Excellente interview de Jean Quatremer, le correspondant de "Libé" en Belgique, faite par ma consœur Catherine Ernens aujourd’hui, dans les journaux qui m’emploient et me rémunèrent insuffisamment à mon goût (air connu,
). "Libé", hier, titrait "Si la Belgique se sépare…" et ajoutait finement (?), en pages intérieures, "Un pays qui s’effrite"…
Pour notre collègue, la séparation de la Belgique est inscrite dans les astres. Et il a peut-être raison. Son analyse manque toutefois de rigueur quand, dénonçant la "curieuse position flamande", et la volonté de "nettoyer linguistiquement la périphérie francophone", il précise "Si un Américain s’installe en France, personne ne l’obligera à parler français".
Ah bon? Et les projets de l’hyperprésident d’obliger tous les candidats-immigrés à apprendre le français? Ah, c’est vrai, Quatremer ne parle pas d’"Africains", mais "d‘Américains". Cela dit, je serais tout de même curieux de savoir si ces Américains installés en France pourront obtenir leurs documents administratifs en anglais, ou plutôt en "étatsunien", et si, à la mairie ou à la boulangerie, les gens accepteront de leur parler tout le temps leur idiome.
À l’instar de la RTBF, qui s’échine à voir dans les événements la preuve que son dérapage déontologique du 13 décembre dernier était prémonitoire, Jean Quatremer en fait peut-être un peu trop pour se donner raison. Au fait, Philippe Dutilleul doit être satisfait: à la tribune du Vlaams Parlement, Filip Dewinter, le flamboyant tribun du Vlaams Belang, a repris son titre "Bye bye Belgium". Juste renvoi d’ascenseur pour la curieuse mansuétude dont bénéficie l’extrême droite flamande dans le bouquin tiré de l’émission-choc de la chaîne publique???
