Et si on mettait d’abord de l’ordre chez nous?


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Le gouvernement flamand sera donc en place en début de semaine prochaine: l’accord gouvernemental a été présenté aujourd’hui. L’accent est mis sur l’investissement, sur les économies, et sur une affirmation des compétences flamandes: ce n’est pas une surprise. Parmi les mesures annoncées, une assurance-hospitalisation et aussi une allocation familiale complémentaire flamandes. Cette dernière mesure a déjà fait pousser des cris d’orfraie aux responsables politiques francophones. Kris Peeters, ministre-président et futur ministre-président flamand, ne s’en émeut pas: «nous restons, affirme-t-il, dans le strict cadre constitutionnel et légal de nos compétences». Et… s’il avait raison? Après tout, est-ce bien à nous, francophones, de nous inquiéter de ce que les Flamands font de leur argent, dans la mesure où ce qu’ils font ne nous ampute pas d’un eurocentime? «Nous ne voulons pas qu’un enfant flamand vale plus qu’un enfant francophone» disent les huiles qui nous gouvernent. Un budget étant une allocation de moyens, rien n’empêcherait la Communauté française d’accorder, elle aussi, un complément à l’allocation fédérale: il lui suffirait d’épargner ailleurs. Le problème, c’est que… la Communauté française est sans le sou. Et que la Région wallonne est loin de pouvoir afficher un objectif de retour à l’équilibre budgétaire en 2011, comme le fait la Région flamande. Bien sûr, nous ne vivons pas dans le même contexte. Mais ce qu’on découvre encore actuellement à l’aéroport de Charleroi ne contribue pas seulement à dégrader notre image en Flandre: l’épisode illustre ô combien la gabegie qui a conduit à la dilapidation de nos finances publiques. Alors de grâce, messieurs et mesdames les responsables politiques francophones et wallons: plutôt que de chercher des poux à vos homologues flamands, veillez, enfin, à mettre de l’ordre dans la gestion de notre trésor public. Après, on pourra discuter. Et réservez plutôt vos forces pour critiquer la Flandre là où elle le mérite cent fois plutôt qu’une: son intransigeance linguistique réaffirmée, et son mépris de la démocratie élective dans les communes de la périphérie bruxelloise…