle dédiée à Oscar Flesch au pied de l’Hôtel de ville de Liège, il y a quelques semaines, doivent se rendre compte, aujourd’hui, qu’ils sont sans doute tombés de Charybde en Scylla…

Des politiques qui se mobilisent bien tard


Radiolène, la première et la seule station de base de la RTBF, a cessé d’émettre le 1er janvier dernier. Trois jours avant la date fatidique, les responsables politiques de la région de Verviers s’en sont enfin aperçus, et ont pris contact avec le patron de la radio-télévision publique, Jean-Claude Philippot. Dire que la démarche a été unanimement appréciée serait travestir la vérité: côté syndical, notamment, Daniel Richard, boss de la FGTB verviétoise, ne s’est pas privé de rappeler que les politiques n’avaient pas réagi à cette suppression au conseil d’administration de la RTBF. Et, comme d’autres, il a souligné que limiter la représentation de l’arrondissement de Verviers, veuf de sa radio publique, à quelques responsables politiques était singulièrement réducteur. Le syndicaliste parlait en orfèvre: en son temps, il a été un des journalistes pigistes employés par la station de base verviétoise. C’était à l’époque de sa splendeur…

Le pire, c’est que les politiques qui ont rencontré l’administrateur général de la RTBF se sont retirés satisfaits d’un arrangement qui ressemble à un compte d’apothicaire: les bulletins d’information liégeois comprendront, leur a-t-on promis, 28% d’informations verviétoises, une proportion correspondant au poids démographique de l’arrondissement de Verviers dans la province. On ne sait si ces mandataires politiques passeront leur temps à écouter les infos liégeoises de la radio publique, et si, surtout, chrono en main, ils vérifieront que cet engagement est bien tenu. Mieux que tout autre, ils devraient pourtant savoir que des promesses n’engagent… que ceux qui y croient.

En attendant, et la région de Verviers et  la province de Liège ont vu leur couverture journalistique se réduire comme peau de chagrin, au cours des vingt dernières années, malgré l’émergence des radios privées et libres et de deux télés régionales, RTC et Télévesdre. Aucun responsable politique ne s’est là non plus préoccupé de cette déglingue. Alors qu’une presse vigoureuse est un indice démocratique important. Ainsi va une province à la dérive….